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Comment réduire ses besoins en fonds de roulement ?
Les besoins en fonds de roulement sont un indicateur stratégique de la santé de l'entreprise. - © © DR

Comment réduire ses besoins en fonds de roulement ?

Laurent Duguet |  le 13/06/2012  |  Santé

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BFR : de ces trois lettres dépend l’avenir de l’entreprise. Les besoins en fonds de roulement sont un indicateur stratégique de sa santé. En prenant en compte trois variables essentielles : valeur du stock, crédit clients et dette fournisseurs, l’entrepreneur peut évaluer correctement la trésorerie nécessaire à son activité.

1 - Connaître son BFR

Le besoin en fonds de roulement (BFR) est la trésorerie, la masse d’argent immobilisée, mais pour­tant nécessaire au bon fonctionne­ment de l’entreprise.
Elle s’organise autour des créances clients, des stocks, auxquels on retire les dettes fournisseurs. Connaître son BFR, c’est donc additionner le stock minimum de matières premières, de produits en cours de fabrication et de produits finis dont on doit disposer en permanence pour exercer son activité. On y ajoute les encours des créances clients – c’est-à-dire la moyenne des sommes qui seront facturées aux clients, mais non encore réglées. On en retire enfin le total moyen des factures qui seront dues aux fournisseurs, en fonction des délais de paie­ment que ceux-ci accordent de manière permanente.

   Valeur du stock
+ Crédit clients
-  Dette fournisseurs
___________________
= BFR

Le besoin de trésorerie évolue en fonction de ces trois paramètres.
Un BFR négatif indique que l’activité suffit à générer de la trésorerie tandis qu’un BFR positif montre que le besoin de liquidités est nécessaire pour faire tourner l’entreprise, ce qui n’est pas mauvais en soi.
Pour réduire le besoin en fonds de roulement, l’entrepreneur peut agir sur ces trois variables.

2 - Optimiser le suivi clients

L’entrepreneur doit signer un devis en bonne et due forme et prévoir le versement d’acomptes (entre 20 % et 30 % du coût du chantier), dont la proportion dépend de l’impor­tance du chantier et de la part des matériaux mis en oeuvre.
Si le chantier est prévu sur plusieurs mois, il est judicieux d’établir des situations intermédiaires pour facturer au fur et à mesure de son avancement. Cet aspect doit être prévu dans l’établissement du devis. Il sert à minimiser le portage du chantier par l’entreprise et permet de réduire le financement et donc le BFR. C’est une façon de ne pas faire porter par sa structure l’ensemble du risque.

Optimiser le suivi des règlements clients va de pair avec cette démarche. Les relances doivent être systéma­tiques dès lors que les paiements n’ont pas lieu dans les délais prévus. On s’aperçoit que lorsqu’une entreprise adopte cette rigueur de suivi et de relance facturation, le client paiera toujours en priorité celui qui gère ses chantiers de cette manière.
Si cependant le quota d’impayés reste important (entre 10 et 20 % du CA), cela signifie que l’entre­prise commet une erreur de straté­gie en matière de choix de clientèle.

3 - Réduire les encours de stock

Le but est de stocker ce dont a besoin l’entreprise régulièrement, voire en permanence.
Il convient d’éviter de stocker des besoins spécifiques exprimés à la demande. Dans ce contexte, l’entreprise prendra soin de construire une vraie relation avec son fournisseur basée sur la fiabilité et la confiance.

Les délais courts d’approvisionnement permettent d’éviter de stocker et, ainsi, de mieux gérer le BFR. Cette optique suppose de bien choisir ses fournisseurs afin de ne pas avoir à trop porter les stocks. Ceci requiert aussi une certaine rigueur et de bien estimer ses besoins en fonction de ses chantiers pour voir baisser ses encours de stockage.

AVIS D’EXPERT


Catherine Dumont, présidente de l’ordre des experts-comptables région de Montpellier
Catherine Dumont, présidente de l’ordre des experts-comptables région de Montpellier - © © C. Dumont

Catherine Dumont, présidente de l’ordre des experts-comptables région de Montpellier

« L’entreprise doit financer sa croissance avec son BFR »

« C’est à l’entreprise de créer son BFR et il ne faut pas compter sur sa banque pour lui prêter à cette fin, car le cadre de Bâle III ne le permet plus. Par contre, en matière d’investissement, emprunter posera beaucoup moins de problèmes. C’est ainsi qu’une entreprise devrait s’interdire d’autofinancer tout achat de ce type au-delà de 500 ou 1 000 €. Financer par vos fonds propres vos acquisitions de matériel peut fragiliser directement et durablement le fonds de roulement. Disposer d’un fonds de roulement excédentaire par rapport à son BFR permet de disposer d’une trésorerie (composée de bénéfices, capital social, emprunt à long terme) et donc d’une certaine sérénité. Le BFR progresse, par ailleurs, quand l’entreprise connaît une croissance. Là encore, la banque n’aidera pas l’entrepreneur. Il importe donc de financer sa croissance avec son BFR. C’est pourquoi il est essentiel que les entreprises consolident leurs fonds propres (capitaux propres, réserves, apports en trésorerie de l’entreprise). Et lorsque des bénéfices sont dégagés, une partie devra être réinvestie dans l’entreprise car ils viendront renforcer le BFR. Qu’on ne s’y trompe pas : les découverts seront de moins en moins fréquents. »

Bâle III, le nouveau cadre réglementaire des banques

Le nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire, que l’on appelle « Bâle III », est destiné à renforcer la réglementation mondiale des fonds propres et de la liquidité. Ces réformes ont pour but d’accroître la capacité du secteur bancaire à absorber les chocs générés par des tensions financières et économiques, et de réduire le risque de répercussions de tensions financières sur l’économie réelle. Il est admis que les difficultés rencontrées par certaines banques ont été entraînées par des lacunes dans l’application des principes de base concernant la gestion du risque de liquidité. Ces nouvelles règles prudentielles sont donc destinées à renforcer la solidité des banques en leur imposant des contraintes renforcées, notamment pour des prêts à long terme. Si Bâle III correspond d’abord à l’obligation qu’ont les établissements bancaires de reconstituer leurs fonds propres, ceci a pour effet de tarir l’accès aux crédits aux petites et moyennes entreprises. Cette directive devrait progressivement s’appliquer à partir de 2013, pour l’être totalement en 2019.

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