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Comment Oger International veut se relancer
Omar Joseph Baroud a été confirmé au poste de PDG d'Oger International, un groupe qu'il avait intégré en 2009. Ce diplômé des Ponts et ex-Bouygues, va désormais mettre en oeuvre le nouveau plan stratégique. - © © Oger International.

Comment Oger International veut se relancer

Florent Maillet |  le 02/05/2018  | 

L’ingénieriste français achève la restructuration de sa dette et dispose d’un nouvel actionnaire, un investisseur jordanien. Le groupe souhaite se recentrer sur l'Hexagone mais lorgne toujours le marché saoudien, ainsi que l’Afrique.

Oger International se projette à nouveau vers l’avenir. « C’est une nouvelle page de notre histoire qui peut désormais s’écrire, une page plus sereine, tournée vers l’avenir et pleine de nouveaux défis comme nous les aimons chez Oger International », se réjouit Omar Joseph Baroud, PDG du groupe depuis 2 ans. Le spécialiste d’ingénierie et de management de projets basé à Saint-Ouen (93), était confronté depuis 2016 à une dette de 45 M€, causée par la déconfiture de son principal client, le géant déchu du BTP saoudien Saudi Oger. Un chapitre douloureux qui vient de se refermer en plusieurs temps.

Le 15 février dernier, le tribunal de commerce de Bobigny a d’abord clos la procédure de sauvegarde de l’activité, enclenchée le 29 septembre 2016. Elle gelait la dette, en attendant que le groupe trouve une solution.

Nouvel actionnaire à 100%

Celle-ci passait ensuite par un changement d’actionnaire : Oger International était détenu depuis 1979 par la famille du Premier ministre libanais, Saad Hariri –également propriétaire de Saudi Oger. Il dispose, depuis le 5 mars dernier,  d’un nouvel actionnaire. Il s’agit de l’homme d’affaires jordanien Ala Al Khawaja, qui détient désormais 100% du capital d’Oger International, via sa société française AMK Capital Investment.

S’il investit, via un conglomérat international,  dans des secteurs comme la banque, les télécoms ou les projets de privatisations, il s’agit de sa première incursion dans le secteur du BTP. « Le groupe Al Khawaja souhaite se diversifier et il connaît la marque Oger International, qui dispose d’une très belle image au Moyen-Orient », souligne Omar Joseph Baroud. Le nouveau propriétaire a réglé une partie de la dette ou négocié son abandon. Le solde, à savoir 21 M€, est désormais échelonné sur 10 ans.

Enfin, en mai 2017, un accord signé avec les syndicats actait la suppression de 80 postes, amenant les effectifs à 350 collaborateurs, désormais, pour un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros en 2017 (il était de 60 M€ en 2016). Une nouvelle organisation en 4 directions régionales et trois pôles « techniques et architecture » structure désormais l’offre de l’entreprise (lire encadré). Le nouvel actionnaire, "qui est venu personnellement rencontrer les collaborateurs", s'est engagé sur une garantie d'emploi de 3 ans, le temps que la nouvelle stratégie se déploie.

Cœur de métier

C’est dans cette nouvelle configuration qu’Oger International repart à l’offensive. « Notre cœur de métier et ce qui a fait notre réputation ne change pas, à savoir notre capacité à travailler sur des projets complexes dans le bâtiment, avec une culture du management très forte et un réel savoir-faire sur le BIM, démontré sur des cas comme la Tour Odéon à Monaco, le Louvre Abu Dhabi ou le Grand Théâtre de Rabat, sur lequel nous travaillons actuellement», expose Omar Joseph Baroud.

En revanche, plus question de dépendre à 70% d’un seul client, comme cela était le cas avec Saudi Oger, désormais peu en cours en Arabie Saoudite. « Nous allons diversifier nos activités sur trois régions, reprend l'ex-Bouygues et diplômé des Ponts. La France et l’Europe de l’ouest, l’Afrique, et le Moyen-Orient. Mais nous allons mettre fortement l’accent sur les opportunités en France, où le marché s’annonce très dynamique, avec les chantiers du Grand Paris et la perspective des Jeux Olympiques de 2024. »

Références métier

Oger International compte s’appuyer sur ses belles références. Dans l’Hexagone, le groupe est dernièrement intervenu en maîtrise d'oeuvre technique sur le projet Villages Nature de Paris, en maîtrise d’œuvre technique ou assistance à maîtrise d’ouvrage pour le centre hospitalier régional d’Orléans… « Et nous avons toujours pu compter sur des clients qui nous font confiance et travaillé pour de grands donneurs d’ordres, comme SNCF Immobilier, EDF et ADP », rappelle Omar Joseph Baroud.  En Suisse, le groupe travaille actuellement en assistance à maîtrise d’ouvrage technique à la rénovation complexe du Palais des Nations de Genève, siège européen de l’ONU, un chantier global qui s’élève à 837 M€.

L’afrique reste un territoire de conquête pour Oger International. Très bien implanté au Maroc, avec quelques beaux contrats en référence (la construction du Grand Théâtre de Rabat est en cours, de même que la Tour Casablanca Finance City), le groupe prospecte au Gabon, au Cameroun ou en Côte d’Ivoire.

Au Moyen-Orient, enfin, l'ingénieriste « continue de disposer d’une très belle image, sur laquelle nous allons capitaliser et investir pour nous développer sur ce marché que nous connaissons bien et qui est très dynamique », annonce Omar Joseph Baroud. Oger International, titulaire de plusieurs marchés du Louvre Abu Dhabi (mission BIM ; ingénierie environnementale…), va par exemple candidater à un lot du futur hôtel Four Seasons de Djeddah, en Arabie Saoudite. Un exemple parmi d’autres des pharaoniques projets que le pays va mettre en œuvre. Et sur lesquels le groupe français compte bien se positionner.

La nouvelle organisation

Oger International s’est réorganisée en septembre 2017 selon deux principes : "diversification des clients et ancrage solide en France", énonce son PDG, Omar Joseph Baroud. "Notre force est aujourd'hui de couvrir tous les métiers autour du bâtiment, et de savoir travailler sur des projets très complexes."

Quatre directions régionales ont vu le jour : France et Europe; Afrique; Moyen Orient; et Arabie Saoudite. cette dernière est aussi orientée vers les "gros clients privés".

Trois pôles métier structurent désormais le groupe d'ingénierie : architecture-décoration ; fluide-électricité (incluant l'expertise BIM); et structure-infrastructure.

Enfin, le groupe dispose de quatre agences fixes à l'international : en Suisse, au Maroc, en Tunisie et à Abu Dhabi.

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