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Comment les gestionnaires d’infrastructures s'adaptent au changement climatique
Chute de rochers sur une route. - © Cocoparisienne / pixabay

Comment les gestionnaires d’infrastructures s'adaptent au changement climatique

Emmanuelle Picaud |  le 20/03/2019  |  IngénierieTravaux publicsCeremaRoutes

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Organisée par le Cerema à Montrouge les 18, 19 et 20 mars, la Biennale des Territoires a été l’occasion d’échanger sur les défis opérationnels auxquels les gestionnaires sont confrontés en matière de risque climatique.

Autrefois de l’ordre du conceptuel, l’adaptation au changement climatique semble de plus en plus concerner les gestionnaires publics d’infrastructures, dont certains intègrent cet enjeu dans leurs plannings opérationnels. C’est un des principaux enseignements à retenir de la Biennale des territoires, organisée les 18, 19 et 20 mars 2019 à Montrouge.

L’événement, piloté par le Cerema, a été l’occasion de recueillir les témoignages et les interrogations des principaux intéressés.

Prise de conscience

« Sur notre périmètre, nous observons de plus en plus situations comme des glissements de terrain, des inondations, des crues, des chutes de blocs ou des incendies… Nous devons faire face à des coupures de plus en plus régulières de notre réseau routier » a expliqué Stéphane Leroux, ingénieur à la Direction interdépartementale des routes (DIR) Méditerranée, lors d’un atelier organisé le 19 mars. Afin de gagner en réactivité face à ces situations handicapantes, sa structure a identifié les principaux risques climatiques auquel son réseau était exposé.

« Nous avons créé des cartes avec différents niveaux d’exposition aux aléas climatiques, ce qui a permis de prioriser les actions », détaille Marie Colin, responsable de projets résilience et infrastructures au Cerema, qui a conseillé la collectivité aux côtés du cabinet de conseil Carbone 4. Le gestionnaire a ainsi dû se demander si son objectif était de renforcer les infrastructures existantes ou s’il voulait aller plus loin, quel réseaux était concernés par ces risques, lister les caractéristiques des événements climatiques (leur fréquence, leur intensité et leur localisation) et définir le niveau de vulnérabilité des infrastructures qui sont sous sa charge. Ces informations ont ensuite été croisées pour relever des tendances.

Définir des actions

Dans le cas de la DIR Méditerranée, ce travail a permis de cibler cinq pistes d’actions. « Nous avons redéfini certaines règles de conception, en particulier sur les ouvrages hydrauliques. Par exemple, pour un chantier près de Gap, nos dimensionnements ont tenu compte d’une crue exceptionnelle au lieu d’une crue centennale », développe le gestionnaire.

Des études plus poussées vont également être lancées sur les itinéraires les plus impactés par les aléas climatiques, en particulier la RN 94 et la RN 106. Sur ces tronçons, des dispositifs de surveillance ont été mis en œuvre (détection automatique, base de données, instrumentation). « Dès que des blocs tombent sur un itinéraire, nous les inventorions, ce qui permet d’avoir un meilleur suivi », ajoute Stéphane Leroux. Les plans de gestion de crise ont également été adaptés en conséquence, comme les plans de gestion de trafic.

Préserver les infrastructures

Suite à ce travail, la DIR Méditerranée s’interroge également sur l’enjeu de la préservation du patrimoine. Routier, d’une part, puisqu’un tiers des ouvrages d’arts (ponts, murs de soutènement) présentent des dégradations selon les propres aveux du gestionnaire, mais aussi en ce qui concerne les réseaux d’assainissement, qui jouent un rôle clé en matière d’évacuation des pluies.

Pour Clément Ory, du cabinet de conseil Carbone 4, ce type d’initiative est amené à se multiplier. « Il y a un changement culturel. Avant, les ouvrages étaient construits sans se poser la question de l’adaptation et de la durée de vie. Aujourd’hui, les acteurs commencent à s’interroger sur  la durabilité des infrastructures dans lesquels ils investissement », est convaincu l'expert.

Le Grand Port Maritime de Bordeaux vient ainsi de se lancer dans une réflexion similaire à celle de la DIR Méditerranée, toujours épaulé par le Cerema. « Nous n’en sommes encore qu’au stade d’identification, nous n’avons pas encore mis au point nos pistes d’actions. Les travaux sont en cours », a assuré Perrine Vermeersch, responsable de l’unité risques au Cerema Sud-Ouest.

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