Entreprises de BTP

Comment les entreprises spécialisées dans le bois veulent améliorer leur compétitivité

Mots clés : Bois

La filière bois dans 20 ans, la problématique de la ressource bois, le plan d’actions gouvernemental ou la fuite des grumes vers la Chine… Voilà les principaux sujets abordés lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale du bois, fin décembre.

La Fédération nationale du bois organisait son assemblée générale en décembre autour de deux tables rondes. La première autour de la problématique des gros bois, dont le stock, qui représente déjà 25% du stock de résineux en France. En effet, peu exploités, les stocks de gros bois ne cessent d’augmenter alors que les débouchés sont très minces (faute de nœuds très présents, de qualités hétérogènes et d’un rendement matière faible).

Cela peut sembler être une aberration lorsque l’on sait que ,en parallèle, se met en place un marché de masse pour la construction, que la demande en bois d’ingénierie ne cesse de progresser et que les délais de livraison pour le CLT par exemple sont estimés à six semaines.

 

« Révolution copernicienne »

 

Faire du CLT avec du gros bois ? « Pourquoi pas », répond Pierre Piveteau, président de l’entreprise Piveteau dont une ligne de CLT sera mise en service en août, « mais ce serait anecdotique. Le CLT doit être réalisé à partir de bois de qualité affichant certains niveaux de performance et de résistance mécanique ».

Bilan de cette table-ronde, pour Philippe Gourmain, président des experts forestiers de France, « l’amont forestier doit entamer une révolution copernicienne afin de s’adapter à la demande du marché. Cela prendra du temps pour Françoise Alric, de la FNCofor : « la sylviculture est comme un paquebot que l’on réoriente, cela prend du temps ».

 

La filière bois dans 20 ans ?


La seconde table ronde projetait la filière bois dans 20 ans. Pour Pascal Triboulot, directeur du collégium Lorraine INP, le bois est un matériau stratégique qui permet de répondre aux défis planétaires du XXIe siècle. Le contexte est cependant nouveau : les vitesses des changements technologiques sont exponentielles, alors que la croissance des arbres est lente. Il faut donc penser à faire plus avec moins et utiliser les ressources de la forêt, qu’il s’agisse  des feuillus comme des résineux.

Alors dans 20 ans, Pascal Triboulot voit l’avenir robotisé avec la multiplication de petites unités de production robotisées autonomes où le client final pourrait piloter son projet. Il voit également le développement chimie verte comme des mousses rigide de carbone vitreux conçue  à partir de tanins et des dérivés de déchets végétaux. En clair, un morceau de carbone à l’état pur qui ressemble à un morceau de pierre ponce noire.

 

Améliorer la compétitivité des entreprises


Le bois fait l’objet des attentions du gouvernement. Sylvie Alexandre, la déléguée interministérielle à la forêt et au bois, a rappelé que le plan de recherche et d’innovation 2025 signé par quatre ministères en 2016, mais regrette que la mayonnaise n’ait pas vraiment pris pour la compétitivité des entreprises.

Séminaires, appels à projets, concours d’innovations, aides… seront développés pour aider la filière bois à franchir le cap. Alors qu’il y a un an, l’ambiance était tendue et l’activité tournait au ralenti, cette année, l’hirondelle semble être revenue. Philippe Siat, le président de la FNB, réélu lors de cette assemblée avec 94,5% des suffrages, est optimiste : « la page de l’incertitude et de l’inquiétude est tournée… cela doit nous conduire à relever des défis ». Il a également fait appel à l’union de la profession : « nous devons travailler ensemble pour reconstruire l’avenir, sécuriser les approvisionnements, favoriser la valeur ajouté en France et relever le défi de l’industrie du futur ».  De gros projets de modernisation des scieries sont dans les cartons.

Les grumes de chêne poursuivent leur fuite vers la Chine

Alors qu’un label UE avait été mis en place en 2O15 pour stopper les fuites de grumes feuillues vers l’Asie et pour favoriser leur transformation avant l’exportation, le phénomène reprend de plus belle. Mais, cette fois-ci, il est concentré sur le chêne et à destination quasi-exclusive de la Chine. Les exportations ont ainsi augmentées de 17 %. Ainsi, 3O8 OOO m3 ont été exportées en Chine à la fin octobre (près de 15% de la récolte). « Le label UE, qui atteste de la transformation des bois d’œuvre d’essence chêne au sein de l’Union européenne, fonctionne mais une dizaine de « tricheurs » biaisent le système avec des sociétés écrans. Les sanctions existent pourtant, se désole Philippe Siat. Une vingtaine d’entreprises sont déjà tombées ».

Les conséquences sont importantes pour les scieries françaises qui ont vu le prix de la grume doubler en cinq ans. Elles doivent alors répercuter la hausse des prix sur les produits finis (parquet, menuiserie…). La FNB appelle d’ailleurs la filière privée, qui refuse d’adhérer au label UE, à une meilleure solidarité avec la filière afin d’assurer le maintien du tissu industriel, de préserver l’emploi, et la valorisation de la ressource française.      

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