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Comment les bâtiments de demain vont-ils impacter la prévention des risques ?
"Imaginons ensemble les bâtiments de demain" - © CSTB/Ademe

Comment les bâtiments de demain vont-ils impacter la prévention des risques ?

Pauline Chambost |  le 05/07/2022  |  France PréventionCSTBAdeme

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Davantage de rénovation, matériaux différents, industrialisation de la construction… Les mutations qui concernent le secteur du BTP limitent certains risques pour les travailleurs… mais en créent de nouveaux.

"Imaginons ensemble les bâtiments de demain". Le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et l’Agence de la transition écologique (Ademe) ont lancé une démarche prospective pour aider les acteurs de la filière à mieux anticiper les mutations à venir.

A partir de quatre scénarios, autour de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), un groupe d’experts en a développé le volet risques professionnels. Leur travail vient d’être rendu public, sous forme d’un rapport et de vidéos. En résumé : tous les enjeux et les outils de demain portent potentiellement en eux à la fois des atouts pour la prévention et des limites, voire des effets pervers.

Par exemple, pour répondre aux enjeux environnementaux, le secteur va de plus en plus recourir à des matériaux différents. Or, "l’utilisation des biomatériaux (bois, paille, chanvre…) et géomatériaux (terre, pierre…), plus sobres en carbone et plus localisés, nécessite de se réapproprier des techniques traditionnelles tout en allégeant la pénibilité qui leur est associée", met en garde Dominique Naert, directeur du master Executive immobilier et bâtiment durables, à l’Ecole des Ponts ParisTech.

Rénovation et nouveaux modes opératoires

Il y aura aussi davantage de rénovation, avec des modes opératoires différents de ceux employés pour la construction. Philippe Robart, directeur technique de l’OPPBTP cite par exemple les risques chimiques et de blessure dus au curage. De manière plus générale, “quand on arrive sur de l’existant, on ne sait pas où on met les pieds”, explique-t-il. Il est donc important que les diagnostics soient de qualité et mis à dispositions des intervenants.

Transition énergétique oblige, de plus en plus de toits seront couverts de panneaux solaires. Voilà une raison de plus pour penser les interventions ultérieures dès la conception, et la prévention des risques associés à celles-ci. Jacques Balzer cite l’Ecole de chimie de Mulhouse en guise d’exemple à suivre. Des gardes corps ont été intégrés à la structure même du bâtiment, ici en anticipation de l’entretien des machines sur le toit.  “Les protections collectives ne devraient pas être une variable d’ajustement pour remporter le marché”, milite l’ingénieur conseil à la Carsat Alsace-Moselle.

Risques d’intensification des processus en hors-site

Le secteur a aussi tendance à s’industrialiser. Avec la construction hors site, les conditions de travail sont mieux maîtrisées. Exemples pêle-mêle cités par Véronique Lamblin, directrice d’études au centre de réflexion Futurible : meilleure aspiration des poussières en atelier que sur chantier, plus d’exposition aux intempéries… D’un autre côté, il y a un risque d’intensification des processus en usine et de déqualification et perte d’autonomie pour ceux qui restent sur le chantier et réalisent l’assemblage.

Cette étude évoque aussi les nouveaux outils technologiques tels que les robots ou les exosquelettes, qui peuvent se révéler être de fausses bonnes idées. "Ils peuvent éliminer des troubles musculo-squelettiques, mais à condition que l’aide apportée ne soit pas un prétexte pour augmenter les cadences, met en garde Véronique Lamblin. L’enjeu n’est pas tant la technologie que ce que les entreprises vont en faire". Tout autre exemple d’innovation : la plateformisation, nouveau mode de travail chez des artisans. Elle peut accroître l’écart entre le travail prescrit et le travail réel, facteur bien connu des risques psychosociaux.

Enfin, derrière la réaffectation de bâtiments à de nouveaux usages professionnels, il y a un enjeu de prévention des risques chez les utilisateurs finaux des locaux, au-delà des compagnons.

Mathilde Silvan, experte conception lieux et situations de travail à l’INRS, explique logiquement que les nouveaux usages "peuvent être éloignés des activités de travail projetées en conception par le maître d’ouvrage et le maître d'œuvre", que les caractéristiques de ces bâtiments vont être des contraintes pour les nouvelles applications.

D’un côté, il est dans ces cas plus facile d’avoir une démarche participative : faire simuler leurs activités aux futurs salariés en conditions presque réelles, plus facilement que sur un simple plan. D’un autre, le risque peut être, à cause de l’obsolescence du parc existant et de la nécessaire frugalité, de se concentrer sur les aspects techniques et d’évincer la question de l’usage, le tout dans un environnement très contraint.

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