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« Comment le gouvernement a-t-il pu perdre autant de temps à lancer des signes positifs ? », Patrick Liébus, président de la Capeb
Patrick Liébus, président de la Capeb - © © Bruno Lévy

« Comment le gouvernement a-t-il pu perdre autant de temps à lancer des signes positifs ? », Patrick Liébus, président de la Capeb

Propos recueillis par Frédérique Vergne |  le 08/04/2013  |  agcapebArtisansEtat

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L’assemblée générale de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb) se tiendra les 10 et 11 avril. Un rendez-vous  très particulier cette année, d’une part parce qu’il s’ouvre sur fond de crise durable et parce qu’il reste réservé au seul réseau Capeb.  Entretien avec son président, Patrick Liébus.

Une première cette année pour l’organisation professionnelle qui va tenir à huit clos son assemblée générale. Les délégués départementaux, régionaux et la Capeb nationale  s’enfermeront deux jours (les 10 et 11 avril) pour renforcer les liens et ainsi mieux aider les adhérents à surmonter la crise, mais aussi pour débattre sur les difficultés de l’artisanat du bâtiment. Des résolutions sur des questions précises y seront d’ailleurs votées. Reste que pour son président, Patrick Liébus, l’exercice auquel il va se livrer face à des esprits échauffés par la dureté de la situation et des entreprises à bout de souffle ne va pas être facile : apporter des notes d’espoirs pour ne pas plomber  davantage le moral déjà fortement atteint, tout en restant réaliste…

Dans quel état d’esprit ouvrez-vous les deux journées d’assemblée générale de la Capeb ?


Patrick Liébus :
Même si le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est l’inquiétude générale, notre sentiment oscille entre réserve et espoir.  Le gouvernement à son plus haut niveau, le président de la République, a pris conscience de la réalité dans laquelle se trouvaient les artisans du bâtiment. Notre forte mobilisation du 18 janvier dernier a donc porté ses fruits. Pour autant et malgré le plan d’urgence en faveur du logement et du bâtiment dévoilé par François Hollande le 21 mars, rien n’est gagné et on va devoir rester mobilisé. Des mesures vont certes être prises, mais entre leur mise en place et les effets sur notre activité, il va se passer un long délai, auquel il convient d’ajouter une année 2014 d’élections municipales, période de gel des investissements. Ce sont autant de coups de frein qui s’accumulent, des contraintes qui s’empilent et nous ne voyons pas s’éclaircir l’horizon. Cependant, notre secteur n’est pas le seul à connaître des difficultés. Le gros problème, c’est le chômage et l’emploi, sources pour nos clients de morosité et de manque de confiance.

Pensez-vous que le plan d’urgence annoncé par le président de la République suffira à soutenir significativement l’activité des artisans ?


Patrick Liébus : Il peut soutenir notre activité, mais ce n’est qu’une première étape dans la relance de notre secteur. Nous attendons un complément de mesures, mais aussi les moyens qui vont avec. Entre rien et quelque chose, mieux vaut quelque chose, même si ce quelque chose arrive bien trop tard. Comment est-il possible que le gouvernement  ait perdu autant de temps à lancer des signes positifs et ce, malgré nos nombreuses alertes ?  En attendant, les prix s’effondrent, la hausse de prix des matériaux se poursuit sans pouvoir être répercutée, les trésoreries sont à sec, l’apprentissage au ralenti….

Deux ministres, Sylvia Pinel  pour l’artisanat et Michel Sapin pour le travail et l’emploi feront le déplacement à votre assemblée générale, quels messages allez-vous leur délivrer ?


Patrick Liébus :
Il est vrai que leur présence est une marque de reconnaissance et une prise de conscience de la situation du secteur. Nous allons dérouler tous les sujets sur lesquels beaucoup de choses restent à faire. Mais surtout nous attendons des annonces et des engagements. Si on veut calmer les esprits, il nous faut des mesures radicales,  à commencer par l’exclusion du secteur du bâtiment du régime de l’auto-entrepreneur.  Parmi nos demandes en attente de réponse : la baisse des charges pour les entreprises, les réglementations et obligations en matière de santé-sécurité applicables avec des conditions de formation, - bientôt on passera plus de temps en stage que sur les chantiers-, ou encore l’apprentissage et son corolaire l’orientation des jeunes vers nos métiers , et la retranscription fidèle de l’accord signé le 11 janvier dernier par les partenaires sociaux sur la sécurisation de l’emploi . Les sujets ne manquent pas : le plus important de tous, et je n’en finirai jamais de le répéter à tout le gouvernement, reste une TVA  à 5 % pour l’ensemble des travaux de rénovation. Enfin pour résumer, nous demandons au gouvernement de réviser sans tarder un ensemble de mesures dont l’inadaptation, voire l’impossibilité de mise en œuvre dans les petites entreprises s’avère particulièrement contre-productives. Bref, ne plus tergiverser ; l’avenir économique et social de notre secteur est à ce prix.

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