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Comment le géant WeWork se diversifie aux Etats-Unis

Philippe Coste, à New York |  le 09/03/2018  |  EuropeTertiaireCoworkingWeWork

Evénementiel, logements…

La start-up conquiert toujours plus de marchés et devient une vraie multinationale.

WeWork est boulimique. Aux 41 implantations de New York s'en sont ajoutées trois autres le 1er mars, dans le Queens et à Brooklyn. Si les entrepreneurs individuels et les start-up constituent toujours la majorité de ses locataires, la part des grandes entreprises ne cesse d'augmenter, atteignant aujourd'hui le quart de ses « membres ». Le leader, qui compile des données sur l'usage de ses bureaux, et assure même le management clé en main d'un immeuble entier d'IBM dans Greenwich Village, à Manhattan, apporte flexibilité et agilité aux grosses sociétés.

« Ces entreprises poussent leurs employés à cohabiter avec des business plus petits, à s'inspirer de leur management et de leurs idées, ce qui soutient l'essor général du coworking », estime Steve King, l'un des dirigeants d'Emergent Research, un cabinet de conseil aux PME, auteur d'un récent rapport sur le coworking. Selon lui, l'offre de bureaux partagés pourrait représenter 1,3 à 3 % du marché locatif américain d'ici à 2020. Cet esprit de communauté est inscrit dans l'ADN des dizaines d'émules de WeWork, qui marquent leur différence : à New York, The Wing est ouvert exclusivement aux femmes entrepreneurs ; Soho House y réserve un site aux créateurs et artistes. A Minneapolis, Fueled Collective propose un espace hybride, bureau partagé le jour, et club privé le soir.

212 sites gérés dans 19 pays. 200 000 clients. 20 Mds $ de valorisation.

Marché de l'après-boulot. Mais l'événement marquant de WeWork en 2018 sera l'ouverture de sa première vraie propriété immobilière. Conçu comme la vitrine de son savoir-faire, le Dock 72 est un projet en cours de construction de 60 000 m² sur 15 étages, situé sur un ancien quai de Brooklyn. Il proposera des bureaux haut de gamme assortis de jardins suspendus, d'un spa, de salles de sports et d'une salle à manger de 1 300 m². Une ville verticale, dotée en tous points d'une vue prodigieuse sur le sky-line de Manhattan, qui, plus que jamais, gommera la frontière entre travail et vie personnelle. Un concept poussé à l'extrême par ses fondateurs, Adam Neumann et Miguel McKelvey, qui maintenant visent le vaste marché de l'après-boulot.

Le rachat du réseau social Meetup, spécialisé dans l'organisation d'événements basés sur des intérêts communs, offre à WeWork plus qu'une plate-forme de rencontres et d'interactions pour ses membres. Il lui permettra de rabattre des milliers d'amateurs payants pour ses activités culturelles en soirée. WeLive, l'ensemble de 200 appartements situés à Wall Street, annonce un virage vers l'hôtellerie et le résidentiel. Quant au somptueux spa Rise, au rez-de-chaussée de WeLive, il sera bientôt reproduit dans les principaux espaces de WeWork aux Etats-Unis.

La reprise de l'école de codage Flatiron School, pilier de la Silicon Alley new-yorkaise, lui ouvre le marché de l'enseignement techno. Et la firme lancera aussi en septembre prochain une… école primaire dans le quartier de Chelsea. « C'est un peu osé, juge Steve King. Mais avec les financements dont dispose WeWork, personne ne s'étonne qu'ils briguent d'autres marchés connexes. » La prochaine étape pour les acteurs français ?

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Le petit coworking dans la prairie

« Tous les jours, on annonce un nouveau site de coworking dans des endroits inattendus », s'étonne Steve King, d'Emergent Research, un cabinet de conseil aux PME. Faute d'avoir obtenu des subventions publiques pour s'installer dans des petites villes décaties par la désindustrialisation, les grands opérateurs ne considèrent pas de nouvelles ouvertures pour moins de 200 à 300 membres. Mais les petites initiatives locales prolifèrent, souvent nourries par 30 à 70 locataires.

A Pella, un bourg de 15 000 habitants de l'Iowa, un pasteur avait eu, dès 2011, l'idée d'ouvrir des bureaux pour tenter de ranimer un centre-ville désert. Depuis, même les stations de ski du Colorado disposent de sites de coworking au bas des pistes, et les locaux pour travailleurs-surfers se multiplient sur les plages. Les bibliothèques publiques, refuge des travailleurs indépendants, offrent maintenant des salles de réunion et des imprimantes. Les halls d'hôtels, comme ceux de la chaîne Ace, proposent aussi ce service. Quand aux clubs privés (Rotary, Lions Clubs… ), ils combattent leur désuétude en s'engageant aussi sur cette voie, autant que le secteur associatif, les chambres de commerce, etc.

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