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Comment l’Inde compte sur le BTP pour relancer sa croissance

Philippe Guérard |  le 25/07/2014  |  EntreprisesEtatRéglementationTransportsInternational

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A Delhi, le nouveau Premier ministre élu en mai a annoncé tout un train de mesures visant à relancer les grands projets d’infrastructures. Les PPP vont être encouragés dans la route, le rail, l’énergie et le fluvial. Dans le bâtiment, des mesures sont prises pour attirer les investisseurs étrangers.

C’est par un meilleur accueil des investisseurs étrangers que Delhi entend donner un coup de fouet à la croissance économique de l’Inde. Au pouvoir depuis le mois de mai, le nouveau gouvernement, dirigé par Narendra Modi, a présenté le 10 juillet un budget rectificatif visant à faire progresser le PIB du sous-continent de 8 % en rythme annuel d’ici à quatre ans, contre moins de 5 % au cours des deux années passées. « La communauté internationale perdait foi en notre pays, mais elle montre aujourd’hui un regain d’intérêt », a affirmé au Parlement le ministre des Finances, Arun Jaitley. « On nous observe et nous devons apporter des réponses, en créant les conditions d’un environnement favorable aux affaires. Certaines portes étaient fermées, nous avons décidé de les ouvrir. »

Des PPP tous azimuts

Parmi les principaux leviers de croissance actionnés, les infrastructures tiennent une place majeure. « Une nation moderne a besoin de moyens de transport variés. Notre pays doit réduire les temps de parcours entre les villes les plus éloignées les unes des autres », a souligné Arun Jaitley. Dans son esprit, il s’agit de rééquilibrer les modes de transport alors qu’aujourd’hui, la route absorbe à elle seule 80 % des déplacements de personnes et 65 % du fret. Une telle politique permettrait d’améliorer le fonctionnement des chaînes d’approvisionnement agroalimentaire, principale cause de l’inflation galopante qui frappe actuellement les denrées de première nécessité.
Les partenariats public-privé vont être encouragés tous azimuts. Alors que l’Inde est déjà « l’un des plus grands marchés de PPP au monde, avec plus de 900 projets en cours », selon le ministre des Transports, Nitin Gadkari, un organisme baptisé « 3P India » va voir le jour pour centraliser les procédures et aider le gouvernement à simplifier le dispositif. Arun Jaitley regrette, notamment, que les PPP soient encore « trop rigides » d’un point de vue contractuel et « trop lents » à se concrétiser. Pour y remédier, les banques auront droit à de nouvelles garanties de l’Etat sur les prêts à long terme.
Déjà très pratiqués dans les aéroports, les PPP vont être facilités dans les routes. Il y a du travail, quand on sait qu’à peine plus de la moitié d’entre elles dispose d’un revêtement (contre les deux tiers en Chine), alors que le nombre de véhicules en circulation augmente en moyenne de 10 % par an. En attendant, le budget prévoit d’allouer cette année l’équivalent de 4,6 milliards d’euros aux autoroutes (+ 15 %). Alors que le rythme des travaux est tombé à 5 km par jour l’an dernier, le gouvernement Modi veut allonger le réseau autoroutier de 23 km par jour, soit 8 500 km d’ici à fin mars 2015. Les PPP sont également appelés à la rescousse pour doubler le réseau de gazoducs (15 000 km à construire), et pour assainir le Gange. Seuls 45 % des eaux rejetées dans le fleuve sacré par les villes installées sur ses rives sont traités, et le gouvernement aimerait rendre un linéaire de 1 600 km accessible aux navires de plus de 1 500 tonnes.

Feu vert pour cent villes nouvelles

Les enquêtes d’impact sur l’environnement vont s’alléger, au grand dam des écologistes. Selon l’exécutif, 60 % des projets industriels et d’infrastructures annoncés en 2012 sont en rade pour des questions de « bureaucratie ». Aux commandes de l’Inde pendant dix ans, le clan Gandhi avait senti le vent venir et juste avant les législatives, il avait débloqué une centaine de dossiers pour s’attirer la bienveillance des milieux d’affaires, en vain. Ce sont ces projets que le Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi reprend maintenant à son compte. Ils sont chiffrés à 19 milliards d’euros et concernent à la fois la sidérurgie, les gisements de charbon et les ports, pour lesquels 16 projets de création sont dans les cartons. On y trouve également le barrage Renuka destiné à sécuriser l’approvisionnement en eau de la région de Delhi. Pour fluidifier les procédures, la dématérialisation va être généralisée au travers d’eBiz, une plate-forme dédiée aux acquisitions foncières et aux appels d’offres.
Le secteur ferroviaire espère lui aussi profiter de ce nouveau climat. Si les finances du groupe Indian Railways sont loin d’être florissantes, au point d’avoir contraint le nouvel exécutif à peine élu à augmenter les tarifs voyageurs de 14 %, des liaisons phares devraient pouvoir être accélérées. Telle est en tout cas la priorité du ministre des Chemins de fer. S’il a beau être le quatrième détenteur de ce portefeuille à le promettre, Sadananda Gowda a juré qu’avec lui, la grande vitesse allait devenir réalité. Le BJP s’est engagé durant la campagne législative à construire en PPP le « Diamond Quadrilateral », un réseau TGV supposé relier un jour Delhi à Bombay, Calcutta et Madras. En tête de liste figure la ligne Bombay-Ahmedabad, capitale du Gujarat que dirigeait jusqu’au printemps Narendra Modi. Ce projet de 500 km, estimé à 7,3 milliards d’euros, fait déjà l’objet d’une étude de faisabilité japonaise. La SNCF travaille également dessus, depuis le passage en Inde de François Hollande, il y a dix-huit mois.
La troisième grande annonce de ce mois de juillet concerne le bâtiment et le génie civil. Arun Jaitley a donné le coup d’envoi à l’érection de cent villes nouvelles, à l’électrification de tous les villages et au développement des hautes technologies dans les villes. Transformées en « smart cities », celles-ci doivent moderniser, grâce à Internet, la distribution de l’électricité, la collecte des eaux usées et le traitement des déchets, a-t-il dit. Pour réveiller le marché résidentiel, le gouvernement a élargi l’assiette de défiscalisation des intérêts d’emprunt immobilier pour l’achat d’une résidence principale. Enfin, il a abaissé de 50 000 à 20 000 mètres carrés et de 10 millions à 5 millions de dollars les seuils à partir desquels les investissements directs étrangers sont permis dans la promotion immobilière.

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PHOTO - 804561.BR.jpg - © Anindya Chattopadhyay/TIMES of INDIA/AFP
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PHOTO - 804389.BR.jpg - © RAVEENDRAN/POOL - AFP
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PHOTO - 804554.BR.jpg - © PUNIT PARANJPE/AFP

Les trois premiers groupes de BTP indiens
(exercice clos au 31 mars 2014, en millions d’euros)

Entreprise

CA (1)

RN (2)

Hindustan Construction Company

11 880

- 340

Larsen and Toubro

10 528

560

IVRCL Infrastructure

1 490

- 400

Source : rapports annuels (1) Chiffre d’affaires (2) Résultat net

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