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L'Etat peut-il sauver le réseau routier national non concédé ?
2 040 kilomètres de chaussés, sur les routes nationales non concédées, sont gravement endommagés. - © Google maps

L'Etat peut-il sauver le réseau routier national non concédé ?

Maxime Hanssen |  le 23/07/2018  |  RéglementationTravaux publicsAutoroutesConcessionsRoutes de France

Un rapport commandé par le ministère des Transports dévoile l'état catastrophique du réseau routier national non concédé, qui s'étend sur 12 000 kilomètres. Après plusieurs années de sous-investissement, l'Etat semble vouloir reprendre la main pour sauver ce patrimoine. Reste à définir les outils de financement, objets de négociations dans le cadre de la Loi d'orientation des mobilités. Au regard des premiers éléments, certains acteurs estiment que le système de concession pourrait être une réponse. 

« Forte dégradation », « effondrement », « risques inacceptables pour les citoyens ». Le réseau routier national non concédé est dans un état critique. C’est en tout cas le bilan qui ressort d’un audit externe réalisé pour le compte du ministère des Transports et dont une synthèse a été rendue publique le 10 juillet.

Ces infrastructures – chaussées et ouvrages d’art qui s’étendent sur environ 12 000 kilomètres - cumulent 18 % du trafic routier français. Plusieurs de ces axes de circulation sont jugés stratégiques, à l’instar de l’autoroute A15 (Hauts-de-Seine - Val d'Oise).  « Nous sommes en train de dilapider notre patrimoine national par une vision à court terme. Nous n'avons pas, et nous n’aurons certainement pas les moyens financiers publics de renverser cette tendance », s’alarme Pierre Calvin, président de Routes de France.

 

Un sous-investissement chronique

 

Les chiffres sont éloquents : 2 040 kilomètres de chaussés sont gravement endommagés, soit 17 % des routes qui nécessitent des réparations structurelles immédiates. Un tiers des 12 000 ponts exigent des rénovations. Pire, selon le document, 7 % de ces ouvrages d’art présentent des « risques d’effondrements sérieux ». Les équipements routiers (marquages, panneaux de signalisation), sont, pour leur part, « menacés de vétustés ».

La cause de ces maux ? Si le vieillissement de la chaussée est un phénomène naturel, la stratégie d’investissement de l’Etat est pointée du doigt. Celle-ci, dans un contexte de finances publiques exsangue, s’est davantage focalisée sur « le curatif plutôt que le préventif ». Comprendre : les travaux sont engagés une fois que les dégradations - à cause du trafic ou des aléas météorologiques - se sont produits.

En effet, sur les 10 dernières années, l’Etat a investi en moyenne 666 millions d’euros par an pour assurer la maintenance et la gestion de ce réseau, une « somme fluctuante et insuffisante pour enrayer une dégradation de l’ensemble du réseau », note le document. « Depuis 2012, nous avons enregistré une baisse de 30 % du chiffre d’affaires consolidé des entreprises du secteur », corrobore Pierre Calvin, président de Routes de France.

 

Selon des données comparées avec nos voisins européens, l’enveloppe de rénovation française est inférieure aux standards des pays d’Europe du Nord. Le Royaume-Uni investit par exemple 80 000 euros par kilomètre et par an, alors que les [...]

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