En direct

Evénement

Comment gérer l’entretien de 530 machines réparties sur 340 km ?

Sabine Ganansia |  le 18/10/2013  |  EuropeEntreprisesTransportsMeurthe-et-MoselleDrôme

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Europe
Entreprises
Transports
Meurthe-et-Moselle
Drôme
Gironde
Valider

Pour assurer le suivi des matériels dispersés sur le chantier de la LGV Sud Europe Atlantique, Vinci renforce ses équipes avec des prestataires extérieurs.

Sur les 700 machines qui constituent le parc matériel de Vinci Construction Terrassement (VCT), 530 sont actuellement à l’œuvre sur le plus grand chantier d’Europe : la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse Sud Europe Atlantique (LGV SEA) entre Tours et Bordeaux. Ce sont principalement des pelles  dont quatre pèsent 90 t , des tombereaux rigides et articulés de 20 à 50 t (B50, A740, A30...) ou des ateliers de traitement des sols avec des concasseurs mobiles. Un tracé qui s’étire sur plus de 340 km de long, deux ans de travaux de terrassement, 80 000 m 3 de déblais par jour, 25 000 l de gazole consommé quotidiennement… Face à un chantier d’une telle ampleur, Vinci a choisi de diviser en deux l’organisation de la maintenance et de la distribution des pièces de rechange pour ses matériels : d’un côté le préventif, de l’autre le curatif, avec une réunion hebdomadaire entre les deux équipes. Un an après le début des travaux de terrassement, l’essentiel des pannes de matériels est lié à la connectique et à l’électronique. Fournisseurs à la rescousse« Nos mécaniciens sont formés et équipés d’ordinateurs, mais les pannes d’aujourd’hui nécessitent plus souvent qu’auparavant l’intervention du fabricant, constate Serge Robert, directeur entretien et maintenance de VCT. Pour ces interventions spécifiques, qui représentent 20 % de nos pannes, nous faisons appel aux mécaniciens mis à disposition par les fournisseurs et à des indépendants, comme les concessionnaires ou des spécialistes locaux. » Aux 122 mécaniciens et administratifs Vinci sur le terrain, s’ajoutent ainsi une quarantaine de mécaniciens extérieurs : un représentant de Bergerat Monnoyeur (le distributeur Caterpillar) et un prestataire GCS (pneumatiques) sont présents sur chacun des 11 lots répartis sur l’ensemble du tracé. Certaines marques comme Volvo ont mis à disposition une équipe de techniciens sur place. Ceux de Komatsu sont prêts à intervenir très rapidement par l’intermédiaire du concessionnaire local Sami TP. Bell dispose d’un camion atelier mobile, basé au milieu du tracé, et de deux mécaniciens en fixe, intégrés aux équipes Vinci. Kléber Malécot, concessionnaire Volvo, a aussi un technicien intégré, et Vitamotor, spécialiste de la motorisation hydraulique, a mis à disposition deux hommes. « Tout le monde travaille en réseau et suit aussi les machines des concurrents », explique Ludovic Laforet, chef du service mécanique chantier de VCT. Sur les 340 km du tracé, dix plates-formes de maintenance ont été implantées, toutes configurées à l’identique : 10 000 m 2 de surface chacune, des bureaux, une aire de lavage, une zone de stockage des lubrifiants (avec bac de rétention), des véhicules d’entretien et d’intervention et un atelier composé de trois zones : une pour la soudure et le perçage, une pour les pneumatiques, et une troisième pour le stock de consommables (filtres, courroies, boulonnerie, etc.). 70 % du parc de matériel est neufChaque plate-forme est dirigée par un chef mécanicien, assisté d’un administratif et d’un chef d’équipe. En appui, Vinci peut compter sur ses deux centres de réparation fixes, situés à Valence (Drôme) et à Pont-Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle, près de Nancy) pour la réfection d’organes. « Il y a très peu de stock de pièces sur place, mais si la demande est faite avant 18 heures au bureau d’achat de Valence, il y a 99 % de chance qu’elle arrive avant 6 heures ou 7 heures le lendemain matin », précise Florian Salvetti, directeur adjoint section B VCT. « Notre client a une très grande autonomie en termes de maintenance, estime Marc Wilson, président de Komatsu France. Les machines étant neuves, nous assurons une présence pour les cas d’accidents plus que pour des pannes. » Sur ce chantier, près de 80 % du matériel utilisé par Vinci, lui appartient en propre. Les 15 % à 20 % restants (matériels de petit échelon, de transport ou de compactage secondaire) sont loués. Sur les 530 équipements en activité, 369 sont neufs, soit 70 % du parc. « Nous avons renforcé notre parc de camions équipés de bras de manutention, et investi dans 8 nouveaux fourgons d’intervention pour la maintenance », explique Florian Salvetti. Inhabituel dans ce secteur où le leasing est monnaie courante, le choix de l’achat correspond à la politique patrimoniale du groupe : une machine est achetée pour plusieurs chantiers, puis revendue au bout de douze mille heures, quand la maintenance devient trop coûteuse. Une stratégie payante, qui pourrait encore être améliorée, à en croire Alain Bignon, directeur du matériel VCT : « 369 nouvelles machines, ce sont aussi 369 équipements de télétransmission… tous différents. Nous n’avons pas le temps d’analyser toutes ces données. Mais c’est un grand défi pour nous d’utiliser les équipements nouveaux ! Le jour où nous aurons la capacité d’exploiter toutes ces données, nous pourrons avoir une approche très fine de la maintenance. »

PHOTO - 749773.BR.jpg
PHOTO - 749773.BR.jpg - © sabine ganansia
PHOTO - 750390.BR.jpg
PHOTO - 750390.BR.jpg - © sabine ganansia
PHOTO - 750391.BR.jpg
PHOTO - 750391.BR.jpg - © sabine ganansia
PHOTO - 750392.BR.jpg
PHOTO - 750392.BR.jpg - © sabine ganansia
46 millions de mètres cubes de déblais

La construction de la ligne ferroviaire entre Tours et Bordeaux est actuellement le plus grand chantier d’Europe. Quelque 1 500 engins, dont un tiers appartenant à Vinci, terrassent 46 millions de mètres cubes de déblais. Le parcours compte 480 ouvrages d’art, dont 19 viaducs. Le montant des travaux est estimé à 7,8 milliards d’euros, payés par Vinci.

L' œil de l’utilisateur - « On ne peut pas se passer des concessionnaires »

« Vinci possède ses propres équipes de techniciens que l’on forme régulièrement aux nouvelles technologies. Mais, parfois, nous ne possédons pas les outils de diagnostic. On ne peut pas se passer du service des concessionnaires et des constructeurs pour maintenir nos matériels. Sur le chantier de la LGV SEA, les équipes sont composées de nos mécaniciens et techniciens permanents, de contrats à durée déterminée et de prestataires venant des fournisseurs. C’est grâce à l’investissement de tous que tout se passe bien. »

L' œil de l’utilisateur - « Nous avons défini nos besoins très en amont »

« Tout a été mis en musique avec beaucoup de précision et une organisation rigoureuse. Tout a été préparé en amont il y a trois ans, quand nous avons défini nos besoins et les ressources constructeurs qui pouvaient y répondre. Le parc a été alloué lot par lot, en précisant le type de marque qui serait présente et la mise à disposition de techniciens venant des fabricants. Leurs bureaux ont été répartis tout au long du tracé, et les interventions se font à partir de leurs camions, en soutien du personnel technique de garantie. »

L' œil de l’utilisateur - « Les ateliers de réparation se sont vidés »

« Après avoir traversé une période de casse au démarrage, due notamment à l’emploi de personnel en reconversion, les ateliers de réparation se sont vidés car nous avons beaucoup de machines neuves et nous assurons une surveillance journalière du matériel. Afin de réduire au minimum les risques d’incendies malveillants, nous espaçons les machines de 5 à 10 m lorsqu’elles sont arrêtées pour la nuit. Pour limiter le vol de gazole, qui représente entre 4 % et 5 % des 25 000 l consommés chaque jour, nous remplissons les réservoirs le matin. »

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Code commenté de la commande publique

Code commenté de la commande publique

Date de parution : 09/2019

Voir

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Règlement de sécurité incendie ERP avec historique des versions

Date de parution : 07/2019

Voir

Maisons individuelles passives

Maisons individuelles passives

Date de parution : 07/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur