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Comment évaluer et prévenir le syndrome vibratoire main-bras ?

le 27/11/2015  |  Droit de la constructionSantéRéglementationFrance entièreImmobilier

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Santé. L'INRS vient de publier une brochure récapitulant les méthodes d’évaluation et les actions de prévention à suivre pour réduire l’exposition des travailleurs au syndrome vibratoire main-bras.

L' utilisation de machines vibrantes portatives ou guidées manuellement telles que les marteaux-piqueurs, les compacteurs ou les brise-béton expose les mains, les poignets et les bras de celles et ceux qui les manipulent à des troubles chroniques connus sous le nom de syndrome vibratoire main-bras. Le risque est présent dès que l'utilisation est régulière et fréquente.


Selon les individus et l'amplitude des vibrations exercées sur les mains, les premiers troubles apparaissent de quelques mois à quelques années après le début de l'exposition. En France, près de 2 millions de salariés sont concernés selon l'Institut national de recherche et sécurité (INRS), soit près de 10 % des actifs, en particulier les travailleurs des secteurs du bâtiment, de la construction et des travaux publics.

Une maladie professionnelle reconnue

Les affections liées à l’exposition aux vibrations émises par les machines manœuvrées à la main sont reconnues depuis 1980 comme maladies professionnelles. Les symptômes se traduisent par des douleurs dans les bras et les mains, associées à une gêne fonctionnelle des mains ou des articulations, à une moindre sensation du toucher et de la perception du chaud ou du froid et à une perte de dextérité manuelle. À long terme, les lésions peuvent être irréversibles et continuer à s'aggraver malgré le retrait de l'opérateur de la source des risques. Chaque année, environ 150 cas de ces différents types d’affections sont reconnus. Le coût d’indemnisation de ces troubles de la santé touchant essentiellement des hommes de plus de 35 ans s'élève à 8 millions d'euros.

Les entreprises concernées

La prise en compte des risques liés aux vibrations transmises aux mains et aux bras nécessite en premier lieu de s'interroger sur l’activité des salariés. L'INRS fournit un questionnaire téléchargeable sur le site de l’institut (www.inrs.fr) permettant à chaque l'entreprise d'évaluer si elle est, ou non, concernée.
L'article R. 4444-1 du Code du travail impose à l'employeur d'évaluer et, si nécessaire, de mesurer le niveau d'exposition aux vibrations transmises aux mains et aux bras de ses salariés.
Il fixe, pour une exposition quotidienne de huit heures :
• une valeur déclenchant l'action de prévention (2,5 m/s2),
• une valeur limite d'exposition (5 m/s2).

L'évaluation du niveau d'exposition

Selon les normes NF EN ISO 5349-1 et 2, l'exposition quotidienne aux vibrations est fonction de l'émission vibratoire et de la durée d'exposition.
L'INRS fournit gratuitement une « calculette » au format Excel permettant d'évaluer rapidement et facilement l'exposition quotidienne aux vibrations transmises aux membres supérieurs par les machines portatives ou guidées à la main, et cela même si l'opérateur visé utilise plusieurs machines vibrantes dans sa journée.
Obtenus à partir des données vibratoires connues au préalable (mesures ou bases de données mises à disposition), les résultats produits par la calculette permettent de situer l'exposition vibratoire d'un opérateur par rapport aux valeurs limites réglementaires. Les valeurs vibratoires déclarées dans les notices techniques des constructeurs sous-estiment parfois la sévérité de l'exposition réelle de certaines tâches.

Les mesures de prévention

Si la valeur obtenue est supérieure au seuil déclenchant l'action de prévention (2,5 m/s2), les articles R. 4443-2, R. 4445-1 et suivants détaillent les mesures techniques et organisationnelles à prendre pour réduire l'exposition et les risques qui en résultent :
• modifier les procédés et méthodes de travail ;
• choisir et mettre à disposition des machines moins vibrantes ;
• modifier la conception et l'agencement des lieux et des postes de travail ;
• informer les opérateurs sur les risques et les former pour qu'ils travaillent en sécurité et soient sensibilisés à l'importance du bon entretien des machines (affûtage, équilibrage, contrôle des systèmes antivibratiles éventuels…) ;
• choisir des équipements de protection appropriés et fournir aux travailleurs exposés des vêtements les mettant à l'abri du froid et de l'humidité ;
• prévoir une surveillance médicale renforcée des personnes concernées…
Conformément à l'article R. 4443-1 du Code du travail, si la valeur obtenue est supérieure au seuil limite d'exposition (5 m/s2), l'employeur doit immédiatement prendre des dispositions pour ramener l'exposition en dessous de cette valeur :
• le plus simple est alors de réduire la durée d’exposition de chaque travailleur ;
• prévoir des rotations de poste ;
• aménager des temps de récupération.

Les gants en question

Des gants dits « antivibrations » peuvent réduire les vibrations transmises par des machines telles que les ponceuses, mais pas celles provenant de matériels de type brise-béton. Dans tous les cas, leur efficacité n'est pas assez grande pour éliminer le risque vibratoire.

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