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Ecobuild a rassemblé début mars 2013, 60.000 visiteurs et 1500 exposants - © UBM/ECOBUILD 2013

Comment entreprises et industriels du bâtiment s'adaptent au "Green Deal" ?

Nicolas Rossato |  le 22/03/2013  |  EuropeEnvironnementPerformance énergétiqueRéglementation thermiqueSanté

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Le programme britannique en faveur de l’efficacité énergétique des bâtiments, entré en vigueur en janvier, était au centre de toutes les discussions lors du salon dédié à la construction durable, qui s’est déroulé à Londres du 5 au 7 mars. Le BEM a recueilli les premiers retours en provenance des entrepreneurs et industriels du BTP présents.

Quoi de mieux qu’Ecobuild 2013, le plus grand salon dédié à la construction durable au Royaume-Uni avec en moyenne 60.000 visiteurs et 1500 exposants, pour apprécier la réception faite au "Green Deal" ? Entré en vigueur le 28 janvier, après plusieurs années de débats, le plan du gouvernement de David Cameron en faveur des économies d’énergie dans le bâtiment, qui intervient dans un contexte de crise pour la construction, se veut un moyen de relancer l’activité du secteur. Avant même son lancement, le "Green Deal", qui repose sur un système novateur mais complexe (voir notre article), a suscité les critiques, certains anticipant même un échec.

Lors du salon, d’importantes entreprises n’ont pourtant pas hésité pas à afficher leur soutien au nouveau dispositif. Ainsi, le groupe de BTP britannique Carillion, via sa filiale "Energy Services" spécialisée dans la fourniture de services favorisant des économies d’énergie (conception des réseaux et installation) s’est positionné comme émissaire, promoteur et premier utilisateur du "Green Deal".

Green deal providers

Le groupe est officiellement "Green Deal provider", c’est-à-dire qu’il est apte à commander et à financer les travaux de rénovation pour le compte de propriétaires. « La mise en place du "Green Deal" peut se révéler compliqué pour les propriétaires », reconnait toutefois Chris Hall, "account director" chez Carillion Energy services. « Notre rôle est de l’expliquer. Le programme repose notamment sur la confiance entre propriétaires, fournisseurs d’énergie et financeurs. C’est cette confiance qui déterminera si le ?Green Deal” est un échec ou une réussite. » Carillion, en tout cas, veut y croire et a signé un partenariat, fin novembre 2012, avec la ville de Birmingham en vue de réaliser ce "Green deal". Le constructeur est chargé de commander les travaux et de financer de nouveaux équipements et solutions et  d’économie d’énergie dans 60 000 logements, notamment en améliorant l’isolation et en installant de nouvelles chaudières d’ici 2020. Les travaux sont réalisés par des entreprises locales, supervisées par Carillion. Celui-ci pourrait aussi prendre en charge deux écoles et d’autres bâtiments non résidentiels. La valeur de ce contrat-cadre avec Birmingham représente actuellement 600 millions de livres (690 millions d’euros), mais le marché pourrait être étendu à toute la région des West Midlands, pour atteindre potentiellement 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d’euros).

« C’est le premier contrat de ce type au Royaume-Uni », s’enthousiasme Chris Hall. « Nous sommes actuellement en discussion avec les villes de Manchester, Sheffield et de Londres pour nouer d’autres partenariats de ce type. » À Birmingham, le groupe compte profiter de ce partenariat pour faire la promotion de son système de chauffage EcoPod.

Si Carillion mise à fond sur le "Green Deal", Skanska reste plus mesuré. Le major du BTP suédois, bien implanté au Royaume-Uni, ne considère pas le nouveau programme de rénovation comme un marché clé. « Nous ne nous sentons pas particulièrement concernés par le "Green Deal" », indique Christopher Hayes, "sustainability manager" chez Skanska. « Le programme vient tout juste de débuter et, pour l’instant, il se concentre sur l’isolation, le chauffage et le vitrage dans le résidentiel privé. C’est assez restreint. Par ailleurs, les taux d’intérêt des prêts pour les travaux de rénovation sont élevés [NDR : entre 6,96% à 9,34%], ce qui peut décourager certains propriétaires. » Skanska garde toutefois un œil attentif sur le programme.

En effet, selon Christopher Hayes, « le "Green Deal" pourrait constituer un marché potentiel intéressant quand il s’ouvrira à l’ensemble du non-résidentiel, dont les bureaux et les commerces. Cette ouverture pourrait avoir lieu au second semestre de 2013, voire 2014. »

Les industriels de l'isolation se frottent les mains

À l’heure actuelle, ce sont surtout les industriels de l’isolation qui se réjouissent du "Green Deal". Isover, filiale dédiée du français Saint-Gobain, se prépare depuis un an à conquérir ce nouveau marché. Le groupe cherche à promouvoir principalement trois de ses gammes (suspente pour l’étanchéité à l’air avec Integra, système de doublage intérieur Optima et la membrane isolante Vario). « Nos produits sont particulièrement adaptés au marché de la rénovation britannique, car ils permettent de se raccrocher aux murs existants », souligne Tom Cox, "innovation manager" chez Isover UK. « Et avec près de 7,5 millions logements éligibles au "Green Deal", nous pensons pouvoir développer notre chiffre d’affaires au Royaume-Uni. Nous allons augmenter notre production en direction de ce pays. Par ailleurs, nous surveillons attentivement une nouvelle mesure du "Green Deal", qui sera effective dans deux ans. À partir d’avril 2016, les locataires eux-mêmes pourront demander aux propriétaires de faire les rénovations énergétiques. » Le marché pourrait donc s’étendre.

Même engouement sur le stand de la filiale britannique d’Actis, entreprise languedocienne spécialisée dans les isolants multicouches minces réfléchissants. « C’est une fantastique opportunité », s’exclame Matthew King, directeur d’Actif Royaume-Uni-Irlande. « Et nous anticipons un réel impact positif pour la vente de solutions d’isolation. Néanmoins, est-ce que cela sera suffisant pour débloquer complètement le marché britannique ? Il faut encore faire attention. La mécanique de prêt du "Green Deal" repose sur le propriétaire. Or, celui-ci ne doit pas s’effrayer des taux d’intérêt et doit pouvoir se projeter sur le long terme. Bien que nous soyons encore au démarrage du "Green Deal", il faut encore que la mécanique s’amorce. »

Si la longue mise en place et la complexité du "Green Deal" peuvent effrayer, la plupart des entreprises venues à Ecobuild 2013 commencent à sentir le potentiel et à roder leur communication. Les nouveaux mots d’ordre sont désormais partenariats et pédagogie avec les propriétaires.

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