Logement

Comment construire plus sans terrains : les aménageurs lotisseurs interpellent le gouvernement

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Gouvernement - Métier de l'immobilier

Le Syndicat des aménageurs lotisseurs (Snal) présentait ses vœux le 22 janvier à Paris. L’occasion pour son président, Roger Bélier, d’alerter une nouvelle fois les pouvoirs publics sur le risque de blocage du marché du foncier, pourtant clé de voute pour parvenir à l’objectif gouvernemental de construire 500 000 logements par an.

« 2012, une année contrastée ». Voilà en résumé le bilan de l’année écoulée fait par Roger Bélier, président du Syndicat des aménageurs lotisseurs (Snal) lors de ses vœux le 22 janvier à Paris. L’année a en effet été marquée par un temps politique fort, avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement, mais aussi une situation économique dégradée : la baisse significative des taux d’intérêt n’ayant pas empêché la baisse des crédits délivrés et la chute d’environ 20% de la production de logements. En termes de terrains aménagés, le Snal estime à 25% le recul de la production par rapport à 2011 tandis que les ventes de terrains à bâtir ont baissé de 16% au premier semestre et de 24 % au second. Dans un marché hypertendu, où les stocks sont très faibles et la demande forte, les prix se sont donc au mieux stabilisés, indique le syndicat.

 

Inquiétudes pour 2013

 

L’année 2013 ne s’annonce pas fameuse : eu égard à l’attentisme des clients (les délais de commercialisation ont augmenté de 30%, tout comme les délais de réitération des ventes chez le notaire), les ventes de logements neufs ne devraient pas dépasser 270 ou 280 000 unités, estime le Snal. Les aménageurs s’attendent d’ailleurs à ressentir dès le milieu de l’année un ralentissement des ouvertures à l’urbanisation, en raison des élections municipales de 2014. « Autant dire que la raréfaction des terrains va s’accentuer et avec elle la hausse des coûts », prévient le président du Snal.

Certes, « le nouveau gouvernement affiche une volonté forte de développer le logement et de remettre à plat le code de l’urbanisme », juge Roger Bélier. Mais « le Snal attend des signes forts et tangibles de sa part pour construire ». Cela doit se traduire, selon son président, par la mise en place d’un environnement juridique sécurisé et incitatif, par une fluidification du marché foncier et par la mise en cohérence des différentes politiques publiques (logement, décentralisation…). Aujourd’hui, « on va droit vers le blocage du marché foncier », estime-t-il.

Car pour l’instant, ses 300 adhérents ont surtout de grandes incertitudes pour l’année 2013 : par quoi sera remplacé le renforcement de la fiscalité des plus-values de cessions des terrains à bâtir qu’ils avaient largement dénoncé (le Snal plaidait pour une réelle inversion de la fiscalité afin de créer un système simple et dynamique poussant à la vente) et qui a été invalidé par le Conseil constitutionnel ? Jusqu’où ira la loi logement et urbanisme promise par la ministre Cécile Dulfot pour juin à l’issue des concertations express qui ont été engagées?

 

Pour construire plus, il faut plus de terrains

 

Les aménageurs lotisseurs s’inquiètent de voir érigé en dogme la notion d’artificialisation des sols, chère à Cécile Duflot. Pourtant, selon eux, le logement ne concourt qu’à 20% dans l’artificialisation des sols. Et densifier – solution martelée par la ministre – est plus facile à dire qu’à faire car nombre de maires ne veulent pas aller au-delà du R+3, notent les aménageurs lotisseurs.  

Plus concrètement, la concertation en cours a déjà permis aux professionnels du secteur de se prononcer contre le projet de supprimer les gisements fonciers inscrits dans les documents d’urbanisme mais non utilisés. Nombreux sont aussi ceux qui plaident pour parvenir à des règles d’urbanisme plus simples et opérationnelles. Outre la mise en place de plans locaux d’urbanisme intercommunaux, les aménageurs souhaitent également que les plans locaux de l’habitat couvrent l’ensemble des territoires afin de maîtriser la planification et d’éviter que les logements soient construits dans des secteurs non réglementés ne disposant pas des équipements publics pour les accueillir dans de bonnes conditions.

 

Enclencher un cercle vertueux

 

« Evitons les vues à très court terme : construire du logement est vertueux, cela crée des recettes pour l’Etat et des emplois » (1,7 pendant 15 mois), rappelle Roger Bélier. Mais d’ajouter : « comment peut-on vouloir construire 500 000 logements par an, un chiffre jamais atteint depuis quarante ans, sans dégager de terrains à bâtir supplémentaires ? ».

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    ....

    en développant des filières annexes !!! le grenelle de l’environnement vous empêchera de toute manière d’aller grignoter les terres agricoles.. l’expansion infini .. c’est finit .. il faut réinventer une certaine idée de la ville .. reconstruire la ville sur la ville .. Une filière comme BIMBY peut y aider LARGEMENT … outch .. il faut travailler dans la dentelle et sur des villes mais à petites échelles… les structure de promotion immobilière actuellement … en sont incapable .. pas par manque de volonté … mais ils sont inaptes STRUCTURELLEMENT à le faire… en plus, … mon dieu .. il devrait travailler avec des architectes… outch … les seuls à avoir une « vue » spatiale et travailler la ville sur la ville … bon courage ..
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