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Colmar augmente ses investissements

Laurent Miguet |  le 16/01/1998  |  Haut-RhinRénovationAménagementCultureTransports

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-La préfecture du Haut-Rhin (65 000 habitants) se concentre sur l'embellissement et le décongestionnement du centre-ville. -Désendettement et économies de fonctionnement permettent une croissance de 50 % du budget d'investissement.

La mise en lumière du centre de Colmar a symbolisé, pendant les fêtes de fin d'année, la politique municipale d'investissement : tout en augmentant les dépenses susceptibles de renouveler son image, la préfecture du Haut-Rhin parvient à en limiter l'impact fiscal. Les résultats dégagés par la régie municipale de distribution de gaz et d'électricité ont couvert une partie du budget de 7 millions de francs consacré à la mise en lumière conçue par Dullio Passariello et Jean-François Arnaud. L'Etat, la région, le département, la Fondation Timken (principale entreprise implantée dans la ville), l'académie des Arts de la rue et les hôteliers de Colmar ont également contribué à l'investissement, sans aucun impact sur le budget municipal.

« La section investissement du budget atteint désormais une moyenne de 170 millions de francs, contre 120 à 140 millions avant 1995 », se réjouit Fernand Cotleur, premier adjoint du député maire Gilbert Meyer. Une économie annuelle de 25 millions de francs a rendu possible ce boum, parallèlement à un allégement de la dette - 4 800 francs par habitant en 1997, contre 5 400 francs en 1995 - et à une économie de 25 millions de francs sur les frais de fonctionnement. La pression fiscale, elle, restera parallèle à l'inflation sur l'ensemble du mandat, après l'augmentation substantielle enregistrée en 1996. Le premier adjoint - dont la compétence couvre les affaires scolaires - souligne l'impact de cette politique sur les écoles de la ville : « Elaboré avec la participation des parents et des enseignants dans un livre blanc édité en 1995, le plan quinquennal de réhabilitation des écoles mobilise 5 millions de francs par an sur cinq ans, alors que ce budget s'établissait auparavant à 1,8 million de francs. »

Place Rapp : le grand projet de Gilbert Meyer

La restructuration de la place Rapp, grand projet d'urbanisme de l'actuel mandat municipal, offrira l'illustration la plus tangible du volontarisme de la ville : « Ce projet dormait dans les cartons depuis quinze ans », soupire Fernand Cotleur. Le jury municipal sélectionnera en ce début d'année la maîtrise d'oeuvre pour les aménagements de surface dont dépend en partie la nature des travaux souterrains que la ville concevra et pilotera. Trois équipes restent en lice : Edaw (mandataire) associé à Eloctral (éclairage) ; Peter (paysage) associé à Spitz/Jemming (architectes) et Passariello (éclairage) ; Mongiello-Plisson (architecte) associé à Catherine Linder (paysage) et Light Cible (éclairage). Le projet de 100 millions de francs porte sur un maximum de 1 000 places de stationnement souterrain, destinées à remplacer l'actuel parking de surface et à rendre son lustre au coeur de Colmar : la place Rapp forme le point de convergence entre les axes est-ouest et nord-sud qui ont donné naissance à la ville. Les travaux devraient démarrer en août prochain pour une durée de deux ans.

La réhabilitation du patrimoine historique de la ville - qui compte 53 édifices inscrits ou classés aux Monuments historiques - concourt également à l'embellissement de l'hypercentre. Colmar lancera en janvier les appels d'offres pour la maîtrise d'oeuvre de la rénovation de son « théâtre à l'italienne » construit en 1849. L'opération de 22,4 millions HT comprend la mise en sécurité et la rénovation des équipements techniques (10,1 millions), la modernisation et la mise aux normes des équipements scéniques (5,6 millions), ainsi que l'amélioration du confort du public (4,2 millions).

Cette rénovation, dont l'achèvement interviendra en 2000, enrichira l'offre de lieux de séminaires proposés par Colmar Espace-Congrès. Une autre opération programmée pour l'an prochain à hauteur de 12 millions concourt au même objectif : la rénovation de l'ancienne douane (le « Koïfhus »), un bâtiment du XVIe siècle destiné à accueillir des petits congrès ou des réceptions prestigieuses.

Eliminer le transit routier

La multiplication par trois du budget consacré à la voirie (7 millions de francs en 1995, 21 millions en 1996 et 1997) profitera également à l'embellissement de l'hypercentre : sur le modèle de la rue de Turenne, rénovée en 1997, la ville procède à une remise à neuf systématique de l'ensemble de son plateau piétonnier. Parallèlement, elle débarrasse les rues de tous ses réseaux aériens, dans le cadre d'un programme de 20 millions entre 1996 et 1998. Autour de l'hypercentre, l'aménagement d'une ceinture routière vise à préserver le quartier historique de tout transit routier. La création de 500 places de stationnement, programmée dans les deux ans dans la proche périphérie, complétera le nouveau plan de circulation qui mobilisera 10 à 15 millions de francs en 1998.

La volonté d'éliminer le transit routier se retrouve, à l'échelle de l'agglomération, dans les grands chantiers de l'actuel et du prochain contrat de Plan.

Dès l'année prochaine, la direction départementale de l'équipement (DDE) ouvrira les travaux préparatoires au tronçon nord de la rocade ouest, reliant le carrefour du Ladhof à celui de la déviation d'Ingersheim. Ce boulevard urbain de 190 millions de francs marque une rupture par rapport aux liaisons à deux fois deux voies imaginées lors des premières études.

L'administration a également innové dans sa communication sur le projet, comme en témoigne la diffusion des quelque 4 000 exemplaires de la « Lettre de la rocade ouest ». L'expression des riverains, au cours de l'été dernier, a permis au cabinet parisien Lavigne et à la DDE de répondre aux demandes de protection phonique et d'aménagements cyclables. Les commerçants et industriels de la zone de Houssen ont également obtenu une amélioration de leur desserte.

Dans la perspective du prochain contrat de Plan, le débat sur le prolongement de cette infrastructure se divisera en deux parties : l'ouest de la rocade, dont le département pourrait prendre la maîtrise d'ouvrage, l'Etat s'engageant à hauteur de 54 millions de francs sur un total estimé à 150 millions ; le barreau sud, dont le profil autoroutier justifie la requalification de la rocade ouest en boulevard urbain.

Vitaux pour le décongestionnement d'une ville qui a longtemps concentré le mécontentement des automobilistes alsaciens, ces projets inscrivent Colmar dans une dynamique d'agglomération également sensible dans le domaine du logement : un programme local de l'habitat en cours d'étude associerait Colmar à ses voisines. La concertation s'impose d'autant plus que la professionnalisation de deux unités militaires - la base aérienne de Colmar Meyenheim au sud, le 152e régiment d'infanterie au nord - crée des besoins de logements à l'échelle de l'ensemble du bassin. La construction de 97 studios d'étudiants, engagée par la Colmarienne du logement pour une livraison à la prochaine rentrée à la place d'un ancien entrepôt de Voies navigable de France, contribuera au rayonnement de la capitale du Haut-Rhin dans le bassin central de l'Alsace.

Une métropole d'équilibre entre Strasbourg et Mulhouse

Sur ce dernier point, le projet d'un syndicat mixte associant Colmar et Sélestat constitue le projet le plus ambitieux. Opposées sur le plan politique, les deux villes moyennes du bassin travaillent ensemble à l'élaboration des statuts de cette structure qui, dans un bassin de 500 000 habitants, associerait les communes et syndicats intercommunaux compris entre le piémont des Vosges et le Rhin. Le partage des retombées économiques des implantations induites par le syndicat mixte constitue l'obstacle le plus difficile à franchir pour l'aboutissement de ce projet, étroitement lié à une autre procédure en cours : la révision du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de l'agglomération de Colmar, dont la mise à enquête publique pourrait intervenir dès 1998.

PHOTOS :

La mise en lumière de Colmar conçue par Dullio Passariello et Jean-François Arnaud symbolise la politique municipale de réhabilitation et de rénovation du patrimoine historique.

Ci-dessus l'ancienne douane, le « Koïfhus », un bâtiment du XVIe siècle et ci-contre le théâtre à l'italienne construit en 1849.

Fernand Cotleur, premier adjoint du député maire Gilbert Meyer, affiche une section investissement du budget qui atteint désormais une moyenne de 170 millions de francs.

HLM : l'une réhabilite, l'autre construit

Priorité à la réhabilitation pour la Colmarienne du logement, priorité au neuf pour Colmar Habitat : deux stratégies diamétralement opposées distinguent les deux premiers bailleurs sociaux de la capitale du Haut-Rhin.

Avec un programme triennal de 530 logements PLA (prêts locatifs aidés) et 130 PLI (prêts locatifs intermédiaires) approuvé en septembre, Colmar Habitat engage un tournant historique. Forte d'un patrimoine de 1 800 HLM et 200 logements construits en accession à la fin des années 80, la coopérative de droit local, contrôlée par ses locataires depuis 1899, élargit son périmètre d'intervention dans un rayon de 20 km autour de la préfecture du Haut-Rhin. Ce nouveau territoire inclut Sélestat, l'autre ville moyenne du centre de l'Alsace, située dans le Bas-Rhin. « Nous sommes en négociation avancée, en vue d'un rapprochement avec la SA d'HLM de Sélestat qui détient 800 logements », explique Pierre Marschall, directeur de Colmar Habitat . L'ambitieux programme de construction neuve en phase de démarrage intervient après la satisfaction, au cours des dernières années, de 90 % des besoins de réhabilitation.

La Colmarienne du logement, Opac municipal fort d'un patrimoine de près de 6 000 logements et présidé par le député maire Gilbert Meyer, met au contraire la pédale douce sur les PLA jusqu'en 1999 : son conseil d'administration a approuvé, le 18 septembre, un programme de 600 réhabilitations à conduire dans les deux ans à venir.

Ces chantiers, dont le montant s'étale entre 20 000 et 85 000 francs par logement, s'ajoutent à une opération phare, à l'échelle régionale, cas unique en Alsace avec Mulhouse (pour le quartier des Coteaux) : les problèmes sociaux rencontrés dans l'ensemble immobilier du « Palais Royal » ont justifié son inscription au programme « 50 Quartiers HLM » de la Caisse des dépôts et consignations. La restructuration des 478 logements mobiliserait quelque 50 millions de francs.

Durant les trois phases de l'étude préalable menée par le cabinet Jemming-Spitz, deux tours de 75 logements - sur un total de 478 - ont focalisé l'attention du bailleur. L'Opac municipal espère le passage à une phase opérationnelle pour 1998. La recomposition du « Palais Royal » contribuerait à donner un nouveau visage au quartier de l'Europe, inscrit en zone de redynamisation urbaine. La Colmarienne gère 2 500 logements sur les 3 000 du quartier.

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Sécurité incendie : la ville et le département partagent leurs moyens

Le chantier de 70 millions de francs, lancé en novembre par le syndicat mixte pour la construction et la gestion de locaux et installations destinés aux services d'incendie et de secours, témoigne d'un souci d'économie partagé par la ville et le département du Haut-Rhin. Sous la conduite de la société d'économie mixte du Haut-Rhin (Semha), les architectes Dominique Montassut (mandataire) et Jean-Marie Martini, associés à Pingat Ingénierie et Terraplano, ont conçu un projet dédié à deux fonctions distinctes : les nouveaux locaux de 17 000 m2 serviront à la fois de centre de secours principal pour les pompiers de Colmar et de service départemental d'incendie et de secours. Sogea Est réalise le gros oeuvre. Seuls restent à attribuer les lots menuiseries et de sols intérieurs.Cette hétérogénéité a conduit les architectes à concevoir leur projet comme un « morceau de ville ». Le site, à l'entrée nord de l'agglomération les a incités à confier au bâtiment la fonction d'un signal de l'entrée dans la ville.

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Le port de Colmar-Brisach à la conquête du marché des conteneurs

L'extension des capacités du troisième port rhénan d'Alsace répond à une demande identifiée en début d'année, à la suite d'une étude de marché conduite par la chambre de commerce et d'industrie de Colmar et du Centre-Alsace auprès des entreprises de plus de 100 salariés des arrondissements de Colmar, Ribeauvillé et Guebwiller : « 75 % des conteneurs provenant de la mer du Nord ou se dirigeant dans sa direction utilisent la route. Seuls 25 % d'entre eux se servent de la voie navigable, à partir de Strasbourg ou Ottmarsheim », constate Jean Jacquey, directeur des équipements à la chambre de commerce et d'industrie (CCI), qui exploite l'infrastructure portuaire de Colmar-Brisach. Cette enquête, qui fait état d'une progression annuelle de 15 % du trafic de conteneurs, a conduit à un projet de convention relatif à la construction d'un « terminal pour conteneurs et colis semi-lourds », en cours de signature par l'Etat et les membres de l'établissement public propriétaire du site : CCI, conseil général, ville de Colmar et Sivom de la Hardt-Nord. Alors que la capacité actuelle se limite à 1 000 unités de 20 pieds (UVP) par an, la nouvelle infrastructure, d'un montant proche de 10 millions de francs, permettrait au port de faire face à un trafic de 30 000 UVP. Les travaux s'étaleraient entre 1998 et 1999.

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