Energie

Colloque SER: Nathalie Kosciusko-Morizet réaffirme l’ambition du gouvernement

Nathalie Kosciusko-Morizet a manifesté clairement son engagement et sa détermination en faveur des énergies renouvelables, face aux professionnels du secteur venus nombreux, le 1er février, au 12ème colloque du Syndicat des Energies Renouvelables. Des acteurs qui ne demandent qu’à être convaincus de la stabilité du prochain cadre réglementaire.

« Les derniers mois n’ont pas été faciles, car nous avons dû prendre des décisions qui ont soulevé des inquiétudes. Mais malgré ces décisions, l’ambition du gouvernement en faveur des énergies renouvelables est intacte », a assuré la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Plus que des inquiétudes, ce moratoire a été qualifié par le Président sortant du SER, André Antolini (qui sera remplacé en mars prochain par Jean-Louis Bal de l’Ademe) de « coup très dur psychologiquement et économiquement pour beaucoup d’entreprises de cette filière ». Et de préciser qu’il « est essentiel que l’on sorte dans des conditions acceptables ». André Antolini plaide pour l’instauration d’un tarif de transition alors que des changements drastiques risquent de s’opérer. « Il serait assez paradoxal de voir les projets, à l’heure actuelle bloqués dans la file d’attente (suite au moratoire) considérés au même tarif que les nouveaux projets qui arrivent après la mise en place du nouveau cadre législatif. Une question de justice ! ».

Visibilité et stabilité

Reprenant l’argument de l’ensemble des acteurs de la filière selon lequel il faut apporter au marché une visibilité crédible et suffisante sur le moyen et long terme, NKM a reconnu qu’il y avait eu « trop de modifications » dans le système de soutien public à l’énergie solaire mais que ce problème d’ajustement de soutien était aussi rencontré par les pays voisins » de la France.
Il est clair que la stabilité et la « prévisibilité », nécessaires au développement du marché, sont les principaux sujets de préoccupation. D’ailleurs certains industriels attendent des précisions sur l’avenir des aides publiques avant de lancer leur projet (NDLR : comme First Solar qui projette de construire une usine de panneaux solaires dans la banlieue bordelaise pour un investissement de 96 millions d’€ et avec à la clé la création de 400 emplois).

Un nouveau label

NKM a aussi justifié la nécessité de réformer le dispositif actuel par le fait que l’importation de panneaux solaires creusait le déficit commercial de la France. Citant un déficit de 1,5 milliard d’euros en 2010 généré par l’importation de panneaux solaires, elle a estimé que c’était « un chiffre dont nous ne pouvons pas nous satisfaire ». « Nous ne pouvons imaginer que nous allons construire une industrie compétitive dans notre pays en ruinant les entreprises ou en favorisant par des prix exagérément tirés vers le bas l’importation de matériel fabriqué dans des pays où les coûts sont bien plus faibles, martèle André Antolini. Nous devons faire preuve d’imagination et d’intelligence pour que notre système de soutien profite à nos entreprises ». D’où l’idée de développer un label, à l’image de Flamme Verte pour les appareils de chauffage au bois, qui offrirait aux entreprises des normes de qualité et de durabilité plus exigeantes que celles qui existent aujourd’hui. Ce nouveau label devrait sortir d’ici 3 mois.
Les Français sont prêts à accepter sur leur facture une part importante de contribution aux énergies renouvelables, NKM en fait le pari. Mais le manque de transparence brouille les cartes. Le Président du SER estime que l’Etat aurait intérêt, pour justifier sa politique, à mener auprès des consommateurs-payeurs une communication claire sur les coûts et les bénéfices des opérations.

 

 

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  • - Le

    photovoltaique indépendance et remplacement des primes agricoles

    Bonjour, plus que le cout de cette forme d’ énergie ( solaire) il faut penser qu’ elle nous assure une plus grande indépendance, une vulnérabilité moindre en cas de confli, on pourrait réfléchir au remplacement , volontaire, des primes agricoles par des revenus du solaire, pour sauver nos agriculteurs. Ils ne feraient plus figure de profiteurs-polueurs, mais de producteurs-écologistes… qu’ en pensez-vous?
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