Entreprises de BTP

Colas Mayotte : quelle issue pour la grève qui dure ?

Mots clés : Entreprise du BTP - Ouvrage d'art - Travail

Les 5 semaines de blocage du site de l’entreprise ont été émaillées d’incidents. La direction de Colas a dénoncé ces « flambées de violences » mais s’est dite prête à faire des concessions. Elle réclame comme préalable la levée des barrages avant une réunion fixée le 12 juin.

Depuis 5 semaines, plus de 150 salariés de la filiale de Colas à Mayotte, qui compte 500 employés, sont en grève.

Objet de leur mobilisation : des salaires trop bas et des retraites trop faibles. En effet, actuellement, affirme le délégué CGT Moussa Ben Youssouf, un salarié qui partirait à la retraite ne toucherait qu’entre 300 et 600 euros par mois.

Les grévistes réclament donc une augmentation salariale de 300 euros mensuels ainsi que la mise en place d’une retraite complémentaire. Des sommes qui « n’ont pas été demandées au hasard » mais calculées avec un expert-comptable, assure Moussa Ben Youssouf. « Avec le chiffre d’affaires et les bénéfices qu’ils font, ce n’est rien pour eux », affirme-t-il.

 

Incidents

 

Les cinq semaines de conflit ont été émaillées d’incidents. Le site principal, où est implantée la direction, est bloqué depuis plusieurs semaines par les grévistes et quatre salariés ont été condamnés par la justice pour avoir porté atteinte à la liberté de travailler et de circuler.

Dans un communiqué publié jeudi 8 juin, après plusieurs jours de silence, la direction de Colas a dénoncé « une flambée des violences ». « Depuis le 9 mai, Colas Mayotte et la très large majorité de ses 572 salariés subissent l’entrave d’une minorité de collaborateurs, qui bloquent l’accès des sites de Kawéni », affirme la direction, qui précise qu' »une quinzaine de collaborateurs » serait à l’origine des troubles. La direction de Colas rapporte également des « menaces verbales et agressions physiques auprès des collaborateurs du siège et du personnel travaillant sur des chantiers, des voitures et des locaux dégradés, du matériel vandalisé et incendié ».

 

Concessions contre fin des barrages

 

Moussa Ben Youssouf a reconnu que les locaux du site bloqué avaient subi des dégradations mais n’a pas confirmé, en revanche, que les grévistes soient les auteurs de l’incendie d’un camion de l’entreprise la semaine dernière. Enfin les chantiers ne sont pas arrêtés mais « ça tourne au ralenti », a-t-il précisé

Dans son communiqué, la direction de Colas indique qu’elle a proposé « une augmentation des salaires au-delà des accords de branche et la mise en place d’une prime de 200 euros » ainsi que l’organisation d’une réunion le 12 juin « afin de poursuivre les travaux visant à la mise en place d’une couverture santé complémentaire, sous réserve que les barrages devant le siège de l’entreprise soient levés et que les intimidations sur le personnel non-gréviste cessent ».

La direction n’avait pas souhaité assister à la commission de conciliation souhaitée par le préfet de Mayotte le 6 juin pour des « raisons de sécurité » et « face à la recrudescence et à la gravité des violences qui touchent les collaborateurs ».

 

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