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Classifications professionnelles et salaires conventionnels des industries des carrières et matériaux de construction

le 04/09/2008

Accord du 10 juillet 2008 applicable au 1er janvier 2010 Entre l’unicem et la CFDT et la FO

Entre les parties soussignées :

– L’Union nationale des industries de carrières et matériaux (UNICEM), agissant tant pour son propre compte qu’au nom et pour le compte de la Fédération de l’Industrie du Béton, du Syndicat des Fabricants d’Isolants en Laines Minérales Manufacturées, l’Association Syndicale Professionnelle Minéraux Industriels France pour ce qui concerne exclusivement les Producteurs de Silice pour l’Industrie, d’une part,

Et

– les Organisations syndicales de salariés ci-après désignées :

• la Fédération Nationale des Salariés de la Construction et du Bois (CFDT)

• la Fédération Générale Force Ouvrière Matériaux – Céramique – Thermique (FG-FO) d’autre part,

Il a été convenu ce qui suit :

Préambule

Se référant à l’accord national professionnel du 22 décembre 1998, les partenaires sociaux de la branche « Carrières et Matériaux de Construction » ont engagé une négociation paritaire portant sur la révision des classifications professionnelles des Ouvriers, des ETAM et des Cadres.

Leur objectif a été de mettre en place un système mieux adapté à la réalité des emplois et à leur évolution, favorisant le développement des compétences, la promotion sociale des salariés et la reconnaissance des acquis de la formation et de l’expérience professionnelle.

Par cet objectif, ils ont voulu mettre en œuvre les moyens propres à mieux valoriser les métiers de la profession, notamment auprès des jeunes, développer l’évolution des parcours professionnels au sein de l’entreprise, et favoriser la reconnaissance des compétences au sein de la branche, dans le respect du principe d’égalité entre les femmes et les hommes.

Parallèlement à l’adoption de nouvelles classifications professionnelles, les parties signataires ont souhaité procéder à la définition et à la fixation de nouveaux salaires minimaux conventionnels.

Titre INouvelles classifications professionnelles

Chapitre 1Principes généraux

Le nouveau dispositif de classifications professionnelles des salariés femmes et hommes de la branche Carrières et Matériaux de Construction est un dispositif global et commun aux Ouvriers, Employés, Techniciens, Agents de maîtrise (ETAM), et aux Cadres.

Il est conçu sur la base de niveaux de qualification et un positionnement des salariés en échelons, à l’intérieur de chacun de ces niveaux.

De par la diversité des entreprises de la branche, et afin de faciliter le positionnement des salariés, des emplois-repères et leurs fiches descriptives sont définis. Leur positionnement dans les niveaux de la classification est préétabli à l’aide d’une grille de critères classants au sein d’une carte des emplois-repères.

Article 1.1 – Les niveaux de qualification

La grille de classification des emplois comprend 10 niveaux établis en fonction des compétences requises.

Ces 10 niveaux de qualification se répartissent de la manière suivante :

?Niveaux 1 à 4 : Ouvriers - Employés

?Niveaux 5 à 7 : Techniciens - Agents de maîtrise

? Niveaux 8 à 10 : Cadres

Les niveaux de qualification ont pour objet de permettre le positionnement des emplois, étant précisé que le positionnement du salarié à l’intérieur d’un niveau se fait par l’intermédiaire des échelons.

Article 1.2 – Les échelons

Les échelons ont pour objet de prendre en compte la situation individuelle de chaque salarié au regard de l’emploi qu’il occupe.

La progression du salarié au sein des échelons est fonction de l’évolution de ses compétences et de ses aptitudes dans l’exercice de son activité professionnelle.

Les niveaux 1 à 7 comportent 3 échelons par niveau, à l’exception du niveau 1, qui ne comporte que 2 échelons.

Les niveaux 8 et 9 comportent respectivement 3 et 2 échelons.

Le niveau 10 comporte 2 échelons.

Article 1.3 – Les critères classants

Afin de déterminer le positionnement des emplois au sein des niveaux de qualification, des critères classants sont définis pour les niveaux 1 à 7 compris.

Ces critères classants sont définis à partir de 4 grands thèmes, subdivisés en sous thèmes. Ces critères sont les suivants :

? La compétence

– connaissances techniques théoriques

– connaissances produit/process

– temps d’adaptation et/ou d’expérience

– sécurité/environnement/qualité

? Le système de contrôle

– contrôle

– autonomie

– initiative

? Le management

– répartition du travail, animation ponctuelle d’équipe, formation et encadrement

? Les relations fonctionnelles

– relations internes

– relations externes

A partir d’une analyse de son contenu, chaque emploi exercé est positionné sur un niveau de qualification en procédant à son évaluation à partir des 10 critères classants ci-dessus énoncés, valorisés de 1 à 7.

La grille complète des critères classants et son lexique sont reproduits en annexe I au présent accord.

Article 1.4 – Les fiches des emplois-repères

Afin de faciliter la classification des emplois, des emplois-repères sont définis pour les niveaux 1 à 7 compris. Ils sont considérés comme représentatifs des activités et des compétences nécessaires au fonctionnement des entreprises de la branche professionnelle.

Chaque emploi-repère est défini sous son intitulé le plus courant dans les entreprises. Il est accompagné d’une fiche décrivant les missions principales relevant de l’emploi et les compétences nécessaires pour exercer cet emploi.

Article 1.5 – Les filières professionnelles

Afin de permettre une meilleure visualisation du parcours de promotion sociale, les emplois-repères sont regroupés au sein de 12 filières professionnelles représentatives des grandes activités de la branche professionnelle.

Article 1.6 – La carte des emplois-repères

La carte des emplois-repères permet d’identifier le positionnement des emplois-repères au sein des filières professionnelles et sur les niveaux de qualification par l’application de la grille des critères classants.

Elle doit être considérée comme un outil propre à faciliter la classification des salariés. Elle prédétermine le positionnement de tout emploi conforme à la définition de l’emploi-repère. Pour les emplois ne correspondant pas à l’un des emplois-repères, le positionnement dans la classification se fait par application des seuls critères classants. Elle ne constitue pas un document exhaustif, notamment pour ce qui concerne les emplois relevant des niveaux 6 et 7, compte tenu de la diversité des organisations au sein des entreprises.

La carte des emplois-repères figure en annexe II au présent accord.

Article 1.7 – Le positionnement des Cadres

Les Cadres au sens de l’article 1 de la convention collective des cadres du 6 décembre 1956, relèvent des niveaux 8 à 10 de la classification.

Le niveau 8 comprend 3 échelons ; le niveau 9 comprend 2 échelons ; le niveau 10 comprend 2 échelons.

Le positionnement des emplois des Cadres s’établit selon le tableau ci-après défini.

Niveau 8 (3 échelons)

– Echelon 1 : Echelon d’accueil du Cadre débutant diplômé de l’enseignement supérieur (niveau I et II de l’Education Nationale).

– Echelon 2 : Cadre diplômé confirmé dans sa fonction ayant acquis 3 ans d’expérience. Accès des Techniciens et Agents de maîtrise au statut des Cadres par la promotion interne.

– Echelon 3 : Cadre expérimenté qui engage l’entreprise avec une autonomie limitée à sa spécialisation.

Niveau 9 (2 échelons)

– Echelon 1 : Bénéficiant d’une autonomie attachée à son domaine d’activité, le Cadre a la responsabilité de la gestion et des résultats de son domaine d’activité.

– Echelon 2 : Bénéficiant d’une autonomie étendue attachée à son domaine d’activité, le Cadre a la responsabilité complète de la gestion et des résultats de son domaine d’activité.

Niveau 10 (2 échelons)

Cadre participant effectivement à la définition et à la mise en œuvre des stratégies globales de l’entreprise.

Cadre assumant la responsabilité d’un domaine d’activité, et qui, de ce fait, a à maîtriser l’ensemble des contraintes concernant ce domaine et à concevoir et réaliser l’adaptation permanente de ces contraintes aux stratégies de l’entreprise, qu’il contribue à définir.

Le niveau 10 comprend un échelon 1 et un échelon 2.

Le positionnement du cadre dans l’un ou l’autre échelon dépend de la taille et de l’organisation de l’entreprise, des responsabilités, de l’expertise et du niveau de management confiés au cadre.

Chapitre 2Evolution des salaries au sein des niveaux et des échelons

Article 2.1 – Principe

L’évolution professionnelle des salariés au sein de l’entreprise, au travers des niveaux et des échelons, nécessite une appréciation régulière de leurs compétences.

Le passage d’un niveau à un niveau supérieur est fonction du développement des missions exercées par le salarié dans son emploi, rendu possible à la suite d’une action de formation professionnelle, ou grâce à l’expérience acquise et à la maîtrise d’une ou plusieurs autres compétences.

Le passage d’un échelon à un autre est fonction de l’évolution des compétences et des aptitudes du salarié dans l’exercice de son activité professionnelle.

Il est convenu que l’échelon 1 de chaque niveau constitue le seuil d’accueil dans le niveau correspondant.

A l’issue d’une période de pratique professionnelle effective dans cet échelon, le salarié est classé à l’échelon 2, qui valorise une bonne maîtrise de la fonction.

Cette période de pratique professionnelle effective dans l’échelon 1 ne doit pas excéder :

1 an, pour les niveaux 1 et 2

2 ans, pour les niveaux 3, 4 et 5

3 ans, pour les niveaux 6 et 7

Le passage à l’échelon 3 est subordonné :

• soit à l’exercice habituel :

– d’une fonction de tutorat, notamment d’un salarié en contrat de formation par alternance,

– ou d’une mission de formation en situation professionnelle d’un autre salarié,

• soit à la reconnaissance d’une expertise particulière,

• soit à la pratique complète d’un emploi de même niveau, autre que l’emploi principal du salarié.

Article 2.2 – Modalités

La situation individuelle des salariés fait l’objet d’un examen périodique, dont les modalités sont définies au sein de chaque entreprise, selon les dispositions prévues lors de la mise en place des classifications.

Cet examen, réalisé à l’occasion de l’entretien professionnel prévu par l’accord interprofessionnel du 5 décembre 2003, permet à chaque salarié de faire le point avec l’employeur, ou son représentant habilité, sur ses possibilités d’évolution dans la classification professionnelle au regard des compétences acquises et du développement de ses aptitudes et responsabilités, et compte tenu des opportunités existant dans l’entreprise.

Il est également l’occasion d’envisager les actions de formation propres à favoriser l’évolution professionnelle du salarié au sein de l’entreprise, et notamment vers d’autres filières professionnelles.

Tout salarié ayant suivi une action de formation ayant pour objet son développement professionnel, à l’exclusion des formations d’adaptation au poste et de celles rendues obligatoires par la réglementation, peut demander à l’employeur que soit réexaminée sa situation individuelle au regard de sa promotion sociale, et notamment de sa classification professionnelle.

En tout état de cause, si à l’issue d’une période maximale de 3 années le salarié constate qu’il n’a pas évolué dans la classification professionnelle, il a le droit de demander à l’employeur un nouvel examen de sa situation professionnelle au sein de la classification et de l’entreprise. Lors de cet examen, l’employeur ou son représentant examine avec le salarié les mesures utiles à son évolution professionnelle, notamment par la formation ou la mobilité, de préférence interne à l’établissement.

Lorsque le salarié formule par écrit une demande motivée d’un nouvel examen de sa situation, l’employeur doit y répondre dans les mêmes formes en cas de refus de sa part.

Article 2.3 – Cas particulier de l’accès à un emploi de Cadre

Sous réserve du principe selon lequel le passage au statut des Cadres relève de l’entreprise, en fonction notamment de sa taille et de son organisation, les parties signataires souhaitent favoriser l’accès des Techniciens et des Agents de maîtrise vers des fonctions relevant du statut des Cadres.

A cet effet, tout salarié positionné au moins au niveau 7 – échelon 2, depuis au minimum 3 ans, pourra demander à son employeur un examen de sa situation, afin de définir en commun ses possibilités d’évolution vers un poste de niveau 8, compte tenu de ses compétences acquises, de ses aptitudes à exercer un emploi de Cadre, et des actions de formation éventuellement nécessaires pour faciliter son accès à une fonction relevant du statut des Cadres.

Chapitre 3Prise en compte des certificats de qualification professionnelle (C.Q.P.) et des diplômes

Article 3. 1 - Obtention d’un C.Q.P. par la voie de la formation professionnelle

Tout salarié ayant obtenu un C.Q.P. à l’issue d’une formation professionnelle, et qui occupe un emploi dont le contenu est conforme à l’emploi-repère, bénéficie de plein droit du niveau attaché à l’emploi-repère correspondant au C.Q.P. Il est classé à l’échelon 1 de ce niveau pendant la durée d’adaptation requise pour accéder à l’échelon supérieur.

Dans l’hypothèse où le salarié n’occupe pas immédiatement l’emploi correspondant au C.Q.P. obtenu, pour des raisons indépendantes de son propre fait, il conserve sa classification professionnelle jusqu’au moment où il occupe l’emploi correspondant au C.Q.P. Il bénéficie néanmoins du salaire minimal conventionnel correspondant à l’échelon 2 du niveau immédiatement inférieur à celui de l’emploi-repère, puis, à l’issue d’une période de 12 mois au maximum, du salaire minimal conventionnel applicable à l’échelon 1 du niveau attaché à l’emploi-repère correspondant au C.Q.P. Cette période de 12 mois est ramenée à 6 mois au maximum pour les C.Q.P. relevant d’un niveau inférieur au niveau 5.

Article 3.2 - Obtention d’un C.Q.P. par la voie de la Validation des Acquis de l’Expérience (V.A.E.)

Tout salarié ayant obtenu un C.Q.P. dans le cadre d’une démarche de Validation des Acquis de l’Expérience menée en application de l’accord national professionnel du 27 novembre 2002, et qui occupe un emploi dont le contenu est conforme à l’emploi-repère, bénéficie de plein droit du niveau attaché à l’emploi-repère correspondant au C.Q.P. Il est classé à l’échelon 2 de ce niveau, sauf si la durée de sa pratique professionnelle dans l’emploi est inférieure à celle fixée à l’article 2-1, auquel cas il est classé à l’échelon 1 de ce même niveau.

Dans l’hypothèse où le salarié n’occupe pas immédiatement l’emploi correspondant au C.Q.P. obtenu, pour des raisons indépendantes de son propre fait, il conserve sa classification professionnelle jusqu’au moment où il occupe l’emploi correspondant au C.Q.P. Il bénéficie néanmoins du salaire minimal conventionnel correspondant à l’échelon 1 du niveau attaché à l’emploi-repère correspondant au C.Q.P.

Article 3.3. – Prise en compte des diplômes dans les classifications

Leur entrée dans l’entreprise, les salariés titulaires de l’un des diplômes suivants seront classés, pour l’emploi correspondant à la spécialité du diplôme qu’ils mettent en œuvre effectivement, conformément aux dispositions ci-après :

• Niveau 3 : C.A.P. – B.E.P.

• Niveau 4 : Baccalauréat à finalité professionnelle – Brevet Professionnel

• Niveau 5 : B.T.S. ou D.U.T.

Article 3.4 – Dispositions ultérieures

La classification minimale garantie aux titulaires de CQP ou de titres et diplômes professionnels créés postérieurement au présent accord sera déterminée par la Commission Paritaire Nationale de l’Emploi des Carrières et Matériaux de Construction à partir d’éléments d’appréciation qui lui seront fournis par le Conseil de Perfectionnement de la Formation Continue, et formalisée par un accord collectif.

Chapitre 4Procédure de mise en place des classifications dans les entreprises

Article 4.1 - Délai de mise en place dans les entreprises

Les présentes classifications entreront en vigueur le 1er janvier 2010, date à laquelle le présent accord s’appliquera de plein droit.

Le délai s’écoulant entre la date de signature du présent accord et l’entrée en vigueur des nouvelles classifications constitue le délai dont disposent les entreprises pour classer les emplois du personnel Ouvrier, ETAM et Cadre d’après la nouvelle grille de classification, sous réserve des dispositions prévues à l’article 4-4.

Durant la période transitoire, les dispositions antérieures continueront de s’appliquer.

Article 4.2 - Procédure de mise en place dans les entreprises pourvues de délégués syndicaux

Dans les entreprises pourvues de délégués syndicaux, une commission technique de suivi sera mise en place par voie d’accord d’entreprise qui devra définir :

– les modalités d’information de la Commission technique de suivi et des institutions représentatives du personnel sur le dispositif d’ensemble et son application dans l’entreprise, notamment au moyen du guide de mise en place,

– le calendrier de mise en œuvre,

– les modalités selon lesquelles les catégories d’emploi existant dans l’entreprise seront positionnées dans la classification,

– la composition et les modalités de consultation de la commission technique de suivi,

– les modalités d’information personnalisée des salariés quant à leur nouvelle classification,

– les modalités de recours des salariés.

L’accord d’entreprise devra être négocié et mis en place dans un délai maximal de 6 mois à compter de la signature du présent accord de branche.

Si, à l’issue de la négociation, les partenaires sociaux dans l’entreprise n’ont pu aboutir à un accord, les dispositions de l’article 4-3 ci-après seront applicables. Dans cette hypothèse, les organisations syndicales de l’entreprise seront associées à la procédure d’information et de consultation prévue à l’article 4-3.

Article 4.3 – Procédure de mise en place dans les entreprises dépourvues de délégués syndicaux

Dans les entreprises dépourvues de délégués syndicaux, l’employeur devra assurer l’information et la consultation du comité d’entreprise ou, à défaut, des délégués du personnel sur :

– le dispositif d’ensemble et son application dans l’entreprise, notamment au moyen du guide de mise en place,

– le calendrier de mise en œuvre,

– les conditions dans lesquelles les catégories d’emploi existant dans l’entreprise seront positionnées dans la classification,

– les modalités d’information personnalisée des salariés quant à leur nouvelle classification,

– les modalités de recours des salariés.

Les représentants élus du personnel seront informés et consultés régulièrement tout au long de la phase de mise en place des classifications.

Article 4.4 – Information des salariés

L’employeur devra informer par écrit chaque salarié de sa nouvelle classification telle qu’elle résulte du nouveau dispositif conventionnel, ainsi que de ses possibilités de recours, au plus tard le 30 septembre 2009.

Article 4. 5 – Conséquences du nouveau classement

Il est entendu qu’il n’y a aucune concordance entre l’ancien et le nouveau système de grille de classification.

Lors de la mise en application de la nouvelle classification professionnelle, la classification affectée au salarié n’entraînera aucune remise en cause de la Convention collective dont il relevait jusqu’alors, du seul fait du changement de classification.

Article 4.6 – Contestation et recours par le salarié

En cas de contestation individuelle de sa nouvelle classification, le salarié pourra demander à l’employeur un réexamen de sa situation. Sa demande devra être motivée et formulée par écrit dans les 30 jours de la notification de sa classification.

Dans un délai d’un mois à compter de sa saisine, l’employeur devra faire connaître, par écrit, sa décision motivée, après avoir eu avec le salarié un entretien pris sur le temps de travail et rémunéré comme tel. Lors de cet entretien, le salarié pourra se faire assister par une personne de son choix appartenant à l’entreprise.

Les litiges individuels éventuels devront être traités en priorité au sein de l’entreprise, notamment par l’intermédiaire des délégués du personnel.

Article 4.7 – Commission nationale de suivi et de recours dans la branche

Une commission nationale de suivi et de recours sera créée dans la branche. Elle sera composée de 2 représentants par organisation syndicale de salariés et d’un nombre égal de représentants des employeurs.

Elle aura pour mission de s’assurer de la mise en application de l’accord dans les entreprises, au besoin par voie d’enquête auprès des entreprises de la branche, de veiller au respect de la méthode de classification définie par l’accord, d’interpréter les textes sur la demande motivée de l’un des partenaires sociaux et de dresser un bilan à l’issue du terme du délai d’application, sur la base notamment des informations qui auront été recueillies et transmises par les partenaires sociaux lors des réunions paritaires régionales.

Elle se réunira en tant que de besoin à l’initiative de la partie la plus diligente, et en tout état de cause au cours du 1er trimestre 2010.

Titre IISalaires minimaux conventionnels

Article 5 – Egalité salariale entre les hommes et les femmes

Les partenaires sociaux s’engagent à ouvrir dans le courant de l’année 2009 une négociation sur les mesures tendant à assurer l’égalité salariale entre les hommes et les femmes et à définir, le cas échéant, les mesures permettant de supprimer les écarts de rémunération pouvant exister entre eux.

Article 6 – Rémunérations minimales mensuelles garanties pour les niveaux 1 à 7

A compter de la date d’entrée en vigueur des nouvelles classifications professionnelles, il est institué des rémunérations minimales mensuelles garanties pour les niveaux 1 à 7 compris de la classification professionnelle.

Elles sont définies par niveaux et par échelons.

Ces rémunérations mensuelles garanties constituent les salaires minimaux conventionnels au-dessous desquels les salariés ne peuvent être rémunérés.

Elles sont établies sur la base de la durée légale du temps de travail, soit 35 heures par semaine ou 151,67 heures par mois.

La rémunération mensuelle garantie comprend tous les éléments bruts de rémunération, y compris les avantages en nature, à l’exception :

– des sommes ayant le caractère de remboursement de frais,

– de la rémunération des heures supplémentaires,

– des majorations prévues par la convention collective pour travail exceptionnel de nuit, du dimanche et des jours fériés,

– de la prime d’ancienneté pour ceux qui en bénéficient,

– des primes, indemnités et gratifications à périodicité autre que mensuelle,

– de la prime de vacances conventionnelle,

– des sommes versées au titre de l’intéressement, de la participation aux résultats de l’entreprise et de l’épargne salariale.

En cas de travail à temps partiel, la rémunération mensuelle garantie est calculée proportionnellement à l’horaire de travail, non comprises les heures complémentaires.

Article 7 – Rémunérations minimales annuelles garanties pour les niveaux 8 à 10

A compter de la date d’entrée en vigueur des nouvelles classifications professionnelles, il est institué des rémunérations minimales annuelles garanties pour les niveaux 8 à 10 de la classification professionnelle. Elles constituent les salaires minimaux conventionnels au-dessous desquels les Cadres ne peuvent être rémunérés.

Le barème des rémunérations annuelles garanties est établi sur la base de la durée légale du temps de travail, soit un horaire hebdomadaire moyen de 35 heures ou un forfait de 218 jours sur l’année.

La rémunération annuelle garantie comprend tous les éléments bruts de rémunération acquis par le salarié dans le cadre d’une année civile, y compris les avantages en nature, à l’exception :

– des sommes versées au titre de l’intéressement des salariés, de la participation des salariés aux résultats de l’entreprise et de l’épargne salariale,

– des sommes ayant le caractère de remboursements de frais,

– de la rémunération des heures supplémentaires,

– des majorations prévues par la convention collective pour travail exceptionnel de nuit, du dimanche et des jours fériés,

– des primes et gratifications ayant un caractère aléatoire ou exceptionnel, dont les conditions d’attribution et les modalités de calcul ne sont pas prédéterminées,

– des éventuelles régularisations effectuées au titre de l’année N –1.

En cas d’entrée ou de départ en cours d’année, de changement de classification, ainsi qu’en cas d’absence indemnisée ou non, la rémunération annuelle garantie est calculée prorata temporis. Le même calcul prorata temporis est effectué pour les salariés à temps partiel, non comprises les heures complémentaires.

A la fin de chaque année civile, l’employeur doit vérifier que le montant total de la rémunération annuelle brute du salarié est au moins égal au minimum annuel conventionnel auquel il peut prétendre.

A défaut, l’employeur doit procéder à une régularisation au plus tard à la fin du premier mois de l’année suivante.

Article 8 – Détermination des salaires minimaux conventionnels

Il est convenu que les rémunérations minimales mensuelles garanties des niveaux 1 à 7 compris sont négociées paritairement au niveau régional, une fois par an au minimum. Un bilan des négociations régionales sera fait au niveau national une fois tous les 3 ans.

Les rémunérations minimales annuelles garanties des niveaux 8 à 10 sont négociées paritairement au niveau national, une fois par an au minimum.

Toutefois, afin que l’entrée en vigueur des nouvelles classifications professionnelles s’accompagne de nouveaux salaires minimaux conventionnels, les partenaires sociaux ont décidé de fixer, pour la première fois, un barème national de salaires minimaux conventionnels. Ce barème prend effet à compter du 1er janvier 2010 et s’établit comme suit :

Rémunérations minimales mensuelles garanties des niveaux 1 à 7

Niveau 1

. Echelon 1 : 1.350 €

. Echelon 2 : 1.370 €

Niveau 2

. Echelon 1 : 1.376 €

. Echelon 2 : 1.397 €

. Echelon 3 : 1.439 €

Niveau 3

. Echelon 1 : 1.446 €

. Echelon 2 : 1.468 €

. Echelon 3 : 1.512 €

Niveau 4

. Echelon 1 : 1.520 €

. Echelon 2 : 1.545 €

. Echelon 3 : 1.600 €

Niveau 5

. Echelon 1 : 1.605 €

. Echelon 2 : 1.655 €

. Echelon 3 : 1.770 €

Niveau 6

. Echelon 1 : 1.800 €

. Echelon 2 : 1.870 €

. Echelon 3 : 2.020 €

Niveau 7

. Echelon 1 : 2.060 €

. Echelon 2 : 2.185 €

. Echelon 3 : 2.380 €

Rémunérations minimales annuelles garanties des niveaux 8 à 10 :

Niveau 8

. Echelon 1 : 25.200 €

. Echelon 2 : 32.000 €

. Echelon 3 : 34.000 €

Niveau 9

. Echelon 1 : 38.000 €

. Echelon 2 : 44.000 €

Niveau 10

. Echelon 1 : 51.000 €

. Echelon 2 : 56.000 €

Il sera procédé au réexamen des barèmes déterminés ci-dessus, en fonction du niveau du SMIC, dans les conditions suivantes :

– au cours du 4e trimestre 2009, chaque UNICEM régionale devra ouvrir une négociation paritaire sur les rémunérations minimales mensuelles garanties des niveaux 1 à 7,

– également au cours du 4e trimestre 2009, une négociation paritaire sera ouverte au niveau national pour ce qui concerne les rémunérations minimales annuelles garanties des niveaux 8 à 10.

Article 9 – Rémunération des apprentis

Les parties signataires conviennent d’engager une négociation paritaire au cours du 1er semestre 2009 en vue de réviser l’accord national professionnel du 15 juin 1982 relatif à la rémunération des apprentis.

Titre IIIDispositions conventionnelles relatives au calcul de la prime d’ancienneté

Se référant à l’article 4.2 de l’accord national professionnel du 22 décembre 1998, les parties signataires confirment que les salariés qui bénéficient du paiement effectif de la prime d’ancienneté continuent à en bénéficier.

Constatant toutefois la disparition des salaires minimaux conventionnels de qualification qui constituaient l’assiette de calcul conventionnelle de la prime d’ancienneté, elles conviennent de définir par le présent accord les nouvelles modalités de calcul de la prime d’ancienneté désormais applicables à compter du 1er janvier 2010 aux salariés qui la perçoivent.

Article 10 – Bénéficiaires de la prime d’ancienneté

Les Ouvriers et les ETAM qui, au 1er janvier 2010, date d’effet des nouvelles classifications instituées par le présent accord, bénéficient du paiement effectif de la prime d’ancienneté continuent à en bénéficier.

Article 11 – Modalités conventionnelles de calcul de la prime d’ancienneté

Sauf dispositions plus favorables dans l’entreprise, les nouvelles modalités conventionnelles de calcul de la prime d’ancienneté sont les suivantes :

1. A compter de la date d’effet des nouvelles classifications, le montant de la prime d’ancienneté due au salarié bénéficiaire est égal au montant de la prime d’ancienneté qu’il percevait le mois précédent.

2. En cas de changement du taux de la prime d’ancienneté par suite de l’acquisition d’une nouvelle tranche d’ancienneté, et dans la limite de 15 ans d’ancienneté, le nouveau montant de la prime d’ancienneté est calculé proportionnellement au nouveau taux.

Exemple :

• Pour 9 ans d’ancienneté : montant de la prime d’ancienneté = …… €

• Pour 12 ans d’ancienneté : nouveau montant de la prime d’ancienneté : ….. € x 12 / 9

3. Lorsque le salarié accède à un niveau supérieur, autre que les niveaux 8 à 10, ou à un échelon supérieur, par suite de son évolution dans la grille de classification, son montant de prime d’ancienneté est en outre majoré forfaitairement de 7 % à compter du mois suivant son changement de classification. Le salarié bénéficie de cette majoration forfaitaire de la prime d’ancienneté à chaque fois qu’il change de niveau ou d’échelon.

Les dispositions des conventions collectives des Ouvriers et des ETAM relatives à la prime d’ancienneté sont modifiées en conséquence.

Titre IVDispositions diverses

Article 12 – Prime de vacances

Les dispositions des conventions collectives des Ouvriers, des ETAM et des Cadres relatives à la prime de vacances sont abrogées et remplacées par les dispositions suivantes à compter du 1er janvier 2010 :

« En plus de l’indemnité de congés payés, une prime de vacances est due à tout salarié ayant au moins un an de présence continue au 31 mai de l’année de référence.

La prime de vacances est égale à 30 % du montant de l’indemnité de congés payés due au salarié, dans la limite de 24 jours ouvrables de congés.

En cas de rupture du contrat de travail, la prime de vacances est calculée proportionnellement à la durée comprise entre le 1er juin et la date de fin de contrat de travail. En cas de rupture du contrat de travail pour faute grave ou lourde, la prime de vacances n’est pas due ».

Article 13 – Congés exceptionnels pour évènements familiaux

Les dispositions des conventions collectives des Ouvriers, des ETAM et des Cadres relatives aux congés exceptionnels pour évènements familiaux sont abrogées et remplacées par les dispositions suivantes qui prendront effet au 1er janvier 2010 :

« Des autorisations d’absence sont accordées aux Ouvriers, aux ETAM et aux Cadres qui en feront la demande à l’occasion d’évènements familiaux et sur justification, dans les conditions ci-après :

– Mariage du salarié ou pacte civil de solidarité : 5 jours

– Mariage d’un enfant : 1 jour

Naissance ou adoption d’un enfant :3 jours

– Décès du conjoint, d’un partenaire lié par un PACS ou d’un enfant : 4 jours

– Décès du père, de la mère ou d’un beau parent : 2 jours

– Décès d’un frère, d’une sœur ou d’un grand-parent : 1 jour

Ces jours de congés exceptionnels sont décomptés en jours ouvrés. Ils doivent être pris au moment de l’évènement en cause.

Ces jours d’absence n’entraînent pas de réduction de la rémunération. Ils sont assimilés à des jours de travail effectif pour la détermination de la durée du congé annuel ».

Article 14 – Institution d’une prime de tutorat

Les salariés qui exercent une fonction de tuteur auprès d’un autre salarié de l’entreprise bénéficient d’une prime de tutorat.

Le bénéfice de cette prime est réservé au tutorat exercé dans le cadre d’une formation suivie exclusivement en vue de l’obtention d’un Certificat de Qualification Professionnel (CQP) reconnu par la Branche ou d’un Titre de Technicien de Production des Matériaux pour la Construction et l’Industrie (TPMCI).

Le montant de la prime de tutorat est fixé forfaitairement quel que soit le nombre de personnes confiées au tuteur, étant précisé qu’un tuteur ne peut pas accompagner plus de deux personnes en même temps.

Il est fixé pour la première fois, à compter du 1er janvier 2010, à 50 euros bruts par mois de tutorat. Il est ensuite revalorisé périodiquement au niveau national à l’occasion de la négociation annuelle de branche sur les salaires des cadres.

Le montant global de la prime est versé en une seule fois à l’issue de l’action de formation ayant donné lieu à tutorat. Pour les formations supérieures à 12 mois, un premier versement de la prime est effectué à l’issue des 12 premiers mois de tutorat.

Article 15

A compter de la date de prise d’effet des nouvelles classifications professionnelles, les dispositions du présent accord relatives aux classifications professionnelles annulent et remplacent les dispositions actuelles ayant le même objet, figurant dans les conventions collectives des Ouvriers, des ETAM et des Cadres, telles qu’elles résultent des accords du 25 janvier 1979, du 25 avril 1983 et du 20 avril 1984.

Les accords du 25 janvier 1979 et du 25 avril 1983 relatifs aux classifications des Ouvriers et des ETAM ainsi que l’article 3 de l’accord du 20 avril 1984 sont en conséquence abrogés.

Article 16

Dans les conventions collectives des Ouvriers, des Etam et des Cadres, la mention « coefficient hiérarchique » est remplacée par « positionnement dans la classification professionnelle ».

Article 17

A la date d’entrée en vigueur du présent accord, seront abrogés :

– le paragraphe 1 de l’article 5 de la Convention collective des Ouvriers,

– le paragraphe 1 de l’article 5 de la Convention collective des ETAM,

– l’article 15 de la Convention collective des Cadres,

– l’accord national de salaires du 21 février 1957 applicable aux Ouvriers,

– l’accord national de salaires du 25 juin 1957 applicable aux ETAM,

– les accords nationaux du 23 janvier 1992 relatifs aux salaires minimaux des Ouvriers et des ETAM.

– l’accord national relatif à la valorisation des certificats de qualification professionnelle du 20 septembre 2006.

Article 18

L’article 1 de l’accord national du 14 mai 1986 relatif au personnel d’encadrement est remplacé par les dispositions suivantes :

« Sont considérés comme Personnel d’Encadrement, et entrent dans le champ d’application de l’Accord National Interprofessionnel du 25 avril 1983, ainsi que du présent accord, les catégories de personnel suivantes :

1/ Les Cadres relevant de la Convention Collective Nationale du 6 décembre 1956 modifiée (niveaux 8 à 10 des classifications professionnelles).

2/ Les personnels relevant de la Convention Collective Nationale des ETAM du 12 juillet 1955 modifiée dont le positionnement dans les classifications professionnelles est au moins égal au niveau 5 et qui exercent une responsabilité de commandement.

3/ Les autres personnels relevant de la Convention Collective Nationale des ETAM précitée dont le positionnement dans les classifications professionnelles est au moins égal au niveau 6 ».

Titre VDispositions finales

Article 19 – Champ d’application

Le champ d’application du présent accord est identique à celui des Conventions collectives nationales des industries de carrières et matériaux de construction.

Article 20 – Entrée en vigueur

Les dispositions du présent accord entreront en vigueur le 1er janvier 2010.

Article 21 – Durée

Le présent accord est conclu pour une durée indéterminée. Si certaines de ses dispositions étaient exclues de l’extension, remettant ainsi en cause son équilibre général, les parties signataires se réuniront immédiatement, à l’initiative de la plus diligente d’entre elles, en vue de tirer les conséquences de la situation ainsi créée.

Article 22 – Révision et dénonciation

Le présent accord a un caractère impératif pour l’ensemble de ses dispositions. Il ne peut pas y être dérogé par accord de groupe, d’entreprise ou d’établissement, sauf si celui-ci est plus favorable aux salariés.

Il ne remet pas en cause les avantages existants dans les entreprises ayant le même objet.

Il pourra être dénoncé dans les conditions prévues par le Code du travail.

Il pourra également être révisé à tout moment à la demande de l’une ou de plusieurs des parties signataires. La demande de révision, accompagnée d’un projet motivé sur les points à réviser, sera notifiée à l’ensemble des parties signataires afin qu’une négociation puisse s’engager sans tarder.

Article 23 – Dépôt – Extension

Le présent accord est fait en un nombre suffisant d’exemplaires pour être remis à chacune des parties contractantes et déposé auprès de la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, en vue de son extension conformément à l’article D 2231-2 du Code du travail.

Un exemplaire sera également déposé auprès du Conseil des Prud’hommes.

Fait à Paris, le 10 juillet 2008.

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Classifications professionnelles et salaires conventionnels des industries des carrières et matériaux de construction

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