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Clair, léger, transparent, lumineux : le futur palais de justice de Paris se dévoile

Nathalie Moutarde et Cyrille Véran |  le 15/02/2012  |  EntreprisesArchitectureTechniqueBâtimentParis

Après quelques mois de suspense, le ministre de la Justice a présenté le projet du palais de justice de Paris de l’architecte Renzo Piano, à l’occasion de la signature du contrat de partenariat public-privé avec Bouygues Bâtiment Ile-de-France, le 15 février.

C’est une tour mince, légère, transparente qui se profilera dans le ciel de la capitale à l’horizon 2016, au nord de la ZAC Clichy Batignolles. Son concepteur, le célèbre architecte italien Renzo Piano, auteur  de quelques-uns des bâtiments marquants de ces décennies (Beyeler Foundation Museum à Riehen, Maison Hermès à Tokyo, New York Times building…), l’a voulue ainsi pour accueillir le futur palais de justice de Paris qui regroupera les services du  tribunal de grande instance (TGI)  aujourd’hui répartis sur cinq sites  et ceux du tribunal de police.  « C’est une grande machine urbaine », décrit l’architecte, « une ville verticale de 9000 personnes qui superpose les fonctions comme un millefeuille ». Dans le socle, les 90 salles d’audience, permettant des parcours plus courts tant pour le public que pour les personnels  judiciaires. Dans les étages, les bureaux, salles de réunion. La faible épaisseur de la tour, 35 mètres pour une hauteur de 160 mètres, permettra à chacun de bénéficier de la lumière naturelle. « Ce sera aussi un bâtiment qui respire, comme une ville avec ses places, échappant à la tour monumentale de bureaux classique, massive, hermétique », rajoute l’architecte. Avec ses trois ensembles superposés (une dizaine d’étages chacun) au-dessus du socle, la tour dégagera ainsi quatre grandes terrasses, soit près d’un hectare planté de pins et d’arbres à haute tige évoluant dans le ciel. Et un grand parvis au sol.

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Inertie thermique, ventilation naturelle, intégration de panneaux photovoltaïques en façade, récupération des eaux de pluie, la future tour répondra évidemment aux objectifs du Plan Climat de Paris, particulièrement contraignant. Avec moins de 75 kWhep/m2/an (soit la moitié de la consommation des plus récentes tours de bureaux livrées à La Défense), et même 50 kWhep/m2/an pour les espaces de travail, le palais de justice sera une référence en termes de développement durable. « Bien sûr c’est un bâtiment durable, mais il faut exprimer cette exigence dans la poésie, la transparence, la clarté du bâtiment, un lieu où les gens arrivent dans une position fragile», rappelle l’architecte qui se félicite du choix de l’implantation. « Dans les années 70 il fallait sauver les centres historiques de villes, et c’est chose faite. Aujourd’hui, il s’agit de sauver la périphérie, un mot qui doit être effacé de notre vocabulaire. C’est en construisant des bâtiments aimants, qui amènent de la vie urbaine comme le TGI à la charnière de Paris et sa banlieue, qu’on y parviendra ».

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Discours de Michel Mercier, garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés, à retrouver au format PDF, en cliquant ici .

Fiche technique

LES CHIFFRES CLEFS

Une parcelle au sol de 17 500 m²

Un bâtiment de 160 m de haut, d’une surface d’environ 61 500 m²dont :

- 3 200 m² consacrés à l’accueil du public

- 5 500 m² et 28 m de haut pour la salle des pas perdus

- 9 400 m² pour 90 salles d’audiences

- 29 000 m² pour les espaces tertiaires (bureaux, salles de réunions…)

1 hectare de terrasses arborées

Coût du projet : 575 millions € TTC

LES ACTEURS

Affectataire : Ministère de la Justice et des Libertés

Mandataire du ministère de la Justice et des Libertés : Etablissement public du palais de justice de Paris (APIJ)

Maître d’ouvrage, partenaire privé :  ARELIA (investisseurs : Bouygues Bâtiment IDF, Lloyds, DIF, SEIEF, Exprimm)

Contrat de promotion immobilière : BOUYGUES Bâtiment Ile-de-France PPP

Architecte mandataire : RPBW (Renzo Piano Building Workshop)

Constructeur : BOUYGUES BATIMENT IDF

Mainteneur : EXPRIMM

Bureaux d'études techniques : SETEC Bâtiment, SETEC TPI, RFR, BERIM, LAMOUREUX, ACOUSTICS, LERCH BATES, MAJORELLE, ELAN

Bureau de contrôle technique : SOCOTEC

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« Il  y eu beaucoup de contradiction sur la localisation de cette cité judiciaire. Mais je tiens à souligner l’exemplarité de ce projet dans la concertation, l’engagement commun entre la Ville et l’Etat et aussi l’exemplarité de la méthode, car nous avons ensemble partagé les questions et solutions. Nous voulions un très beau bâtiment. Celui-ci sera un emblème de l’esprit de justice, et il trouve sa place dans une ville qui se réinvente. C’est une chance pour Paris. »

Un PPP pour le financement, la construction et la maintenance du futur Palais de Justice de Paris

 Le contrat de partenariat signé, le 15 février,  entre la société de projet Arelia (1), emmenée par Bouygues Bâtiment Ile-de-France,  et l’Etablissement public du palais de justice de Paris (EPPJP),  porte sur le financement, la conception, la construction, l’entretien et la maintenance pendant 27 ans du nouveau palais de justice de Paris. Dans le cadre de ce contrat, Bouygues Bâtiment Ile-de-France assure la conception et la construction pour 575 millions d’euros TTC. « Le coût de l’investissement avait été évalué à 650 millions d’euros. Il a donc pu être abaissé de plus de 10% grâce à la rigueur des équipes », s’est félicité Michel Mercier, ministre de la Justice et des Libertés. Exprimm, filiale d’ETDE, prendra en charge l’exploitation et la maintenance du bâtiment pour un montant annuel de 12,8 millions d’euros. « Le ministère de la Justice économisera près d’un milliard d’euros de loyers sur la période du contrat (27 ans) », a ajouté le ministre.

Cette  signature est l’aboutissement d’une procédure lancée en juin 2010 à laquelle seuls deux groupements ont candidaté : Bouygues Bâtiment Ile-de-France et Vinci Construction France. Chaque candidat devait être associé à trois équipes d’architectes de manière à organiser une consultation architecturale au sein de la procédure, à l’image de ce qui avait déjà été mis en place pour le projet de nouveau ministère de la Défense à Balard. Bouygues avait ainsi fait appel, outre Renzo Piano, à Architecture Studio et Valode & Pistre, Vinci s’entourant de Marc Mimram/Loci Anima ; OMA/l’AUC ; Christian de Portzamparc/Anne Demians. En mars 2011, l’EPPJP avait désigné un architecte par groupement : en l’occurrence Renzo Piano et Marc Mimram/Loci Anima.

Les travaux devraient débuter à l’été 2013 pour une livraison en novembre 2016 et une ouverture du palais de justice en 2017.

(1)    Les actionnaires de la société de projet Arelia sont les investisseurs financiers Lloyds, DIF et SEIEF ainsi que Bouygues Bâtiment Ile-de-France et Exprimm, filiales de Bouygues Construction

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