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Cité des civilisations du vin : un surcoût compensé par les retombées attendues
Début décembre 2014, après un an de travaux, le gros œuvre s’achève sur le chantier de la Cité des civilisations du vin à Bordeaux. La charpente est posée et les premiers éléments de façades vont être fixés dans les prochains mois. - © Philippe Caumes

Cité des civilisations du vin : un surcoût compensé par les retombées attendues

bertrand escolin |  le 02/12/2014  |  TechniqueBâtimentGirondeFrance entièreEtat

En visitant le chantier de la Cité des civilisations du vin, le maire de Bordeaux Alain Juppé, a évoqué le bon avancement du projet et malgré un surcoût non négligeable, restait confiant dans la qualité et l’attractivité du projet.

«L’architecture a un prix. Pas seulement un coût». Une position que tient le maire Alain Juppé sur sa ville de Bordeaux depuis quelques années. Les critiques sur le grand stade d’Herzog et de Meuron, exprimées régulièrement par l’opposition locale notamment pour un PPP Vinci-Fayat très dépendant des recettes aléatoires du club des Girondins, ont fait sortir à plusieurs reprises Alain Juppé de sa réserve: «l’équipement est à la hauteur d’exigence d’une métropole à ambition européenne».

Pour la cité du vin, rebaptisée Cité des civilisations du vin, le principe est le même. Objet de convoitise en bord de Garonne, le lieu a finalement été octroyé au cabinet XTU. Son projet original, est à comparer aux autres réponses des grands cabinets: le projet est taillé sur mesure pour Bordeaux et le vin: certains concurrents évoquaient les esquisses en forme d’aéroport ou d’hôpital recyclé par d’autres concurrents. «Ce projet, choisi à l’unanimité par le jury, est unique par sa forme, et l’on attend beaucoup sur son contenu», expliquait alors le maire, très attentif à l’évolution du projet.

Lancé en pleine crise économique, le projet a été révisé pour l’ouvrir à un plus grand nombre de personnes. Pas un musée, une «cité», un lieu de partage autour des civilisations du vin, mêlant muséographie, restauration, point de vue unique sur la Garonne.

Un chantier bien avancé

Début décembre, après un an de travaux, le gros œuvre s’achève. La charpente est posée, et les premiers éléments de façades, sur mesure, en métal patiné et sérigraphié, vont être fixés dans les prochains mois.

Dans le contexte actuel de rigueur budgétaire annoncé, où le maire Alain Juppé et comme président de la CUB annonce un frein aux investissements et une grande attention aux frais de fonctionnement des collectivités pour 2015, tous les coûts sont examinés.

Pour la cité, le coût prévisionnel s’élevait à 63 millions d’euros HT, valeur de janvier 2011. Soir un coût prévu, actualisé, de 66,6 millions d’euros HT à la date de livraison prévue.

A ce jour, explique le maire fin novembre, «60% des marchés ont été attribués, représentant 85 % de leur montant global, ce qui permet d’approcher de manière fiable le coût définitif des travaux, mais également de l’ensemble des investissements. Le coût de l’opération est aujourd’hui de 74 millions d’euros HT valeur janvier 2011, soit un coût actualisé à la date de livraison de 77,7 millions d’euros HT. Cette hausse s’explique notamment par un surcoût du lot «clos couvert» lié à la sous-estimation initiale de la maîtrise d’œuvre et de la spécificité de la construction et d’une légère évolution du prix du foncier.»

Des coûts sous haute surveillance

Le parti pris architectural, qui devrait s’avérer payant, a dû faire évoluer les techniques de composition du parement: d’éléments quasiment émaillés, et très ouverts, on est arrivé à un parement couvrant en aluminium et verre sérigraphié, dont les éléments et finitions ont été développés sur place.

A quoi s’ajoutent, détaille le maire: « une dépense supplémentaire de 3,4 millions d’euros relative au développement du périmètre numérique et à l’intégration du mobilier porte le budget total à 81,1 millions d’euros HT.»

«Ce dernier surcoût intègre notamment une sophistication des systèmes d’information ainsi que le projet d’un «compagnon de visite» qui pourra être mis à disposition d’autres établissements culturels et touristiques de la ville. Les fonctions de cet outil innovant (traduction en 8 langues, prise en compte des handicaps, approche pédagogique pour le jeune public) participent à l’ambition municipale de promouvoir le numérique et l’accessibilité de ses équipements pour tous.»

Mais cette ouverture à tous les types de public, doit également induire des retombées économiques pour l’agglomération. Selon une étude du cabinet Protourisme, citée par le maire, «la Cité des civilisations du vin représente: en phase construction 60 millions d’euros de retombées économiques directes, indirectes et induites sur 3 ans et 200 emplois (équivalent temps plein) par an pendant 3 ans. En phase exploitation: 40 millions d’euros de retombées économiques directes, indirectes et induites par an, dont 1/3 pour la filière vin et 750 emplois (équivalent temps plein) dont 250 emplois directs.

Enfin, pour augmenter encore l’attractivité du site, au démarrage de la longue bordure de quais de Garonne, la ville et la CUB ont prévu la construction d’un ponton d’accès de 90 mètres qui permettra d’accueillir les navettes Batcub, les grands voiliers, des paquebots fluviaux pour des escales de prestige, les bateaux des compagnies locales pour les excursions vers le vignoble.

La Cité du vin en chiffres

Financements extérieurs: 50 M€ de co-financeurs publics et institutionnels locaux dont 21 M€ répartis en 8,5 M€ (CUB), 5,5 M€ (région Aquitaine), 5,5 M€ (CIVB), 0,5 M€ (CCIB) et 1 M€ (département de la Gironde), 2 M€ (État via FNADT 2011 et France-Agrimer 2012, en baisse de 4 M€ à 2 M€), 12 M€ (Europe, Feder), 15 M€ (Mécénat). La Ville de Bordeaux participe à hauteur de 31,1 M€;

Gros œuvre: 9 000 m3 de béton, 1 000 tonnes d’acier, 80 000 heures de travail;

Charpente: 574 arcs lamellés collés différents (tore), 128 épines lamellées collées différentes (tour), 8 000 pannes entretoises différentes, 940 m3 de lamellé-collé épicéa et douglas, 14 000 h de fabrication, 10 550 h de pose;

Façade: 3 440 panneaux de verre et d’aluminium de forme unique fabriqués sur-mesure, 2 500 panneaux d’aluminium, 940 panneaux de verre.

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