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Circulation(s) 4/5 : les cellules roses d’Angélique Stehli

Propos recueillis par Milena Chessa |  le 29/03/2018  |  ProfessionArchitectureTechniqueBâtimentParis

A l’occasion du festival de la jeune photographie européenne, organisé jusqu’au 6 mai 2018 au Centquatre à Paris (XIXe), « LeMoniteur.fr » vous présente cinq artistes qui utilisent la construction comme cadre de leur photo. Aujourd’hui : Angélique Stehli, dont la série « Pink Cells » met en lumière l’utilisation de la couleur rose dans les prisons suisses pour tranquilliser les détenus.

Quelle est l’origine de votre série photographique « Pink Cells » (cellules roses) ?

Angélique Stehli : Cette série a été réalisée dans le cadre de mon diplôme à l’École cantonale d’art de Lausanne, en 2017. C’est un travail documentaire sur l’incarcération en Suisse, ciblé sur quatre prisons où l’on trouve des cellules entièrement peintes en rose.

Pourquoi ces cellules sont-elles roses ?

A.S. : La couleur rose n’est pas neutre. Elle a des effets sur notre état physique et mental. Le docteur Alexander G. Schauss a découvert en 1979 aux Etats-Unis qu’une certaine nuance de rose - nommée « Baker-Miller Pink » - réduisait la pression artérielle de personnes agressives au bout de quinze minutes. De son côté, la psychologue suisse Daniela Späth a développé en 2007 le « Cool Down Pink », dont une étude scientifique a pu démontrer les effets positifs sur la pression sanguine. Que le milieu carcéral suisse s’intéresse à la thérapie par la couleur pour calmer les détenus lors de leur arrivée, ce n'est pas banal.

La photographe Angélique Stehli, née en 1993 en France, vit et travaille entre Paris et Lausanne (Suisse). Elle expose la série « Pink Cells » jusqu’au 6 mai 2018 au Centquatre à Paris (XIXe).
La photographe Angélique Stehli, née en 1993 en France, vit et travaille entre Paris et Lausanne (Suisse). Elle expose la série « Pink Cells » jusqu’au 6 mai 2018 au Centquatre à Paris (XIXe).

Qu’avez-vous ressenti entre ces murs ?

A.S. : Un jour, après un voyage stressant jusqu’à une prison située en Suisse alémanique, je me suis posée dans une cellule avec mon appareil photo argentique. Et, là, j’ai ressenti l’atmosphère apaisante du lieu grâce à sa couleur rose englobante.

Comment avez-vous choisi de présenter vos clichés pendant le festival Circulation(s) ? Et lequel préférez-vous ?

A.S. : Je voulais que le regard circule d’une photo à une autre comme de pièce en pièce, en suivant un certain rythme. Mon cliché préféré est celui avec les portes ouvertes, car la prise de vue a été déclenchée presque de manière aléatoire.

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