Culture

Circulation(s) 3/5 : le paysage mis à jour de Guillaume Hebert

Mots clés : Manifestations culturelles - Peinture

A l’occasion du festival de la jeune photographie européenne, organisé jusqu’au 6 mai 2018 au Centquatre à Paris (XIXe), « LeMoniteur.fr » vous présente cinq artistes qui utilisent la construction comme cadre de leur photo. Aujourd’hui : Guillaume Hebert, dont la série « Updated Landscape » conjugue des peintures d’autrefois et des photographies d’aujourd’hui pour composer des paysages inédits.

Quelle est l’origine de votre série photographique « Updated Landscape » (paysage mis à jour) ?

Guillaume Hebert : Un constat. De nos jours, si l’on veut accéder à un site naturel, on doit forcément passer sur un sol artificiel. Je voulais apporter mon regard sur les paysages dénaturés par l’urbanisation.

 

Quel procédé avez-vous adopté ?

G.H. : J’ai développé un concept inédit qui mêle photographie contemporaine et peinture ancienne, l’une étant le prolongement de l’autre. Dans la série « Updated Landscape », le paysage photographié au premier plan est comme la mise à jour du paysage peint en arrière-plan. La conjugaison des deux crée au final une troisième image, une œuvre à part entière.

 

 

Comment construisez-vous vos images ?

G.H. : Je photographie un site – généralement à Taïwan où je vis – en sachant déjà comment je découperai l’image. Ensuite, en fonction des couleurs, de la lumière et de l’atmosphère, je choisis une peinture. Exemple dans « Updated Landscape 29 » : le ciment bleuté de la station de service en construction correspond au ciel bleuté peint par Albert Bierstadt et le monticule de terre répond aux montages. Les deux images ne sont pas collées, mais imbriquées pixel par pixel. Ça demande un long travail de post-production, comme un peintre de plein-air qui retouche son œuvre dans l’atelier. Le rendu doit être esthétique, car sans esthétique, pas d’art.

 

Quelle réaction attendez-vous ?

G.H. : Je me régale à redécouvrir la peinture de Constable, Courbet ou Turner que l’on voit d’habitude dans les musées, donc j’espère que le public aussi. Je souhaite également qu’il s’interroge sur les éléments qui constituent notre paysage culturel : de la prophétesse Sybille représentée par Turner au terrain de basket que j’ai photographié dans « Updated Landscape 7 ».

 

Comment avez-vous choisi de présenter vos clichés pendant le festival Circulation(s) ?

G.H. : Ce sont des tirages sur papier blanc dont la largeur ne mesure pas moins d’un mètre. Plus petit, le cliché ne dégage pas la même force, on ne rentre pas dans l’image. C’est aussi la bonne taille pour accrocher sur les murs des galeristes… et des acheteurs.

 

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