Culture

Circulation(s) 2/5 : le catalogue ImmoRefugee de Maria Ghetti et Marco Tiberio

Mots clés : Citoyenneté et droits de l'homme - Manifestations culturelles

A l’occasion du festival de la jeune photographie européenne, organisé jusqu’au 6 mai 2018 au Centquatre à Paris (XIXe), « LeMoniteur.fr » vous présente cinq artistes qui utilisent la construction comme cadre de leur photo. Aujourd’hui : Maria Ghetti et Marco Tiberio, dont la série « ImmoRefugee » répertorie – avec sarcasme – les abris bâtis par les réfugiés dans la « jungle de Calais ».

Quelle est l’origine de votre série photographique « ImmoRefugee » (ImmoRéfugié) ?

Maria Ghetti et Marco Tiberio : Cette série est née en 2015 d’une photo satellite qui n’existait pas : celle de la « jungle de Calais ». Une ville d’environ 10000 habitants s’était formée sur 1,5 km², mais elle n’apparaissait nulle part sur les images satellitaires. Elle semblait faire partie des « villes invisibles » décrites par Italo Calvino. Nous voulions mener une enquête urbanistique sur cette situation absurde.

 

Qu’avez-vous vu sur place ?

M.G. et M.T. : Un camp à la fois horrible sur le plan humain mais qui fonctionne sur le plan urbain, avec une organisation par quartiers et une grande diversité architecturale [Maria Ghetti a reçu une formation d’architecte, mais n’a jamais exercé, NDLR]. Chaque migrant – venu du Nigéria, du Soudan ou d’ailleurs – a construit à sa manière un abri pour se protéger lui, ses papiers et ses souvenirs, le temps de trouver un passage vers l’Angleterre ou d’obtenir une demande d’asile. Pendant plus d’un an nous avons photographié ces constructions temporaires ou permanentes comme si elles étaient le portrait de leurs occupants.

 

 

Quel message voulez-vous adresser avec vos clichés et à qui ?

M.G. et M.T. : Nous nous adressons à l’Européen moyen qui est quotidiennement bombardé d’images de populations migrantes dans les médias. Nous souhaitons marquer son esprit en faisant preuve de sarcasme. C’est pourquoi, en novembre 2016, nous avons édité nos 150 photos sous la forme d’un catalogue de petites annonces immobilières appelé ImmoRefugee. A l’intérieur, toutes les descriptions sont vraies.

 

Quelles ont été les réactions à votre travail ?

M.G. et M.T. : Il y a ceux qui ne comprennent pas, ceux qui trouvent ça honteux, ceux qui nous insultent sur les réseaux sociaux ou encore ceux qui pensent que nous sommes d’extrême-droite. Notre travail a été publié dans différents magazines : « Domus », « Il fotografo », « Rolling Stone ». L’important, c’est qu’il arrête le regard.

 

Comment avez-vous choisi de présenter vos clichés pendant le festival Circulation(s) ?

M.G. et M.T. : Nous présentons nos photos sous la forme de papiers volants que les visiteurs peuvent emporter. Lors du vernissage presse, quelqu’un est aussi parti avec le catalogue, ce qui n’était pas prévu…

 

 

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