Culture

Circulation(s) 1/5 : les mauvais rêves de ville d’Arthur Crestani

Mots clés : Communication - marketing - Gestion et opérations immobilières - Manifestations culturelles

A l’occasion du festival de la jeune photographie européenne, organisé jusqu’au 6 mai 2018 au Centquatre à Paris (XIXe), « LeMoniteur.fr » vous présente cinq artistes qui utilisent la construction comme cadre de leur photo. Aujourd’hui : Arthur Crestani, dont la série « Bad City Dreams » révèle le contraste entre les rêves luxueux des publicités immobilières en Inde et la dure réalité du terrain.

Quelle est l’origine de votre série photographique « Bad City Dreams » (mauvais rêves de ville) ?

Arthur Crestani : Il y a tout juste un an, le 16 mars 2017, je prenais l’avion pour New Dehli, une ville que j’avais découverte lors d’un échange universitaire. Mon intention était de montrer la différence entre les promesses des publicités immobilières et la réalité de l’urbanisation qui progresse en Inde. Les annonces y prolifèrent et toutes proposent un fantasme de vie luxueuse à l’abri du chaos de la capitale, suivant un modèle occidental. C’est une fabrique à rêves.

 

Où et comment s’est déroulé votre travail ?

A.C. : J’ai choisi Gurgaon, une ville satellite située à 20 km de New Dehli. Faiblement peuplée dans les années 1980, elle compte à présent deux millions d’habitants. Cette ville néolibérale représente un modèle pour l’Inde. Elle attire les investissements et les sièges sociaux. Là-bas, c’est le marché de l’immobilier qui fabrique l’urbanisme, transformant les champs agricoles en îlots de luxe.

Pendant un mois, j’ai collecté des brochures immobilières puis reproduit certaines images sur de grandes bâches que je plaçais dans différents endroits de la ville, pas forcément ceux correspondants aux publicités car les bâtiments ne sont pas tous sortis de terre. Je me suis inspiré de la tradition indienne du studio photo ambulant pour réaliser cette série de portraits d’habitants – ouvriers, domestiques, travailleurs migrants… – exclus de la prospérité de la ville. Des personnes délaissées dans des espaces délaissés.

 

 

Quelle a été la réaction des habitants devant votre studio photo ?

A.C. : Ayant vécu à New Dehli, je parlais hindi et pouvais expliquer mon travail aux passants. Au début, ils étaient interloqués et réticents à l’idée de se faire tirer le portrait dans ce lieu qu’ils considéraient comme laid et impropre à la photo. Ce n’était pas valorisant pour eux.

Et puis lorsqu’ils ont trouvé l’image à leur goût, ils ont accepté de poser seul, en groupe ou entre amis, jouant le jeu de la mise en scène. Ça devenait ludique et je leur envoyais ensuite la photo par messagerie instantanée.

 

Comment avez-vous choisi de présenter vos clichés pendant le festival Circulation(s) ?

A.C. : On m’a proposé d’investir un long mur. J’ai donc opté pour des images de grandes dimensions qui permettent de s’immerger dans les photos. Elles ont été imprimées sur dos bleu, comme les affiches du métro.

 

 

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