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Cinquantenaire de la loi Malraux : pour élus et professionnels, l'Etat doit être garant d'une ambition nationale
La ville de Bordeaux a dû réviser son plan de sauvegarde de son centre historique pour y intégrer le tramway dans le cadre d'un projet de renouvellement urbain - © © Phovoir.com

Cinquantenaire de la loi Malraux : pour élus et professionnels, l'Etat doit être garant d'une ambition nationale

CHRISTIANE WANAVERBECQ |  le 15/11/2012  |  GirondePatrimoineCultureEtatIndre-et-Loire

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Pour commémorer le cinquantenaire de la loi Malraux sur les secteurs sauvegardés, la direction générale des patrimoines du ministère de la Culture a choisi comme cadre des rencontres organisées sur la thématique, la ville de Bordeaux qui fait partie de la centaine de communes en France dotée d'un secteur sauvegardé.

Inauguré jeudi 15 novembre par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, en présence du maire de Bordeaux Alain Juppé et du président de l'association nationale des Villes et Pays d'art et d'histoire et des villes à secteurs sauvegardés et protégés (ANVPAH&VSSP) ainsi que président du conseil régional de Midi-Pyrénées Martin Malvy, le colloque va inviter architectes, représentants de l'Etat, élus, universitaires à faire le bilan d'un dispositif unique en Europe.

Nombreux sont ceux à reconnaître, que la loi Malraux née en 1962 n'a pas figé des quartiers. « Au contraire, elle a permis leur évolution liant habitat, conservation du patrimoine, développement durable, qualité de la création architecturale... Inscrite dans le code l'urbanisme, elle est un instrument cohérent de gestion et d'évolution des centres anciens», estime l'architecte et urbaniste Alexandre Melissinos. Intervenu sur une dizaine de secteurs sauvegardés, dont ceux de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), Figeac (Lot) et Montpellier (Hérault), il fait un bilan plutôt positif de la loi : «Elle est extrêmement positive sur le principe, car c'est la reconnaissance d'un patrimoine urbain d'intérêt national», insiste-t-il.

Réhabilitation

Elle a aussi eu le mérite d'avoir permis la réhabilition de centres anciens désertés. «C'est un des modèles les plus aboutis de protection du patrimoine en Europe car on gère l'urbanisme en légiférant au niveau de la parcelle. En parallèle, on a injecté de l'argent et des outils de défiscalisation des travaux pour remettre sur pied des immeubles abritant des logements », renchérit Frédéric Auclair, président de l'Association nationale des architectes des bâtiments de France.

Reste que la réforme de la fiscalité du 1er janvier 2009 a mis un frein aux opérations en secteur sauvegardé. « Les études sont lourdes demandant un travail important d'inventaire du patrimoine, parcelle par parcelle. L'Etat n'est pas toujours au rendez-vous pour les financer. Il en est de même pour les aides à la restauration qui disparaissent  au fil des ans », ajoute Alexandre Melissinos. « La France compte une centaine de secteurs sauvegardés. Est-on au bout du chemin ? Je ne le pense pas. D'autres villes en France mériteraient un plan de sauvegarde », estime-t-il. D'ailleurs André Malraux avait recensé 400 secteurs sauvegardés potentiels.

Un outil de projet urbain

Yves Dauge, qui va présider les trois journées en tant que dernier président de la commission nationale des secteurs sauvegardés, ne manquera pas de rappeler à la ministre de la Culture les attentes des collectivités à l'heure où se pose la question de comment maintenir et développer la loi Malraux : »Cela pose le rapport entre  l'Etat et les collectivités. Ces dernières se sont emparées de la loi. Mais l'Etat doit rester garant d'une politique nationale et d'un niveau d'excellence. Il doit continuer de porter l'ambition nationale voulue par André Malraux et Michel Debré », affirme-t-il.

L'ancien sénateur d'Indre-et-Loire garde espoir. «La loi Malraux a résisté pendant cinquante ans. Elle est plébiscitée par les élus. Ils sont nombreux à reprendre leur secteur pour les réviser, les étendre... La dimension d'origine sur la sauvegarde demeure mais c'est un outil de projet urbain incontestable », insiste-t-il. Son combat demeure de trouver un outil opérationnel, équivalent à celui de l'agence nationale de rénovation urbaine, pour aider les petites et moyennes communes, « restées à l'écart du fait de difficultés économiques », à enclencher la démarche. «Les secteurs sauvegardés sont un des meilleurs atouts pour les rendre attractives », déclare-t-il.

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