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Chronique d’une bibliothèque réinventée

Paul Falzon (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 21/11/2014  |  Bas-RhinSecond œuvreERPCultureProfession

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Après quatre ans de travaux, la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg (BNUS) rouvre ses portes sous un jour totalement nouveau. Une réalisation de prestige qui a été l’occasion de prouesses techniques.

A l’extérieur, la BNUS, qui ouvrira ce 24 novembre après quatre ans de travaux, conserve les façades néoRenaissance caractéristiques du bâtiment de 1895. A l’intérieur, la rupture est totale. La proposition de l’agence Nicolas Michelin et associés, vainqueur en 2006 du concours international d’architecture pour le rectorat de l’académie de Strasbourg, conserve plusieurs lignes forces du plan d’origine: symétrie, monumentalité. Mais, en faisant du dôme central le nouveau cœur de l’édifice, elle en bouleverse l’organisation. La suppression de la double rangée de murs porteurs, ainsi que des cours intérieures a autorisé le remplacement des multiples salles de travail aveugles par quatre plateaux ouverts sur un atrium central. La réorganisation en plateaux a aussi permis d’augmenter de 2 000 m² les surfaces utiles, afin de fournir un nombre de places de travail et de documents en libre accès supplémentaires. L’institution en a profité pour mettre au goût du jour ses systèmes d’information et créer de nouveaux espaces publics: auditorium de 142 places, salle d’exposition de 500 m², cafétéria, et une muséographie pour valoriser ses collections. «Intégrer ces prestations était indispensable pour faire entrer la BNUS dans le XXIe siècle», indique son administrateur, Albert Poirot.

Des interventions dignes d’ouvrages d’art

Ces impératifs de transparence et de fonctionnalité ont contraint le bureau d’études OTE Ingénierie à adopter des techniques d’ouvrage d’art sur trois phases du chantier (1). Pour le dôme, il a fallu concevoir un étaiement capable de porter les 350 t de charge, puis démolir les poteaux de soutien et évider certaines maçonneries hautes, construire les nouveaux murs limités aux quatre angles de l’atrium, et assurer le transfert des charges grâce à un vérin hydraulique. Un deuxième défi a été de reprendre la structure de l’entrée pour l’élargir: une poutre mixte métal et béton a été fixée, puis connectée à six poteaux béton excentrés afin de démolir les anciens poteaux centraux. Enfin, à la demande des Architectes des bâtiments de France, il a fallu conserver deux niveaux de magasins historiques dans les derniers étages: après la pose d’une poutre de façade à façade, la coulée d’un plancher collaborant en béton a permis de maintenir les magasins en suspension le temps que la reconstruction s’effectue. La construction de l’escalier monumental a été un autre défi. L’entreprise bas-rhinoise Schaffner a assuré la conception et la pose de l’ouvrage métallique de 20 t. «La présence de haubans permet d’intégrer des systèmes d’éclairage, ainsi qu’une reprise de charge d’environ 20 % pour soulager la structure», indique son directeur Philippe Schaffner.

Concernant les équipements techniques, «la difficulté a été d’intégrer des systèmes complexes dans un bâtiment ancien, disposant de hauteurs sous dalle très faible, résume John Pernoux, en charge du projet pour OTE Ingénierie. Nous avons eu recours au BIM pour optimiser les volumes, et concentrer les gaines dans des murs techniques.» Trois pompes à chaleur alimentées par géothermie assurent le chauffage et la ventilation, la climatisation restant sur un système électrique pour assurer la bonne conservation des ouvrages. Des plages assez larges ont été retenues pour la température (entre 16 et 24°C) et pour l’hygrométrie (entre 45 et 65 % HR), afin de limiter les charges d’exploitation. Le projet a représenté un investissement de 64,8 millions d’euros TTC assuré aux deux tiers par l’Etat, le reste étant réparti entre la région Alsace, le conseil général du Bas-Rhin et la communauté urbaine de Strasbourg.

Cet article est paru dans le magazine «Le Moniteur» n° 5791 du 21/11/2014, p.73, également disponible en version numérique (accès abonnés).

(1) Réalisation par Urban, Demathieu & Bard et AWS Béton Cut pour la démolition.

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