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Chirurgie réparatrice pour façade dégradée

ISABELLE DUFFAURE-GALLAIS |  le 07/01/2016  |  Techniquefaçade

A Sète, les bétons d’une résidence de bord de mer rongés par le sel sont réparés et leurs armatures protégées de l’attaque des chlorures.

La résidence de vacances "Cap Corniche", située en front de mer à l'extrémité de la corniche de Sète (Hérault), bénéficie d'un site exceptionnel. Revers de la médaille : elle est exposée aux embruns marins dont le risque pour les bétons a été sous-estimé lors de sa construction en 1986. Les quelques travaux d’entretien, réalisés par Maeva avant de vendre en 2006 les 200 appartements en copropriété, n’ont pas empêché de graves détériorations de la structure des bétons en surface.

Le syndicat des copropriétaires et son syndic L’Adresse ont fait appel au printemps 2014 au bureau d'études Espace Provence pour réaliser un diagnostic et préconiser les solutions de réparation.

Dans un premier temps, afin d'étudier la pathologie des maçonneries et d'évaluer avec précision l’état des bâtiments, des prélèvements par carottage ont été réalisés et des analyses effectuées. Ces dernières ont permis de mettre en évidence la présence d'ions chlorures à un taux extrêmement élevé, bien supérieur au seuil de passivation des aciers. « Les chlorures issus des sels marins ont largement migré vers l’intérieur des bétons, observe Olivier Lernould, responsable du bureau d’études. La profondeur de l’attaque dépasse généralement 7 cm. » Ces chlorures ont contribué à la destruction du film passivant les armatures, permettant ainsi l’amorçage de la corrosion des aciers au sein du béton. L’ingénieur note encore que les bétons coulés en place des parties habitables étaient peu abîmés. En revanche, les désordres affectaient surtout les éléments en béton préfabriqué : les dalles de balcons et les modénatures de façade non structurelles en voiles triangulaires, formant des écrans entre les terrasses des appartements. Manifestement, les aciers étaient trop nombreux dans ces pièces préfabriquées, et leur enrobage insuffisant.

Neuf mois de travaux sur un an

Fin 2014, après consultation de huit entreprises, le maître d’œuvre a confié à l’entreprise Marteau, spécialiste du traitement technique des façades, un vaste chantier mené en plusieurs phases pour traiter 7 400 m² de façade et restaurer 8 500 m² de béton (avec les plafonds et retours de balcons). Les travaux, dont le montant total s’élève à 610 000 euros TTC, ont été interrompus pendant la période estivale pour préserver le confort des résidents lors de leurs vacances. Tous les échafaudages ont eux aussi disparu pendant trois mois avant d’être remontés en septembre 2015.

L'entreprise a d’abord réalisé un décapage thermique général des peintures de ravalement. Elle s'est consacrée ensuite au sondage systématique du parement, au repérage et au piochage des zones affectées. Les armatures hors d’usage ont été découpées et remplacées par de nouveaux aciers appropriés. Les éléments en béton préfabriqué trop endommagés des voiles en avancée ont été supprimés par tronçonnage et reconstruits en parpaings ancrés dans le béton sain par des armatures d’acier inoxydable. En rives de balcons, des coffrages ont été fixés avant de couler un béton très dosé ou bien la reconstitution des volumes a été réalisée au mortier de réparation fibré. En 27 ans de carrière, Thierry Picant, directeur de l’agence de Marseille de l’entreprise Marteau, n’avait jamais eu affaire à de telles dégradations.

Inhibiteur de corrosion

Une fois les bétons réparés, un traitement de l'ensemble des surfaces a été réalisé par l’application d’un inhibiteur de corrosion en plein et à refus afin d’apporter un remède radical en réponse à la pathologie diagnostiquée par les analyses. Après l’essai de plusieurs produits, c’est le Ferrogard de Sika qui a été retenu par l’entreprise pour sa meilleure pénétration dans le béton jusqu’aux aciers.

L'entreprise a ensuite entrepris l'application d'un système décoratif D3 sur les ouvrages non habitables (comme les retours de loggias), ensuite recouverts par deux couches de peinture semi-épaisse enrichie de résine siloxane. Enfin, les compagnons ont mis en œuvre en finition un système d’imperméabilisation I4 taloché sur les parties habitables.

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