Industrie/Négoce

« Cheminées Poujoulat doit être présent dans toute l’Europe » : un entretien avec Frédéric Coirier, président du Directoire

Leader continental dans la filière des conduits de cheminées et de sorties de toits, le fabricant français annonce un chiffre d’affaires en hausse de 10,8 %, avec +16 % à l’export. Mais son dirigeant aimerait aller plus loin.

Quels est le bilan 2010 de votre groupe ?

La société Poujoulat – qui est spécialisée dans la conception de systèmes complets d’évacuation de fumées pour maisons individuelles, habitations collectives et industries – a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 7,5 %, à 109,2 millions d’euros. Mais le groupe Poujoulat est plus large, avec ses filiales à l’étranger mais aussi ses sociétés dédiées à certains types de produits. Ainsi, Westaflex fabrique des conduits flexibles et accessoires pour air, gaz et fumées, Beirens est spécialisé dans les cheminées pour l’industrie, les infrastructures énergétiques ou le chauffage urbain. Quant à la Tôlerie forezienne, elle fait des pièces techniques mais s’est diversifiée, en tant que sous-traitant, dans le mobilier urbain et les panneaux d’affichage. Enfin, le groupe a créé une nouvelle filiale, Euro Énergies, actif dans la commercialisation de granulés de bois et de bûches de bois compressé à hautes performances énergétiques. Pour l’ensemble du groupe, l’activité progresse de 10, 8 %, à 151,5 millions. Je ne peux pas encore vous annoncer le résultat opérationnel et net, mais ils sont de bonne qualité et ne se dégradent pas. Quant à 2011, nous tablons sur une augmentation de l’activité de 8 %. Nous sommes toutefois particulièrement vigilants à l’évolution du prix des matières premières.

Quelle est votre activité à l’export ?

L’export, qui progresse en 2010 de 16 %, représente un peu moins de 20 % de l’activité de l’ensemble du groupe. Ce sont plutôt des produits techniques – notamment des cheminées industrielles – qui se vendent à l’étranger. Nous y sommes actifs depuis vingt ans et nous sommes actuellement le leader européen des conduits de cheminée et de sortie de toit mais avec seulement 15 % de parts de ce marché, qui est très fragmenté. Nous avons des filiales au Royaume-Uni, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Pologne, en Italie et en Turquie. Nous n’avons pas vraiment de concurrents au niveau continental, puisque les plus grosses entreprises de la filière réalisent environ un tiers de notre chiffre d’affaires. De manière générale, le segment des conduits de cheminée n’est pas une industrie très exportatrice. Chaque pays a ses propres produits et, même si les normes sont souvent communes avec l’harmonisation européenne, les applications et les habitudes de professionnels sont souvent très variées.

Quelle est alors votre stratégie ?

Nous ne faisons pas des coups, mais de vraies implantations, soit ex-nihilo, soit par croissance externe. Nous montons des équipes, des unités de production (en Belgique et surtout en Allemagne et en Pologne) et constituons des stocks. Il s’agit en effet d’un métier très régionalisé, avec des produits volumineux qui voyagent très mal.

Quels sont vos ambitions pour les années à venir ?

D’ici trois à cinq ans, nous souhaiterions être présent dans l’ensemble des pays d’Europe, notamment ceux de l’Est où l’habitat collectif de l’époque communiste est en pleine rénovation. La Russie a aussi un potentiel important mais elle est difficile d’accès. Quand à l’Amérique du Nord, la prégnance des énergies fossiles est encore très grande et les systèmes de chauffage souvent rudimentaires. Les solutions améliorant la performance énergétique comme les nôtres sont encore loin d’être généralisées (*). Sur ce continent, il existe un mouvement de fonds pour des procédés de chauffage plus économes en énergie, mais très lent. La Chine nous intéresse encore plus, car elle prend de plus en plus en compte la raréfaction des énergies fossiles.


(*) Lors du 12ème colloque du syndicat des énergies renouvelables, qui s’est tenu le 1er février, la ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Nathalie Kosciusko-Morizet, a remis le trophée des énergies renouvelables à Frédéric Coirier, président du directoire du groupe Poujoulat.

Plus d’informations sur le BTP en Europe avec Le Bulletin européen du Moniteur

Focus

Le sommaire du Bulletin Européen du Moniteur cette semaine

Reach : six substances à retirer du marché.
La Commission européenne a placé sur sa « liste noire » des substances considérées comme dangereuses, dont cinq utilisés par les industriels du BTP.

RTE-T : 18 % pour le rail.
La Commission européenne a publié la liste des projets qui bénéficieront, à partir de 2010, d’une enveloppe globale de plus de 190 millions d’e dans le cadre du Réseau transeuropéen de transport.

Efficacité énergétique : « Les autorités allemandes ne sont pas réalistes ».
Le patron de l’Agence de l’énergie (Dena) a critiqué la faiblesse du programme public d’aides aux rénovations thermiques des bâtiments outre-Rhin.

La céramique transalpine retrouve des couleurs
Considérée comme le leader mondial de la filière, l’Italie affiche de nouveau des résultats encourageants, malgré la concurrence chinoise.

Libye : les constructeurs de la Botte sont-ils exposés ?
L’ancienne colonie italienne, actuellement plongée dans le chaos, entretient des relations commerciales privilégiées avec les entreprises transalpines, notamment le n°1 du BTP Impregilo.

Londres : le « Concombre » de Paddington approuvé.
Le « Council » de Westminster a donné accord à la construction de ce projet de tour résidentielle de 42 étages, aux formes incurvées.

Astaldi et FCC pour la ligne 5 du métro à Bucarest.
Les groupes de BTP italien et espagnol ont remporté, en consortium, un contrat de 215 millions d’e pour réaliser le premier lot de ce projet.

Lafarge et Tarmac : une alliance au Royaume-Uni pour profiter de la crise.
L’industriel français a annoncé que ses actifs en Grande-Bretagne allaient être regroupés dans une société commune avec ceux de la filiale du groupe sud-africain Anglo American.

« Cheminées Poujoulat doit être présent dans toute l’Europe ».
Pour Frédéric Coirier, président du Directoire de l’industriel français, le leader européen des conduits de cheminées et de sorties de toit doit voir plus loin.

Dalkia intéressé par le réseau de Varsovie.
Le spécialiste français des services énergétiques aux collectivités a annoncé son intention de participer au projet de privatisation du réseau de chauffage de la capitale polonaise.

Guide Coface Risque Pays 2011 : focus sur le BTP (2).
Lors de son colloque annuel, en janvier, l’assureur-crédit a présenté son analyse du bilan économique de 156 pays. Le BEM vous propose un résumé des informations intéressant la construction dans 45 pays, en Europe et dans le reste du monde.

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