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Charles-Henri Tachon, très rural et très urbain
L’architecte Charles-Henri Tachon - © © S. Ubiñana

Charles-Henri Tachon, très rural et très urbain

Marie-Douce Albert |  le 19/05/2011  |  Côte d'OrParisSaône-et-LoireFrance entièreEurope

Architecte des villes, il a été salué en 2010 pour ses logements de la rue du Nord à Paris (18e). Architecte des champs, il est fidèle à ses attaches bourguignonnes et soucieux de ces paysages qu’un rien peut faire basculer.

Charles-Henri Tachon commence seulement à « accepter d’être Parisien ». Voilà pourtant 22 ans qu’il est arrivé dans la capitale pour intégrer l’école d’architecture de Tolbiac et il doit bien admettre qu’à l’époque il était assez ravi de pouvoir quitter sa province. Né à Dijon le 22 décembre 1972, il a grandi à Mercurey, en Saône-et-Loire. Le village est associé à la renommée des vins de Bourgogne. Il n’empêche, « à l’adolescence, on s’ennuie à la campagne », dit l’architecte. D’ailleurs, on le sent très urbain. Pour autant le lien n’est pas rompu et aujourd’hui Charles-Henri Tachon a toujours deux adresses : son agence, créée en 1999, est installée à la fois à Belleville, quartier des plus parisiens, et rue de Champ-Ladoit à Mercurey. « C’est l’adresse de mes parents et la production réelle se fait à Paris. Mais j’y vais toujours régulièrement et je suis inscrit à l’Ordre de Bourgogne. J’essaie de garder une part de mon activité là-bas. »

« Faire basculer un paysage »

Quand il ne livre pas un immeuble d’habitation dans le 18e arrondissement de Paris, rue du Nord, ou ne planche pas sur des concours pour d’autres logements dans la capitale, Charles-Henri Tachon travaille sur l’extension d’un collège à Saulieu. Il aime se pencher sur des cas d’école, de maison ou même de grange dans sa région d’origine. « De tels projets interviennent vraiment sur la vie d’un village. Dans un tel contexte, la moindre intervention peut faire basculer un paysage, juge-t-il. Ça demande de prendre position. C’est parfois plus intéressant que de construire un immeuble dans une ZAC où tout est déjà tellement cadré. » C’est justement cette possibilité d’organiser l’espace qui l’a attiré vers l’architecture. « Quand j’étais gamin, je voulais être dans la nature, pas dans un bureau. Je crois que j’ai toujours apprécié l’atmosphère d’un espace et que j’ai voulu savoir comment pouvoir la créer. » Et lui qui a grandi dans un univers familial dont l’architecture ne faisait pas partie s’est « rendu compte que c’était un métier ».

« Créer les conditions de l’atmosphère »

Il arrive à Tolbiac en 1989, et là, ses professeurs s’appellent Pierre-Louis Faloci, puis Yves Lion ou encore Alexandre Chemetoff. Dès lors, il fait l’apprentissage de l’espace. « En effet, petit, on apprend le goût, la musique, la couleur mais pas l’espace. A l’école d’architecture, on a tout de suite commencé par des exercices de manipulation. C’était presque enivrant », se souvient l’architecte qui en arrive à penser que « créer les conditions de l’atmosphère, cela passe justement par l’espace ». Une fois son agence ouverte, il vérifie l’idée dès son premier chantier en jouant sur les volumes à réaménager d’un appartement du Front de Seine, à Paris.

Par ailleurs, dans la foulée de son mémoire et d’un article intitulé « Mon village en l’an 2000 », publié en 1997 dans « Le Visiteur », on le sollicite pour parler de la campagne notamment lors des Rendez-vous de l’Architecture de 2000. « On m’a étiqueté l’architecte campagnard, j’étais le seul à parler de ça », dit-il. Un peu réducteur tout de même pour un architecte, lauréat des Nouveaux albums des jeunes architectes (Naja) en 2002, qui se lancerait bien de grands défis. « La vie est rigolote quand on saute des ponts. » L’homme aime d’ailleurs les personnages qui ont de l’audace et le sens du rocambolesque comme un Fernand Pouillon ou un Richard Branson, l’infatigable patron de Virgin. Dans son agence, Charles-Henri Tachon conserve encore la photo de l’athlète noir américain Tommie Smith qui aux JO de Mexico en 1968, sur le podium du 200 mètres, leva le point pour protester contre les discriminations raciales. Drôle de trio que ce mini-Panthéon…

« Ne pas être dans les clous »

« Charles-Henri fuit plutôt les standards, décrypte Jérôme Lefort, un de ses amis. Il a ce souci de ne pas être dans les clous. Du coup cela lui permet d’être en avance sur son temps. Ne serait-ce que dans ses destinations de voyage. » Il ne faut donc pas s’étonner si avec un ami, il a traversé l’Albanie en vélo. « C’est un grand sportif, du genre à grimper le Ventoux les doigts dans le nez », remarque encore Jérôme Lefort. Avec un usage toujours précis des mots, Charles-Henri Tachon dit, lui, qu’il n’est « pas à l’aise avec l’oisiveté. De fait, il est difficile de faire beaucoup de choses à côté de l’architecture. Mais cela enrichit et j’aime bien produire, par exemple cuisiner. » « Et il le fait très bien », assure encore Jérôme Lefort. On a toutes les raisons de croire ce critique gastronomique professionnel, qui poursuit : « Charles-Henri fait une cuisine à son image, il part des racines, d’une recette existante qu’il respecte. Mais avec son sens du détail, il sait ensuite la rendre gourmande et jolie à l’œil. » Comme son architecture ?

chh-tachon.fr

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