En direct

"Changer les mentalités" par Laure Carmien, urbaniste

Defawe Philippe |  le 26/02/2008  |  France Architecture

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

France
Aménagement
Architecture
Valider

Le développement durable est aujourd’hui partout : on en parle sans cesse. Je me permets d’ailleurs d’en rappeler sa définition : "il s’agit d’un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs."
Or la façon dont nous nous "urbanisons" aujourd’hui est loin de répondre aux critères d’un développement durable (même pour les générations présentes !).
Comment se fait-il que des élus pensent à finir leur urbanisation ? Dois-je rappeler qu’un Plan Local d’Urbanisme est un document à horizon 10 ou 15 ans ? Cela signifie donc que ces élus ne souhaitent pas préserver de l’espace dans nos villes pour nos enfants ? Où se logeront-ils si tout est déjà urbanisé ? Il est vrai qu’il y aura toujours des logements qui se libèreront, mais il ne faut pas oublier que la France continue de faire des enfants ! Quelles solutions ? Est-ce que nos élus comptent sur les innovations technologiques et sur les avancées spatiales en espérant que nous iront vivre sur Mars ?
Après toutes ces questions, il serait intéressant d’apporter quelques réponses :

-Arrêtons la production de pavillons individuels 4 faces sur 700 m² de terrain minimum. Certes chacun a le droit d’aspirer à une maison avec un bout de jardin. Moi-même un jour j’espère être un peu plus éloignée de mes charmants voisins. Le fait est que tout comme la voiture, le pavillon est un signe d’élévation sociale profondément ancré dans l’imaginaire populaire. Plus notre terrain et notre voiture sont grands mieux on est considéré par nos pairs. C’est comme les enfants et les vêtements de marque… Et les pouvoirs publics pensent sincèrement que la population ne peut être heureuse que dans une maison individuelle. Sinon pourquoi auraient-ils inventé la maison Borloo après les Chalandonnettes et maintenant la maison à 15 € par jour ? Il me semble que le plus important c’est avant tout d’être propriétaire d’un logement adapté et confortable (en nombre de pièces, en terme de salubrité, d’accès aux équipements et services, mais aussi aux commerces)

- Faisons entrer dans la tête des politiques que logements collectifs et logements sociaux sont déjà différents et surtout ne sont pas vecteur de problèmes : certains élus ont tendance à assimiler logements collectifs et logements sociaux. Or cela ne veut rien dire : il peut y avoir des logements collectifs de standing et des logements sociaux individuels (comme les maisons Borloo). Ces mêmes élus ont tendance à préférer les pavillons parce qu’ils savent que ces propriétaires, pour la plupart, représentent des impôts locaux et un individualisme à tout épreuve. Ces habitants travaillent en grande majorité à Perpignan ou dans les pôles d’équilibre, ne rentrent que le soir et se barricadent chez eux pour ne pas apercevoir ce qu’il se passe dehors. Les quartiers pavillonnaires sont garants d’une certaine paix sociale, puisqu’il n’y a pas de vie, pas d’espace public...

- Favorisons les projets urbains de qualité : préférons les maisons en bandes, les petits collectifs (à 2 ou 3 logements), si on ne peut pas continuer à s’étaler on peut augmenter les hauteurs des constructions d’un étage (9 m) par exemple et surtout créons de véritables quartiers où l’espace public est réfléchi dans une recherche permanente de qualité. Si on offre des espaces verts de loisirs aux habitants ne leur serait-il pas plus facile de se passer d’un jardin privatif ?

Ce ne sont que quelques propositions d’une jeune urbaniste encore idéaliste, parmi de nombreuses solutions qu’il est impératif d’adapter aux caractéristiques et enjeux locaux. Je n’ai dépeins ici que des extrêmes pour attirer l’attention sur mon quotidien de technicienne et sur la gravité de la situation si nous ne réagissons pas au plus vite. De nombreuses autres solutions sont envisageables (peut-être pas avant les élections municipales !) pour palier la crise du logement notamment, mais il va falloir avant tout changer les mentalités !!!

Une réaction, une suggestion... Ecrivez-nous !

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Fabriquer la ville durable

Fabriquer la ville durable

Date de parution : 06/2020

Voir

Mener une évaluation environnementale

Mener une évaluation environnementale

Date de parution : 11/2019

Voir

Permis de construire et autorisations d'urbanisme

Permis de construire et autorisations d'urbanisme

Date de parution : 06/2019

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur