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Chaleur renouvelable : le retard pris par la France inquiète les professionnels du chauffage urbain
Dalkia, Groupe EDF, chaufferie biomasse de l'usine Smurfit-Kappa de Biganos-Facture. - © Dalkia

Chaleur renouvelable : le retard pris par la France inquiète les professionnels du chauffage urbain

Augustin Flepp |  le 20/11/2018  |  Energies renouvelablesRéseau de chaleur

Au regard des prévisions de projets connus par l’Ademe, la France risque de ne pas tenir ses objectifs de développement de la chaleur renouvelable à l’horizon 2023, alertent l’association Amorce, la Fedene et le SNCU. La profession veut cibler les 400 collectivités de 20 000 habitants qui ne possèdent pas de réseaux de chaleur.

La Fedene, Amorce et le SNCU s'inquiètent de la « baisse alarmante » des nouveaux réseaux de chaleur et de froid renouvelable. En 2017, le volume d'énergie "verte" livré a, certes, bondi de 8,5%, à 14 TWh, sur un an, mais la très grande majorité du développement du secteur provient du verdissement des réseaux existants, indique l'enquête annuelle réalisée par le Syndicat national du chauffage urbain (SNCU). Le froid livré, lui, reste stable à 1 TWh en 2017, contre 0,9 TWh en 2016. Les énergies renouvelables et de récupération (biomasse, géothermie, biométhane...) représentent désormais 56% de la chaleur livrée par les 761 réseaux français.

« Au rythme actuel et compte tenu du portefeuille d’affaires, nous savons que nous ne tiendrons pas les objectifs de la PPE », a concédé Thierry Franck de Préaumont, président du SNCU, à l’occasion d’une conférence de presse organisée le vendredi 16 novembre.

Des efforts à intensifier


La filière qui regroupe des entreprises spécialisées dans l’exploitation de centrales gaz, fioul, biomasse, géothermique... s’inquiète de la trajectoire prise par la France. La loi de transition énergétique a fixé comme objectif de multiplier par cinq la quantité de chaleur et de froid renouvelable et de récupération par les réseaux à l’horizon 2030, par rapport à 2012. Au regard des prévisions des projets de l’Ademe, le pays devra intensifier ses efforts annuels, de l’ordre de 150 ktep par an contre 70 ktep à l’heure actuelle.

En 2017, la chaleur renouvelable a représenté 18,7% de la consommation finale brute de chaleur (vs 18,3% en 2016), révèle le panorama de la chaleur renouvelable publié, le jeudi 22 novembre, par le Syndicat des énergies renouvelables (SER). « Cette deuxième édition du panorama reflète donc une stagnation de la consommation de chaleur renouvelable en 2017 », souligne le SER dans son étude. Le marché demeure largement dominé par le chauffage au bois domestique (53%), suivi des pompes à chaleur (21%) et de la biomasse collectivité (17%).

Les professionnels du chauffage urbain clament une nouvelle fois un doublement du fonds chaleur, l’un des principaux mécanismes de soutien des réseaux de chaleur. « François de Rugy a annoncé qu’il y aurait une réhausse du budget pour 2019 à hauteur de 300 millions mais nous restons très prudents sur les modalités d'application qui seront décidées », a fait savoir Thierry Franck de Préaumont. La filière évoque en particulier les difficultés rencontrées par les collectivités de taille moyenne. « Il y a environ 400 collectivités d’environ 20 000 habitants qui ne disposent pas de réseau, précise le président du SNCU. « Si elles ne sont pas aidées en amont pour réaliser des études préalables, elles n’arriveront pas à monter des projets ». Une compagne de prospection sera lancée en 2019 auprès de ces communes afin de les informer sur les atouts des réseaux de chaleur.

Dispositifs "complexes"


La Fedene et le SNCU invoquent aussi les dispositifs « complexes et répulsifs » qui accompagnent le Fonds chaleur, comme les avances remboursables. « Nous demandons un fonds chaleur claire et lisible, qui ne soit pas globale mais adapté à la particularité de chaque projet », défend Serge Nocodie, vice-président réseaux de chaleur et énergies renouvelables au sein de l’association Amorce.
Autre point sensible évoqué par la profession : la compétitivité-prix des énergies fossiles. « Il y a eu en 2014 une forte chute du prix des énergies fossiles d’environ 30%, rappelle Serge Nocodie. « Le niveau d’aide n’a pas été réévalué par rapport à ce déficit de compétitivité ».


Citant une étude de l’association Amorce, la filière met en avant la compétitivité prix de ce mode de chauffage. En 2017, le coût global des réseaux de chaleur par logement, pour une consommation de 170 kWh/m2 par an, s’est élevé à 1111 euros contre 1218 euros avec un chauffage au gaz collectif et 1840 euros avec l’électricité.

Chiffres clés des réseaux de chaleur et de froid (source : Fedene)

Réseaux de chaud

761 réseaux
5397 km de longueur desservie
56 % d’EnR&R dans le mix énergétique


Réseaux de froid

23 réseaux
1 TWh de froid livré
198 km de longueur desservie
1234 bâtiments raccordés

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