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CGPME : un homme du bâtiment à la tête de l’organisation des TPE-PME
François Asselin, élu le 21 janvier à la présidence de la CGPME - © © Brigitte Cavanagh / Le Moniteur

CGPME : un homme du bâtiment à la tête de l’organisation des TPE-PME

Propos recueillis par Frédérique Vergne |  le 21/01/2015  |  PME du BTPCPMECharpenteMenuiseriesGros œuvre

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La CGPME aime les hommes du bâtiment. François Asselin, à la tête d’une entreprise de menuiserie, ébénisterie et charpente, a été élu le 21 janvier président de la confédération des petites et moyennes entreprises. Il succède ainsi à Jean-François Roubaud qui, lui aussi, a mené carrière dans le bâtiment.

Les patrons de la confédération des petites et moyennes entreprises (CGPME) ont élu à leur tête, mercredi 21 janvier, François Asselin, 50 ans, président de l’entreprise familiale éponyme de second œuvre spécialisée dans le patrimoine à Thouars dans les Deux-Sèvres, et créée en 1957 par son père.
Seul postulant en lice, il remplace Jean-François Roubaud, âgé de 70 ans et président depuis 2002, qui avait annoncé dès septembre qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession. Tous deux viennent du secteur du bâtiment. Tous deux sont passés par la Fédération Française du Bâtiment : François Asselin en tant que vice-président de la FFB, qui est l’un des piliers de la CGPME, Jean-François Roubaud comme président de la FFB Ile de France.
François Asselin arrive aux manettes d’une des trois organisations patronales représentatives en toute connaissance de cause, il occupait jusque-là la présidence de la CGPME Poitou-Charentes après avoir été président de la CGPME départementale des Deux-Sèvres, mais aussi dans une situation économique compliquée pour l’ensemble des TPE et PME et à un moment où de nombreux défis l’attendent.

Qu’est-ce qui vous a poussé à occuper un rôle national à la CGPME, plutôt qu’à la FFB ?


François Asselin : Je n’ai jamais imaginé faire carrière dans une organisation patronale. Lorsque je suis entré à la CGPME il y a 7 ans, j’ai mené deux mandats parallèles, l’un à la confédération, l’autre à la FFB. Je ne pensais pas aller au-delà de ces responsabilités. Jacques Chanut est monté à la présidence de la FFB et il était l’homme idéal pour représenter le secteur du bâtiment. A la CGPME, Jean-François Roubaud ne désirait pas se représenter et m’a demandé de réfléchir à sa succession. J’ai réfléchi et j’y suis allé. En fait, il existe une caractéristique commune entre les deux organismes, les adhérents sont tous des entrepreneurs patrimoniaux.

Sur quoi allez-vous ancrer votre action ?


F.A. : Mon action s’appuiera sur trois principes. Tout d’abord, je pense qu’il faut encourager la prise de risque et arrêter de la sanctionner. On a trop souvent l’habitude de regarder l’entreprise de façon punitive. Lorsqu’elle est vertueuse, il faut au contraire l’encourager. Le deuxième axe est de parler positivement de la valeur travail, malheureusement perdue. Enfin, le troisième pilier est d’accepter un peu moins de sécurité pour gagner plus de liberté. Nous sommes dans une société totalement bloquée économiquement. Regardez l’emploi. On a mis tellement de contraintes que l’embauche d’un salarié est devenu un risque. Le secteur du bâtiment est à ce titre un bon exemple. On a empilé les formations obligatoires : formation à la hauteur, formation pour les milieux empoussiérés, habilitation électrique… Il y en a tellement que l’entreprise ne peut plus suivre le mouvement, sans parler du coût élevé engendré. Et on arrive à des dérives comme le travail détaché. Il n’est pas question bien sûr de faire sauter la prévention, mais de la voir autrement. L’emploi n’est pas qu’une affaire d’argent. Il faut se poser la question de savoir quelles sont les actions à mener pour que l’embauche soit une espérance et non un risque.

Quels sont les premiers dossiers qui vous attendent ?


F.A. : Il va y avoir dans les prochains mois des échéances importantes, parmi lesquelles les retraites complémentaires ou encore l’UNEDIC (1). Et dès demain (le 22 janvier), patronat et syndicats ont rendez-vous pour tenter une ultime fois de trouver un accord sur un texte de modernisation du dialogue social et des instances de représentation des salariés.  Je veux aussi mettre dans mes priorités la réflexion sur la sortie du Pacte de responsabilité fin 2017. Nous avons mis en place des modèles économiques basés sur cet allégement de charges qui ne seront plus valables dès 2018, il faut donc que, dès cette année, nous ayons une visibilité sur ce qui se passera après 2017.

Jean-François Roubaud a permis par son action de remettre dans le débat public le rôle des PME et TPE, qu’allez-vous amener de nouveau ?


F.A. : Mon combat est bien sûr de continuer à défendre, promouvoir et accompagner les patrons patrimoniaux. C’est pour cela que je vais créer une commission marchés et relations interentreprises ; une commission à l’identique de celle de la FFB que je présidais. On assiste par ailleurs à une évolution des habitudes de consommation, une façon de travailler via le numérique. Je vais donc essayer de faire cohabiter cet esprit start-up avec les métiers traditionnels de la CGPME. Faire du numérique une opportunité pour nos entreprises.

L’année passée a montré de nombreuses tensions entre votre organisation et le Medef. Comment voyez-vous vos relations ?


F.A. : Je n’ai pas de grands écarts à opérer. Sur certains sujets, il n’y a pas d’opposition avec les grandes entreprises comme celui sur le compte de pénibilité que nous dénonçons ; sur d’autres il existe des dissensions, comme l’accord réformant la formation professionnelle ou la représentativité patronale. Mais ce n’est pas grave, nos priorités ne sont pas forcément les mêmes.

Aujourd’hui, dans une société où l’individualisme prime et dans une période de crise qui ne favorise pas l’engagement des patrons,  ne faut-il pas être investi d’une mission pour prendre de telles responsabilités et être à la tête d’une organisation de 660 000 adhérents ?


F.A. : J’ai réservé une partie de ma vie à la cause syndicale. Ces années ont été riches d’enseignements, de formation, d’échanges qui m’ont aidé dans mon quotidien de chef d’entreprise. Même si on constate une montée de l’individualisme, il existe encore des bonnes volontés qui veulent œuvrer pour le bien commun. Et qui y croient. Mon engagement n’est pas nouveau et je veux continuer à accompagner petites et moyennes entreprises dans ce monde en mutation. Certes, le contexte est difficile, mais je me réjouis de constater que l’image des PME et TPE s’améliore auprès de l’opinion publique. 80% des Français considèrent qu’elles sont utiles. C’est plutôt encourageant. Sachons faire de cette image quelque chose de constructif.

Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter en tant que nouveau président ?


F.A. : Une belle aventure humaine collective.

Une entreprise familiale de 140 personnes

Créée en 1957, l’entreprise familiale Asselin est spécialisée dans la menuiserie, l’ébénisterie et la charpente. Elle a réalisé de très beaux chantiers de restauration : le Château de Versailles, le Pavillon des Indes à Courbevoie, le théâtre de Saumur, la reconstruction à l’identique de l'Hermione, frégate de Lafayette… Elle emploie 140 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires 2014 de 15,5 millions d’euros (65% en menuiserie et ébénisterie).
Implantée à Thouars dans les Deux-Sèvres, l’entreprise compte plusieurs antennes, dont une à Atlanta aux Etats-Unis où elle se développe sur le résidentiel haut de gamme, contrairement à son activité française orientée en grande majorité vers le patrimoine.

(1) Les syndicats et le patronat, qui gèrent l’Unedic, ont prévu de rediscuter les règles d’indemnisation des chômeurs en 2016, mais un premier groupe de travail doit se réunir en 2015.

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