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Ces 1 000 bâtisseurs ont de la ressource

Florent Maillet |  le 15/12/2017  |  EntreprisesEurope

Palmarès -

Malgré la crise, le classement des entreprises du BTP n'a pas été bouleversé. De nombreux acteurs profitent déjà de la reprise et de métiers en mutation.

C 'est un sentiment diffus qui commence à se propager dans l'écosystème du BTP, et que révèle notre « Top 1000 » des bâtisseurs classés selon leur chiffre d'affaires 2016. Le secteur, grand malade de la crise, voit trois types d'acteurs entrer en convalescence accélérée, quand ils ne s'affranchissent pas tout simplement de la conjoncture.

Les premiers ont su capter des niches promises à un bel avenir, comme l'efficacité énergétique ou les services aux bâtiments. La seconde catégorie est constituée des entreprises qui ont diversifié leur portefeuille d'activités par des rachats, ou en développant l'amont et l'aval de leur cœur de métier. Enfin, une réalité géographique s'impose : l'essentiel de la croissance se concentre dans les métropoles. Ne pas y pousser ses pions revient à se priver d'une précieuse source de développement.

Ces anticorps demandent à être fortifiés, et 2017 a déjà vu de spectaculaires rachats se boucler (TBI par TGL Group récemment, lire page 38 ), des groupes lancer de nouvelles activités ou densifier leur maillage territorial. Le secteur retrouve à peine la forme que, déjà, une nouvelle réalité s'impose à lui : la vague du numérique submerge l'immobilier et vient chatouiller le BTP. Personne n'est immunisé contre cette transformation-là, qui n'a d'autres remèdes qu'une mutation de l'ADN des sociétés. C'est à cette aune-là que les prochains classements devront aussi se lire.

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« Des groupes de taille intermédiaire très agiles »

Quels constats tirez-vous de ce classement ?

II n'est évidemment pas surprenant de constater que le Top 3 du classement, composé de Vinci, Bouygues et Eiffage, n'a pas bougé. En revanche, leur résistance en 2016, année que l'on peut qualifier de « transition » entre la crise et la reprise, est moins forte que celle des groupes de taille intermédiaire, comme Fayat, NGE, Léon Grosse ou Snef, qui possèdent un actionnariat familial ou salarié. Ce double effet de la taille et de la typologie du capital a vraisemblablement permis à ces derniers d'être plus agiles. Ils vont ainsi chercher des marchés, et donc du chiffre d'affaires, là où, parfois, les grands groupes hésitent à s'aventurer en raison d'une structure de coût défavorable liée à des frais généraux plus importants. La conséquence de cette tendance, ce sont des prix tirés vers le bas, phénomène qui n'est pas surprenant dès lors qu'il existe un déséquilibre entre l'offre et la demande : il semblerait qu'en 2017 cette baisse se soit arrêtée. L'agilité des groupes de taille intermédiaire ne se dément pas dans le temps, alors que ces entreprises continuent de grossir, par croissance externe ou développement de nouvelles activités.

Quelles évolutions constatez-vous dans le BTP ?

La diversification des activités des entreprises est l'une des grandes leçons de la crise. Elles ont cherché à modifier leurs types de revenus tout en réduisant leur exposition aux risques. Soit en cherchant des revenus récurrents, par exemple en intégrant des activités de maintenance qui viennent pondérer les effets de cycle liés à l'activité plus ponctuelle de l'industrie de la construction. Soit en remontant dans la chaîne qui compose un projet de bâtiment ou de travaux publics pour en capter davantage de valeur. Dans les TP, les acteurs investissent par exemple dans les carrières. Dans le bâtiment, c'est vers la promotion immobilière et ses marges beaucoup plus élevées que certains acteurs ont choisi de s'orienter.

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Top 50 des groupes indépendants de construction et d'infrastructures

Ces 50 entreprises pèsent près de 80 % du chiffre d'affaires (CA) global des 1 000 premières, et c'est au niveau des ETI que ça bouge. Ainsi, NGE (6e ) et Léon Grosse (10e) profitent d'un repli de Spie Batignolles et Rabot Dutilleul pour gagner un rang. Plus fort, le toulousain GA Smart Building grimpe de 10 rangs par rapport à 2015 et devient 23e . A surveiller l'an prochain : l'addition des forces de TGL Group (46e ) et TBI (37e ) constituera un ensemble potentiel de plus de 230 M€ de CA.

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MÉTHODOLOGIE

Les classements de ce dossier recensent les chiffres d'affaires 2016 des entreprises de bâtiment (tous corps d'état confondus) et de travaux publics, ainsi que de leurs filiales. Ils sont établis selon la méthode suivante : un questionnaire a d'abord été envoyé à 1 200 entreprises en trois vagues (mai, juillet et août 2017).

Puis, de septembre à mi-novembre, toutes ces entreprises ont été contactées par téléphone et par e-mail. En cas de non-réponse, les chiffres d'affaires ont été tirés des rapports annuels publiés, ou des données délivrées par Ellisphère, spécialiste de l'information économique. Les chiffres sont livrés à titre indicatif.

Contact : Luc Brié, [email protected]

Top 15 des constructeurs européens

Le Top 15 européen reste dominé par le quintette des trois majors françaises, de l'espagnol ACS et du suédois Skanska.

Si Eiffage (5e ) était talonné l'an dernier par Strabag, le groupe dirigé par Benoît de Ruffray creuse cette fois-ci un écart confortable avec l'autrichien. L'italien Salini-Impregilo, les britanniques Barratt et Kier entrent de manière spectaculaire en queue de classement, chassant notamment le français Spie. En calant quatre champions (autant que l'Espagne), les Britanniques sont les grands gagnants cette année.

Mais pourraient subir l'an prochain le contrecoup du Brexit.

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