Energie

Certificats d’économie d’énergie: un dispositif inconnu, « kafkaïen » et injuste selon UFC-Que choisir

Mots clés : Démarche environnementale - Gouvernement - Politique énergétique

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a assuré que des modifications ont été apportées depuis le début de l’année pour améliorer ce dispositif créé en 2005, qui fixe un volume d’énergie épargnée à atteindre (comptabilisé en « MWh Cumac ») pour chaque vendeur d’énergie.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a pointé dans un rapport publié jeudi 15 février, la méconnaissance du dispositif des Certificats d’économime d’énergie : selon un sondage effectué sur internet, 53% des consommateurs connaissent le dispositif mais ne savent pas de quoi il s’agit précisément, et 34% n’en ont jamais entendu parler.

« Il y a un déficit criant de notoriété », a expliqué à l’AFP Alain Bazot, président de l’UFC-Que choisir, évoquant une « faute partagée » entre l’Etat et les vendeurs d’énergie, qui ne communiquent absolument pas sur ce dispositif, et les artisans.

Parmi les consommateurs ayant engagé des travaux d’économies d’énergie, seulement 31% ont pu bénéficier de CEE. M. Bazot l’explique par « une procédure kafkaïenne », la demande devant être faite avant la signature du devis et l’aide pouvant être finalement refusée après les travaux si certains documents sont incomplets.

Surtout, le montant de la prime, qui varie du simple au double selon les vendeurs d’énergie, se révèle parfois « relativement faible au regard du montant des travaux ». « Pour la pose d’une chaudière individuelle, un consommateur n’entamera pas nécessairement une demande fastidieuse de CEE pour toucher une prime de 155 euros sur un coût total de 3.113 euros », explicite l’étude.

 

Locataires oubliés

 

Le coût des aides distribuées est ensuite répercuté sur la facture électrique de l’ensemble des consommateurs, incitant ces derniers à diminuer leur dépense énergétique.

UFC-Que choisir pointe le cas des locataires « oubliés du dispositif »: ceux-ci voient leur facture d’électricité augmenter mais n’ont pas d’intérêt à entreprendre des travaux dans un logement dont ils ne sont pas propriétaires.

L’association de consommateurs formule plusieurs propositions pour remédier aux défauts de ce dispositif aux principes pourtant « vertueux »: renforcer la transparence et obliger les vendeurs d’énergie, de chaudières ou d’équipements de rénovation à afficher les aides correspondant à un MWh Cumac, obliger le vendeur d’énergie à vérifier en amont que les travaux donneront bien lieu à un certificat et instaurer un bonus/malus pour inciter les bailleurs à entreprendre des travaux d’efficacité énergétique sur leurs biens en location.

Selon le ministère de la Transition écologique et solidaire, les critiques relatives à la méconnaissance et à l’opacité des primes sont « légitimes » et « partagées ». Des modifications ont ainsi été apportées: depuis début janvier, les vendeurs d’énergie sont obligés d’afficher un document « standardisé » et plus « lisible » pour permettre au consommateur de recenser les offres, et un « principe d’interdiction de révision du montant des primes » à la baisse a été fixé.

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