Centres-villes : comment les artisans rusent pour continuer les chantiers

Centres-villes : comment les artisans rusent pour continuer les chantiers

Laurent Duguet |  le 28/01/2020  |  NégoceVie du BTPFrance StationnementMoi, artisan

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Plombiers, maçons ou électriciens, des artisans tirent parti des centres-villes des métropoles en trouvant des alternatives aux difficultés de circulations et de stationnement.

Montpellier, 8h, un mardi de janvier. Devant une borne mobile séparant le centre de l’Ecusson, Jean-Christophe Cavé, plombier installé depuis 2006 dans le quartier Sainte-Anne (2 salariés), est à bord de sa Fiat Doblo, une camionnette de 3 m3 : « Bonjour, c’est le « Plombier du Centre ». Mon immatriculation est EZ…. Merci et bonne journée ! ». La journée de cet artisan, qui compte 60 % d’interventions dans l’hyper-centre, peut débuter : « En étant implanté dans l’hypercentre, je n’ai pas plus de droits qu’un artisan provenant de l’extérieur, à savoir 1h30 de stationnement ! Même si mon intervention n’est pas terminée, je ressors alors pour repasser avec mon badge et me garer à nouveau – avec un peu de chance – au même endroit pour 1h30 supplémentaire ! »

Avec la circulation et l’accès aux fournisseurs, le stationnement est l’un des trois piliers de tout artisan en centre-ville. L’entreprise Develgreen (5 salariés), implantée à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) et spécialisée dans la construction écologique à ossature bois et dans le béton de chanvre projeté, a trouvé une organisation qui résout circulation et stationnement pour amener ses salariés sur un important chantier de rénovation dans le cœur de Toulouse : « Ce projet mobilisera 4 à 5 salariés de notre entreprise pendant trois semaines à un mois. Les contraintes de l’hyper centre nous poussent à nous organiser : à partir du siège de l’entreprise, les collaborateurs se déplaceront ensemble en véhicule léger et n’utiliseront ainsi qu’une place de stationnement public. » Pour déjouer les difficultés à circuler et à stationner, certains ont trouvé une parade originale en utilisant…le vélo !

Le vélo, un atout inattendu

Avec ElecàVélo, Thomas Nataf a lancé un projet alternatif de mobilité à Nantes : « Mon siège social est en centre-ville et je me déplace dans un rayon de 2 km avec mon vélo cargo pour effectuer des dépannages électriques et petits travaux auprès de particuliers, entreprises et commerces. Lorsque le matériel est volumineux, comme un sèche-serviette, je peux compter sur des transporteurs à vélo, dont je répercute le coût zéro carbone à mes clients. »

De son côté, Raphaël Autin, maçon installé dans le centre de Nantes, intervient aussi à vélo : « J’ai créé mon entreprise RAF Renov’, en juin 2016 et je me déplace en vélo-cargo - de quoi transporter jusqu’à 200 kg de matériaux - sur un rayon de 5 km en centre-ville, où je réalise des agrandissements, du dallage, de nombreuses ouvertures en pierre ou parpaings. »

C’est sur le même modèle que Pierre-Armand Douillard a créé Bicycl’Eau, à Bordeaux, pour des travaux de dépannage en plomberie : « Mon vélo-cargo biporteur est maniable et constitue la meilleure réponse au déplacement en centre-ville. Par contre, ma caisse à outils est mon atelier et rangé comme un Tétris car je suis obligé d’être particulièrement organisé. »

Fournisseurs : les solutions existent

Certains négociants soutiennent ces artisans présents dans les centres des métropoles. Outre Espinosa, proche du centre de Montpellier où il peut se fournir, Jean-Christophe Cavé peut compter sur Richardson : « Il est le seul à me livrer en centre-ville. L’agence dispose d’une petite camionnette, a obtenu une carte d’accès en centre-ville auprès de la mairie et me livre le jeudi matin une fois par semaine. »

Raf Rénov’ a d’excellentes relations avec SGDF : « Je travaille depuis toujours en excellente intelligence avec l’agence Point.P du boulevard Général Pierre Koenig. Dès qu’un chantier le justifie, je contacte Nantes métropole pour bloquer trois places, c’est-à-dire l’empâtement d’un camion de Point.P avec grue », explique Raphaël Autin.

De son côté Thomas Nataf insiste sur la solution du dernier km : « Pour changer des néons 4x18 w dans un cabinet d’avocats, j’ai été livré par Green Course, coursier vélo à Nantes, lequel à récupéré les déchets qu’il a déposé chez Rexel, mon fournisseur. Optant pour le flux tendu, j’ai la chance de pouvoir compter ce négociant qui me met à disposition le matériel nécessaire dans son agence de Beaulieu, à proximité du centre de Nantes. »

Quant au plombier Pierre-Armand Douillard, il dispose de deux fournisseurs, Sider pour les petites pièces et les raccords, qui le livre si nécessaire deux fois par jour dans le centre et Hammel Robinetterie, un spécialiste de la vente à distance. « Je me fais livrer les grosses pièces à l’Atelier Remuménage qui s’occupe de la livraison au dernier km et qui récupère les déchets. Résultat : je n’ai pas à gérer la problématique du transport. »

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