Etat et collectivités

Centre de Strasbourg : le guide des chantiers d’été

Pendant les vacances, les entreprises de travaux mettent les bouchées doubles au centre-ville de Strasbourg, principalement sur des chantiers de rénovation.

Cocon de plâtre dessiné par Dominique Coulon et réalisé par WereyStenger, la bibliothèque de l’école maternelle Saint-Jean peut se lire comme un manifeste : la réhabilitation thermique et les budgets publics n’interdisent pas la création architecturale. De l’extérieur, les baies taillées en forme de diamants géants signalent l’écrin précieux et lui amènent une lumière tamisée, tout en préservant l’intimité des enfants. Des percées zénithales désignées comme des « canons à lumière » complètent l’éclairage naturel de la bibliothèque dont les formes arrondies se déclinent du sol au plafond, en passant par les rayonnages.

 

 

Caves thermiques à l’école

 

 

Le calme qui règne dans cette partie de l’école Saint-Jean, près de la gare centrale, contraste avec le ballet des engins qui se déploient dans la cour de l’établissement de 800 élèves, en vue d’une livraison pour la rentrée, après deux ans de travaux qui auront mobilisé 14 millions d’euros TTC. Sur le plan thermique, la  fin de l’été coïncidera avec la mise en service de la ventilation, pièce maîtresse d’un concept inédit : autrefois lieu de stockage commun à plusieurs écoles, les caves de l’établissement serviront de puits canadien. « Ce dispositif amènera 10 °C dans l’école, par une température extérieure de 0°C », prédit Vincent Cognée, qui suit le projet à la ville de Strasbourg.

Deux autres réhabilitations majeures ponctuent la visite des chantiers d’été du centre-ville : la bibliothèque nationale universitaire et le Palais des fêtes. Dans la première, étendue et mise aux normes incendie par le rectorat pour 61 millions d’euros, l’arrivée récente du squelette métallique de l’escalier central fabriqué par l’entreprise Schaffner révèle l’intention de transparence et de légèreté exprimée par l’architecte Nicolas Michelin. Des platelages en porte-à-faux desservent chacun des quatre étages.

Fin 2014, les étudiants pourront admirer la nouvelle entrée à partir des salles de consultation, dont les tables feront office de garde-corps. Les panneaux Baswaphon posés par WereyStenger les préserveront des nuisances sonores. Ils verront aussi les haubans lumineux descendre du dôme sommital pour tenir l’escalier qui se resserre à chaque niveau. D’ici là, le charpentier Viry et Les Couvreurs rhénans en auront fini avec l’étanchéité de la verrière.

 

 

Atrium pour les danseurs

 

 

Autre joyau de la Neustadt – le quartier allemand construit pendant la période de l’annexion, et candidat au patrimoine mondial de l’humanité – le Palais des fêtes est entré cette année dans une opération tiroir en site occupé qui ne s’achèvera pas avant 2020, après 30 millions d’euros de travaux. La principale référence strasbourgeoise dans l’architecture Jugendstyl – équivalent germanique de l’art nouveau – retrouvera une brasserie dès 2014. Sous les regards de la ville, maître d’ouvrage, et des Bâtiments de France, Vollmer rénove les menuiseries du bâtiment classé, et prépare la pose d’un double vitrage intérieur, pour les isolations acoustique et thermique.

L’extension du palais, construite après 1914 et pionnier du béton armé selon le procédé Hennebique, donne à l’architecte Michel Spitz l’occasion de l’une des principales innovations architecturales du projet : la démolition d’une verrière, au premier étage, libérera le volume d’un atrium qui, en septembre 2015, distribuera les studios de danse du centre chorégraphique. Dans une des salles de répétition attenante, la démolition d’un faux plafond a révélé des moulures dont la ville garantit la préservation : « L’appel d’offres en cours vise à sélectionner l’entreprise en fonction de la méthode de réparation », annonce Florence Mathonat, chef de projet.

 

 

Zone de rencontre à tester

 

 

La rénovation du centre de Strasbourg se joue aussi dans les rues étroites, au nord de la cathédrale.  Sous maîtrise d’œuvre de Tekton Architectes l’entreprise Sater pave la rue des Frères pour la transformer en zone de rencontre sur 350 m de long. D’ici à la rentrée, la ville s’attend aux grincements de dents occasionnés par la fermeture provisoire de deux carrefours. Pour tenir compte des cyclistes perturbés par le seuil de deux cm de la rigole centrale qui sert à la fois de caniveau et de repère pour les malvoyants, la ville en a réduit la hauteur. « Les réactions à ce projet conditionnent les méthodes que nous développerons dans les phases suivantes d’aménagement de zones de rencontre », annonce Robert Herrmann, premier adjoint au maire de Strasbourg.

Guide de la visite de presse annuelle des chantiers d’été à Strasbourg, l’élu retient les traits saillants du kaléidoscope de l’année 2013 : « Pendant les vacances, les entreprises et les fonctionnaires de la collectivité restent mobilisés pour conjuguer nos objectifs : maîtriser les coûts, favoriser l’innovation technique et améliorer le cadre de vie »…

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