En direct

Centrale électrique - La Romanche remet le courant

le 06/07/2018  |  CultureTechniqueBâtimentFrance entièreOuvrage d'art

Dans la vallée iséroise, un méga chantier installe un barrage prise d'eau et une galerie souterraine de 10 km.

C 'est une construction quasi indécelable qui chemine sous la vallée de la Romanche à hauteur de la commune de Livet-et-Gavet (Isère). Le plus grand chantier hydroélectrique de France vise à remplacer les 11 ouvrages existant sur cette rivière (barrages et usines) par un seul aménagement comprenant un barrage prise d'eau en amont et une galerie souterraine de 10 km pour alimenter une usine de production d'énergie en aval. Cette centrale est nichée dans deux cavernes, dont les dimensions de la principale évoquent la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Un réseau de galeries secondaires a aussi été creusé pour l'accès et la circulation des hommes, des matériels et des engins. L'écoulement de l'eau se fait par deux puits : un puits de chute de 160 m de hauteur et une cheminée d'équilibre jouant en quelque sorte le rôle de soupape de sécurité, puisqu'elle protégera les installations en cas d'arrêt brutal.

Trois techniques utilisées sous terre. Ces douze derniers mois, les équipes sous la direction de Daniel Pierra, chef de l'aménagement Romanche-Gavet chez EDF, n'ont pas chômé. Pour réaliser ces ouvrages souterrains, trois techniques ont été utilisées : deux tunneliers pour percer la galerie d'amenée, le « raise boring » pour les deux puits et des explosifs pour les cavernes. Le percement de la galerie s'est achevé le 14 décembre 2017, suivi du démontage des tunneliers six mois plus tard, une chambre creusée en amont pour effectuer cette opération. Le « raise boring », une technologie suédoise de l'entreprise Bergteamet, consiste à percer un tube avec un train de tuyaux doté à son extrémité d'un aléseur pourvu de 25 molettes qui grignotent la roche. Le puits a ensuite été sécurisé par une couche de 5 cm d'épaisseur de béton projeté par un robot en appui sur les parois.

Le puits de chute sera recouvert d'un blindage en acier : un assemblage de 23 viroles, de 8 m de hauteur chacune, qui seront soudées grâce à une plate-forme de sept étages descendue au fur et à mesure dans le puits. La cheminée d'équilibre sera, elle, revêtue d'un béton extrêmement lisse par un système de coffrage glissant acheminé par le bas du tube.

Des dissipateurs d'énergie uniques au monde. « Aujourd'hui, le génie civil est quasiment terminé », indique Daniel Pierra. Notamment les quatre dissipateurs d'énergie de 10 m de hauteur et 6 m de diamètre aménagés en aval. Cet ouvrage singulier est situé à l'extrémité d'une conduite forcée. Ce dispositif innovant conçu par la société française D2FC sert à court-circuiter l'usine en cas d'arrêt imprévu, sans causer de dommages à la rivière. Il n'en existe qu'un seul autre dans le monde.

Parallèlement, les deux groupes hydrauliques de l'usine d'énergie ont été équipés d'alternateurs munis d'un rotor et d'un stator. Des opérations réalisées au millimètre près, compte tenu du poids de ces pièces : 91 tonnes par rotor et 70 tonnes par stator. Reste à placer les roues des turbines, à câbler l'usine, à installer cet automne des transformateurs, des disjoncteurs et la centrale de commande. Objectifs : une livraison en septembre 2019 et une mise en service en juillet 2020. A ce moment-là, le chantier ne sera pas terminé pour autant. Tous les ouvrages existants seront démantelés entre 2021 et 2023, à l'exception de la centrale des Vernes, classée aux monuments historiques.

Maîtrise d'ouvrage : EDF. Entreprises : Campenon Bernard Régions (construction du barrage), Spie Batignolles TPCI (ouvrages souterrains et annexes), D2FC Energy Valves (fourniture et installation des quatre dissipateurs d'énergie), Bouygues Construction Services nucléaires (système de ventilation et de désenfumage de l'usine), GE Renewable Energy Hydro Solution (fourniture et montage des deux groupes hydrauliques), Clemessy Services (auxiliaire mécanique tuyauterie), Spie Sud-Est (évacuation énergie HTA). Coût des travaux : NC.

560 GWh de production annuelle pour la future centrale hydraulique, soit 38 % de plus que l'actuelle.

300 personnes ont travaillé sur le chantier au plus fort des travaux.

52 millions d'euros de travaux pour les entreprises locales.

57 hectares de prairies vertes ensemencées avec des essences locales sur les berges et à l'emplacement des friches libérées.

PHOTO - 13882_843520_k3_k1_1983086.jpg
PHOTO - 13882_843520_k3_k1_1983086.jpg
PHOTO - 13882_843520_k4_k1_1983088.jpg
PHOTO - 13882_843520_k4_k1_1983088.jpg
PHOTO - 13882_843520_k5_k1_1983113.jpg
PHOTO - 13882_843520_k5_k1_1983113.jpg
PHOTO - 13882_843520_k6_k1_1983114.jpg
PHOTO - 13882_843520_k6_k1_1983114.jpg
PHOTO - 13882_843520_k7_k1_1983116.jpg
PHOTO - 13882_843520_k7_k1_1983116.jpg

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Batiprix Bordereau 2019 - 36 ème édition

Batiprix Bordereau 2019 - 36 ème édition

Livre

Prix : 98.00 €

Auteur : Groupe Moniteur

Voir

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

200 initiatives pour la transition énergétique des territoires

200 initiatives pour la transition énergétique des territoires

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur