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Carte BTP : un déploiement qui tarde à décoller

Augustin Flepp |  le 29/08/2017  |  EntreprisesHaute-VienneFrance entièrePetites et moyennes entreprises

Certaines TPE ne se sentent pas concernées par le dispositif, malgré les efforts de la FFB et de la Capeb.

Quelque 525 000. C'est le nombre de cartes d'identification professionnelle du BTP déjà sorties de l'Imprimerie nationale. A cela s'ajoutent les 171 000 cartes commandées au 22 août, selon les chiffres fournis par l'Union des caisses de France Congés Intempéries BTP (UCF-CIBTP), l'organisme en charge du dispositif. A ce jour, 26 % des salariés concernés détiennent la carte BTP. Alors qu'il entre dans sa dernière ligne droite, le déploiement se poursuit à un rythme en deçà des attentes initiales. « Nous sommes dans une montée en charge moins rapide que ce qu'espéré », concède la FFB. Chacune des cinq zones géographiques a disposé de deux mois pour effectuer les demandes de cartes BTP (lire encadré). Ce calendrier a été fixé pour des raisons techniques afin d'étaler la montée en charge des commandes.

La barre des 2 millions ne sera pas atteinte. « La communication est restée volontairement floue sur la notion de contrôle et elle le reste aujourd'hui », confie un responsable de l'UCF-CIBTP. Ce qui signifie que les entreprises en retard ne s'exposent pas à une sanction en cas de commandes hors délai. Elles ne sont toutefois pas à l'abri d'un passage de l'inspection du travail et d'une amende en cas d'infraction (2 000 euros par salarié). Et ce d'autant que la lutte contre la fraude au détachement, à laquelle la carte participe, s'est intensifiée : les contrôles ont triplé en deux ans pour atteindre les 1 500 par mois. Malgré une accélération des demandes attendue à la rentrée, la barre des 2 millions de salariés titulaires au 30 septembre, à la fin du calendrier provisoire, ne sera pas atteinte. « Ce chiffre n'était qu'une hypothèse de travail destinée à fixer un ordre de grandeur a priori , mais en aucun cas un objectif », rappelle l'UCF-CIBTP.

Raison principale de ce rythme ralenti : une partie des TPE, qui représentent 95 % des entreprises du secteur, boude le dispositif. « Certains dirigeants qui interviennent sur des chantiers de particuliers considèrent que la probabilité des contrôles est faible », suppose l'UCF-CIBTP. Un responsable de la Capeb en Haute-Vienne livre une autre explication : « Ils estiment que c'est à l'Etat de prendre en charge les démarches administratives. » D'où le travail de sensibilisation mené par la FFB et la Capeb qui, depuis plusieurs mois, tentent de rappeler aux entrepreneurs leurs obligations.

Bugs techniques. Par ailleurs, au quotidien, les entreprises ont dû faire face à plusieurs problèmes techniques occasionnés par le site cartebtp.fr . Le système de reconnaissance faciale a parfois confondu des yeux cernés avec des lunettes ou des lèvres épaisses avec une bouche ouverte, provoquant un refus automatique des photos-portraits transmises. Le paiement par virement a également généré des temps d'attente très long. En outre, « les responsables de la plate-forme ne connaissent pas forcément toutes les informations à fournir », explique-t-on chez Demathieu Bard. Pour répondre à ces difficultés, le constructeur mosellan a été contraint d'embaucher une personne dédiée en CDD. D'autres ont pris des initiatives pour faciliter le déploiement. Eiffage travaille sur l'intégration du port obligatoire de la carte BTP dans son règlement intérieur. « Nous avons déjà été amenés à refuser l'accès à certains intérimaires », confie une responsable RH du groupe. Dans le Sud-Ouest, la FFB des Pyrénées-Atlantiques propose de rembourser la moitié du prix de la carte. MAS BTP en a profité pour équiper l'ensemble de ses 630 collaborateurs.

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Le bilan région par région

Le calendrier du déploiement de la carte a débuté le 22 mars et s'achève le 30 septembre. Chacune des cinq zones a disposé de deux mois pour effectuer les demandes de cartes.

Le pourcentage de titulaires varie de 16 % à 35 % selon l'UCF-CIBTP :

- 35 % en zone 1 - Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

- 35 % en zone 2 - Pays de la Loire, Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est.

- 23 % en zone 3 - Auvergne-Rhône-Alpes, Paca et Corse.

- 19 % en zone 4 - Bretagne, Normandie et Hauts-de-France.

- 16 % en zone 5 - Ile-de-France et départements d'outre-mer.

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