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Carrières - Les métiers de la signalisation se professionnalisent
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Carrières - Les métiers de la signalisation se professionnalisent

le 15/01/2010  |  ImmobilierEntreprisesLoire-AtlantiqueMaine-et-LoireMayenne

Les entreprises de signalisation devenant de plus en plus polyvalentes dans leurs activités forment leurs salariés à différents métiers. La formation permet également de pallier les difficultés de recrutements et de fidéliser les équipes.

«Nés il y a une soixantaine d'années, les professionnels de la signalisation ont pour mission d'intervenir après qu'une route soit construite ou rénovée, pour '' habiller '' et mettre en sécurité les voies rurales ou urbaines, à l'aide d'un panel de signes réglementaires et agréés. Ils entretiennent aussi ces équipements », décrit Cyrille Rio, directeur sud-est de l'entreprise Signature (filiale du groupe Eurovia). Ces entreprises œuvrent dans le domaine de la signalisation horizontale (marquage de la voie à l'aide de peinture) et de la signalisation verticale (pose de panneaux). Elles représentent un marché potentiel non négligeable - notamment depuis le transfert de compétences des DDE aux conseils généraux - le marquage réalisant à lui seul un chiffre d'affaires de deux cents millions d'euros. « Métier saisonnier - au pic d'activité estival - nous réalisons des travaux variés, du chantier très spécialisé au chantier plus polyvalent », explique Franck Muniglia, directeur de la PME Girodline, société nationale ayant la double compétence. Depuis quelques années, les sociétés de signalisation créent un maillage d'agences au plus près des territoires, et développent la polyvalence de leurs personnels. Avec pour objectifs de rentabiliser leurs contrats - la même équipe réalisant par exemple le traçage d'une ligne de stop et la pose du panneau ad hoc - et de s'adapter aux contraintes météorologiques (pose de panneaux par temps pluvieux, travaux de marquage par beau temps).

Développer la polyvalence

Cette polyvalence est sans doute aussi rendue nécessaire, car les entreprises se heurtent à une pénurie de personnel. Elles peinent à attirer les jeunes, ces derniers souhaitant travailler au plus près de chez eux. « Leader européen de la sécurisation des voies », et filiale du groupe Colas, Aximum, a recruté deux cents personnes en 2008, compagnons, techniciens et ingénieurs généralistes (Icam, Mines de Douai) ou spécialisés (ESTP). « Les embauches se sont tassées en raison du contexte économique, toutefois, nous continuons à recruter «», souligne Didier Camboly, DRH de l'entreprise. Pour recruter, la majorité des entreprises de signalisation passent par l'intérim. « C'est une solution souple et efficace », reconnaît Thierry Gaschard, repreneur de l'entreprise Jetrace-Service, TPE du Morbihan. Ce gérant a ainsi « testé les compétences et motivations de son employé intérimaire » avant de lui faire signer un CDI.
Une fois intégrés, les salariés aspirent à se former et à évoluer. « Nos métiers de la route se sont construits autour d'individus qui aimaient voyager, et apprenaient les gestes de sécurité et la technique en binôme, avec un ancien, raconte Franck Muniglia. Or, une part de savoir-faire a disparu lors du départ en retraite des premiers applicateurs. »
C'est pourquoi, la section « signalisation horizontale » du syndicat des équipements routiers vient de créer un certificat de qualification professionnelle (voir encadré). Pro Formation, basé près de Nantes, est l'un des centres à préparer des candidats à l'obtention de ce certificat. Depuis trois ans, il accueille des salariés de toute la France. « La signalisation horizontale est un vrai métier et se professionnalise », assure Michel Bolanos, créateur du centre. Investissant 4 % de sa masse salariale dans la formation, Aximum organise des formations dans son centre de Thivars, animant, entre autres, un module en signalisation verticale depuis sept ans, et expérimentant depuis peu un module en signalisation horizontale. Une politique également suivie par Eric Vandoolaeghe, directeur général de T1 (marque du groupe Hélios). « La formation permet de donner aux compagnons la possibilité de progresser au sein de l'entreprise, en développant l'évolution interne. » Des évolutions professionnelles qui respectent l'évolution des mentalités ; les chantiers de T1 ne se situent pas à plus de soixante-quinze kilomètres des agences, de façon à ce que les salariés puissent avoir une vie de famille.

« Promouvoir l'image de nos métiers »

- Pourquoi votre syndicat a-t-il créé un certificat de qualification professionnelle (CQP) ?

C'est une nécessité de professionnaliser nos métiers, car les entreprises sont confrontées à une véritable pénurie de personnel. En créant ce CQP, nous voulons promouvoir l'image de nos métiers, et faire le choix de la qualité. Ce certificat permet de passer d'un savoir diffus à un savoir maîtrisé.

- A qui s'adresse cette formation et comment se déroule-t-elle ?

Destiné aux applicateurs et aux chefs applicateurs, le CQP reconnaît les compétences acquises sur le terrain. Il veut permettre à ces personnels souvent passionnés d'être mieux reconnus. Il s'adresse aux professionnels expérimentés non diplômés, et à toute personne, sans expérience, souhaitant intégrer nos métiers. Il traite de la route en zone rurale et urbaine, et comprend une partie pratique (présentation d'un travail réalisé sur chantier), et une partie théorique (questionnaire à choix multiples et entretien avec un jury composé de salariés et de chefs d'entreprise). Le certificat donne une large place à la sécurité.

- Quels sont vos projets et attentes ?

Nous souhaitons faire connaître nos métiers et compiler tous ses savoir-faire : cette formation qualifiante, nationale et reconnue par la Fédération des travaux publics, est l'outil indispensable pour relever le défi. Elle permettra aussi de donner des garanties de professionnalisme à nos clients, dans un contexte particulièrement concurrentiel. La première promotion (décembre 2009) était formée principalement de professionnels. Notre démarche est exemplaire au sein du syndicat d'équipement de la route. Nos collègues des autres sections étudient, je crois, la possibilité de mettre en place aussi un CQP pour valoriser leurs métiers.

Propos recueillis par Blandine Dahéron -

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Pascal Crépeau . directeur des établissements Crépeau  - « J'ai choisi de former les salariés »

« J'ai créé mon entreprise de signalisation en 1995, en choisissant d'emblée de former les salariés, pour professionnaliser le métier, et leur permettre d'évoluer. Outre le personnel de terrain - aides applicateurs, applicateurs, chefs applicateurs -, nous avons créé un bureau d'études pour être en mesure de proposer aux entreprises de travaux publics des offres '' clés en main '', en signalisation horizontale et verticale, temporaire et permanente. Nous n'avons pas de difficulté pour attirer des jeunes, car notre entreprise est désormais connue localement, et l'atmosphère y est bonne. Nous recrutons les jeunes au moyen d'un contrat d'intérim. Nous proposons un CDI aux plus motivés : tout nouveau salarié reçoit une formation de base en contrat de professionnalisation (en alternance). L'entreprise s'est bien développée, ce qui a permis d'ouvrir une agence en Mayenne en 2007 et une antenne à Angers cette année. En Mayenne, tous les salariés sont inscrits en contrat de professionnalisation. L'un d'eux vient d'obtenir son certificat de qualification professionnelle (CQP) de chef applicateur. »

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Julie Langlois . responsable développement des ressources humaines chez Signature - « Les critères d'embauche sont fondés sur la motivation »

« En 2009, nous avons recruté une trentaine de compagnons sur les 250 salariés, environ 12 % des effectifs. Les critères d'embauche sont fondés sur la motivation : intérêt pour nos métiers (certains jeunes n'ont pas envie de travailler dans une usine), personnalité (capacité d'autonomie) et envie d'apprendre. Les ouvriers se forment sur le terrain, en compagnonnage. Ces binômes - un jeune associé à un compagnon expérimenté - fonctionnent très bien sur les chantiers. Nous organisons aussi des formations externes sur les techniques et la réglementation, ou internes sur la pose de panneaux, car nos métiers deviennent plus polyvalents. L'an passé, l'ensemble du personnel - du compagnon aux directeurs de région - a suivi une formation interne, sur les fondamentaux de nos métiers et les règles de sécurité. »

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