En direct

Carlo Mollino Le Teatro Regio à Turin

Giovanna D'Amia * |  le 11/02/2015  |  ProfessionArchitectureCultureTechniqueBâtiment

Conçu par Carlo Mollino et ses collaborateurs entre 1965 et 1973, le Teatro Regio de Turin est l'aboutissement d'une série de projets, suite à la destruction en février 1936 par un incendie du théâtre initial du XVIIIe siècle. Inséré en cœur d'îlot, ce théâtre n'a jamais été pourvu de véritable façade, sacrifiée à l'uniformité du cadre historique de la piazza Castello. Le nouveau bâtiment réussit la prouesse de s'inscrire harmonieusement dans ce contexte architectural monumental en faisant cohabiter tradition baroque et innovation. Le long processus de conception du théâtre et la multiplicité des intervenants qui se sont succédé sur ce site, mettent en perspective la relation entre architecture moderne et environnement patrimonial. Une dimension qui amène à tempérer la paternité de cette réalisation complexe, tout en saluant la beauté et l'inventivité débordante d'ingéniosité de cette ultime œuvre de Carlo Mollino.

L'histoire du Teatro Regio de Turin commence en 1713, lorsque le Duché de Savoie est transformé en royaume du Piémont. Le nouveau roi, Victor-Amédée II, souhaite avoir une salle de spectacles digne des grandes capitales d'Europe. Mais c'est en 1738, sous le règne de son successeur, Charles-Emmanuel III, que commencent les travaux. Réalisé par le jeune architecte Benedetto Alfieri, avec l'assistance technique du comte Giuseppe Nicolis di Robilant, ce premier théâtre est inauguré le 26 décembre 1740.

L'ancien Teatro Regio (1740-1936)

Avec une forme en fer à cheval, l'ancien Teatro Regio avait une salle grandiose et comptait parmi les plus fonctionnels de son temps, bien avant la Scala de Milan. En revanche, il ne possédait pas de véritable façade, étant inscrit à l'arrière d'un ensemble de bâtiments administratifs et devant suivre l'ordonnancement des arcades de la piazza Castello. Ce théâtre à l'italienne avait cinq étages de loges et pouvait accueillir jusqu'à 2 500 spectateurs. Comme en témoigne J.-J. Lalande, auteur du Voyage d'un Français en Italie (Venise-Paris 1769), le Regio est à l'époque « le plus étudié, le mieux composé, le plus complet qu'on voit en Italie, [...] le plus richement et le plus noblement décoré qu'il y ait dans le genre moderne ». Pendant l'occupation française en 1798-1800, il est rebaptisé Théâtre national, puis Grand Théâtre des Arts en 1801. En 1804, il prend le nom de Théâtre impérial jusqu'en 1814, date à laquelle il retrouve son état d'origine, à savoir celui de théâtre royal avec la restauration de la monarchie de Savoie. Il est ensuite adapté aux goûts néoclassiques en 1838 par Ernesto Melano et Pelagio Palagi, puis néobaroque avec l'intervention d'Angelo Moja en 1861. Après l'unification de l'Italie et le transfert de la capitale du pays de Turin vers Florence (1865) puis Rome (1871), le théâtre est donné à la municipalité, qui en est encore propriétaire aujourd'hui. Cette dernière procède, en 1905, à des travaux de transformation de la salle et de la scène sous la direction de Ferdinando Cocito. En 1924, c'est à Giacomo Matté Trucco, l'ingénieur concepteur de l'usine Fiat-Lingotto, qu'elle passe commande pour une mise à jour de la tour de scène avec des structures en béton armé. Mais dans la nuit du 8 au 9 février 1936 : la salle et la scène sont détruites par un violent incendie.

Les projets de reconstruction (1937-1963)

Avec l'annonce d'un concours lancé par la Ville, la question de la renaissance du théâtre est portée pour la première fois à l'ordre du jour en février 1937. Le programme comprend la création d'une salle pouvant accueillir 3 500 spectateurs - répartis entre le parterre, deux étages de loges et une galerie - à l'emplacement de la précédente. Parmi les conditions établies, le grand axe du nouveau théâtre devait être orienté parallèlement à la façade sur la place, et avoir la scène faisant face aux jardins royaux (à l'inverse du bâtiment précédent). Il fallait également prévoir une petite place latérale dans la cour de l'ancienne Académie militaire dotée d'un accès indépendant par les jardins.

La version définitive de 1938 du projet lauréat des architectes Aldo Morbelli et Robaldo Morozzo della Rocca, réduit la capacité de la salle à 2 700 places, afin de préserver les arcades de la piazza Castello. Avec la guerre, le chantier sera stoppé, ce qui ne fera qu'aggraver l'état des ruines de l'ancien bâtiment.

La cour de l'Académie militaire ayant été détruite par les bombardements, en 1948 la ville [...]

Cet article est réservé aux abonnés AMC, abonnez-vous ou connectez-vous pour lire l’intégralité de l’article.

Déjà abonné

Saisissez vos identifiants

Mot de passe oublié ?
Se connecter

Pas encore abonné

En vous abonnant au Moniteur, vous bénéficiez de :

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index

Commentaires

Carlo Mollino Le Teatro Regio à Turin

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX