Entreprises de BTP

« Carillion ne devrait pas être le seul à tomber au Royaume-Uni », Mark Farmer, PDG de Cast

Mots clés : Défaillance d'entreprise - Entreprise du BTP - Gestion de l'entreprise - Gestion et opérations immobilières - Gouvernement

Le dirigeant de ce cabinet-conseil anglais spécialisé dans l’immobilier et le BTP, est l’auteur d’un rapport-choc sur l’industrie britannique du BTP, intitulé « Modernise or die » (« Modernisez-vous ou mourrez »), réalisé en 2016 à la demande du gouvernement. Il pointait déjà les faiblesses structurelles et la rentabilité trop faible des entreprises nationales de construction. La faillite de Carillion, le 15 janvier ne l’a pas surpris.

Pour reprendre une expression Shakespearienne, il y a-t-il « quelque chose de pourri » dans l’industrie de la construction britannique ?

Mark Farmer : Oui. J’expliquais en 2016 dans mon rapport que cette industrie rencontrait des problèmes importants et qu’elle devait absolument changer ou faire face à des conséquences désastreuses, comme cela s’est vu le 15 janvier avec la faillite de Carillion. Il y a deux choses qui doivent absolument changer.

D’abord, l’organisation structurelle « basique » des entreprises de BTP. Ce que la débâcle de Carillion a dévoilé au grand jour, c’est un modèle d’entreprise avec un chiffre d’affaires et des liquidités élevées mais une piètre rentabilité. Le groupe dépendait d’un large réseau de sous-traitants, qui générait près de 80% de ses revenus. Ce modèle traditionnel à haut risque et avec des marges faibles est cassé. La chaîne transactionnelle est inefficace : on a de trop nombreux niveaux, des coûts multiples de gestion, de ressources humaines… Il va falloir que les grandes entreprises du secteur utilisent moins de sous-traitants, réembauchent directement du personnel et fonctionnent beaucoup plus sur le long terme. Le deuxième grand changement requis, c’est la modernisation. L’industrie britannique du BTP fonctionne aujourd’hui de la même façon qu’il y a 100 ans. Elle requiert une forte intensité de main-d’œuvre, qui n’est par ailleurs pas assez qualifiée, elle s’expose à trop de risques de retards, de surcoûts ou de mauvaise gestion de ses projets. Il va falloir se mettre aux dernières méthodes modernes de construction, comme le BIM, la gestion numérique des chantiers…

 

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X