Le moniteur
Carburants : le BTP s'exaspère mais se tient à distance des Gilets jaunes
- © Adobe Stock

Carburants : le BTP s'exaspère mais se tient à distance des Gilets jaunes

Laurent Duguet |  le 14/11/2018  |  BâtimentJacques ChanutPatrick LiébusCapebFFB

Si la FFB et la Capeb ne donnent aucun mot d’ordre national pour le 17 novembre, le secteur ne décolère pas après les annonces de hausse du prix du carburant.

Ce samedi 17 novembre 2018 sonne comme la mobilisation des Gilets jaunes, mouvement aux contours incertains, appelant à organiser des blocages ou des opérations escargots en France, face à l’augmentation des taxes sur le diesel. Si le secteur du Bâtiment et, surtout, des travaux Publics, semblent particulièrement remontés pour des raisons similaires, celui-ci adopte pourtant une attitude qui confine à la prudence.

« Certains de nos adhérents peuvent y participer à titre individuel, mais la Capeb du Territoire de Belfort – 200 adhérents -  n’en sera bpas car l’on ne veut pas être récupéré politiquement ! », lance Francis Voelin, son président, qui n’a cependant pas attendu les Gilets jaunes pour protester contre la hausse de 50 centimes du Gaz non routier (GNR) et qui ne voit pas pourquoi les petites entreprises compenseraient l’augmentation des taxes de carburant auprès de leurs salariés.

Pelle à la main

Le 16 novembre, il ira à la rencontre des deux députés du Territoire de Belfort : « Nous leur remettrons une pelle à main qui symbolisera la flambée du litre de GNR dans le projet de loi de finances 2019 et nous organiserons à nouveau une action quelques jours plus tard ». Pas le 17.

Dans le Rhône, Sylvain Fornes, président de la Capeb Rhône et Grand Lyon – 1 500 membres – n’a pas de mots assez durs envers les gilets jaunes : « Appeler à boycotter les commerçants de proximité, ça m’arrache le ventre ! Qu’on leur fiche la paix ! Ils ne méritent pas une double peine ».

Dans la Haute-Loire, la Capeb – 450 adhérents – a déjà organisé, le 9 novembre, une action « médiatique » sur la place centrale du Puy-en-Velay : « On ne veut bloquer personne car nous respectons les citoyens, mais on veut se faire entendre », explique son représentant, Thierry Grimaldi.

Si le Bâtiment ne donne pas de mot d’ordre, la colère est palpable : « le casque est plein », « c’est la goutte d’essence qui déborde », « le gouvernement est devenu fou ! » peut-on entendre. « Entre la suppression du taux réduit de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), la réforme du CICE et le coût du prélèvement à la source, c’est 10 000 € de plus à payer par an pour une entreprise de 10 salariés ! » indique la Capeb de Haute-Loire.

Pour la FBTP d’Aveyron - 220 adhérents –, « l’augmentation subite de 50 centimes par litre de gasoil non routier coûtera 2 500 € supplémentaires à une entreprise de maçonnerie de 9 salariés et 2 650 € sur le carburant des véhicules routiers ».

L’artisan des villes et l'artisan des champs

Chacun constate qu’une profonde césure s’opère entre les zones rurales et les agglomérations urbaines. Sylvain Fornès l’observe dans le Rhône : « Tandis que les artisans du rural sont très inquiets pour leur déplacement en raison de l’augmentation du prix du carburant, ceux de la métropole sont fixés sur le tarif de stationnement ! Il n’y a qu’à compter les gilets jaunes posés sur les tableaux de bord. Il n’y en a quasiment aucun à Lyon et ils sont en grand nombre en secteur rural ! »

Sur le même sujet Taxe gazole : «Nous allons continuer à nous mobiliser»

Le bâtiment crie aussi à l’injustice face au secteur agricole. En Aveyron, département rural, Robert Hyronde, secrétaire général de la FBTP 12  ne décolère pas : « Nous payons les inconséquences de Paris et l’Etat créé, dans une conjoncture fragile en Aveyron, une concurrence déloyale avec les entreprises agricoles. Si elles ne sont pas concernées par les mesures sur le carburant, elles réalisent aussi des petits travaux de TP ».

Francis Voelin rappelle aussi que le secteur agricole utilise bennes de travaux publics et pelleteuses, tandis que la Capeb Hérault ne comprend pas pourquoi « les entreprises relevant du secteur agricole et ferroviaire continueront de bénéficier d’un avantage réel sur la consommation de leur carburant ». C’est notamment pour protester contre ces « autres secteurs échappant au projet de suppression du GNR » que la Capeb et la CNATP de l’Eure manifestent demain en bloquant la Cité administrative de 7h à 11h.

Au-delà du carburant

A entendre les inquiétudes évidentes des uns et des autres, le pire n’est jamais sûr : « Quand, en 2019, nos salariés s’apercevront de la ponction du prélèvement à la source sur leurs salaires, ça se passera mal, prévient Robert Hyronde (FBTP 12). Les salariés vont réclamer des augmentations que les entreprises ne pourront pas accorder…Et là… ».

Pas de mot d’ordre, mais une exaspération, c’est bien le sentiment des professionnels interrogés. Au niveau national, le message martelé est clair. Jacques Chanut, le président de la FFB regrette, dans le dernier numéro de Bâtiment actualités,  que face à « Bercy qui a trouvé un gisement de taxes inépuisable », les « solutions de remplacement sont balbutiantes. Où sont les millions de véhicules propres, les moyens de transports collectifs, les  centres de recyclage des déchets ? ».

Quant à Patrick Liébus, président de la Capeb, il se dit atterré : « La méthode politique n’est pas bonne. Pire : elle est désorganisée, impréparée et ne peut qu’attiser les extrêmes. On nous dit de changer les véhicules, mais c’est une plaisanterie ! Et au-delà de la question des carburants, si rien n’est entrepris pour soutenir le secteur du bâtiment, comme la réintégration des fenêtres dans le CITE, ce sont des centaines d’entreprises qui n’auront bientôt plus d’activité ! »

Commentaires

Carburants : le BTP s'exaspère mais se tient à distance des Gilets jaunes

Votre e-mail ne sera pas publié

logo m*

14/11/2018 13h:39

Bonjour, je pense que étions en plein sommeil, si ils sont désorganisés, le BTP est en retard d'allumage . Quand on entend les folies de la mairie de Paris et de son maire aussi folle voir pire que des fous en cellule. Le poste carburant pour le entreprises du BTP, représente près de 20 %, avec les auguementations de carburant et les remplacement de véhicules ( remplacés par quoi???) ce poste atteindra les 50% rapidement. De quel devoir un peuple devrai accepter ces genres de choses. Quand on nous massacre avec la protection de l'environnement et en meme temps il faut changer les véhicules, que faire des anciennes véhicules, les recycler, N'est ce pas encore pollué encore plus la terre. Toutes les lois sur l'environnement sont faites pour faire gagner des sommes énormes aux amis de ces politiques. Regarder le monde aucun autre pays ne fait pareil, sommes nous des grands imbéciles de la terre, sommes nous plus généreux et seulement nous pour préserver cette nature. Les gouvernements d'avant ont poussé les fabriquants de véhicules diesel de pousser le plus possible pour les rendre propre, ils ont dépensé des sommes énormes pour que le diesel soit moins polluant et meme moins que certain essence. Existe t' il des camion électrique ou essence, pour le BTP;? Il est temps de bloquer toutes ces idées folles chacun veut avoir son nom sur une loi; La france est le pays qui inventes le plus de lois au monde . Il est temps de ne pas faire des lois avec le nom des ministres. Il faut diminuer de moitié les députés et supprimer les sénateurs. Chaque gouvernement devrait faire baisser le train de vie de l'état de moitié sur 5 ans max. Sommes nous un peuple mouton ???Il y a beaucoup à dire , que le peuple se réveil , les entreprises ne peuvent plus, vous gérez les pensions des couples divorcés, avec des insultes des ex épouses, nous allons avoir à gérer l'impot à la source,tout ceci sans reconnaissance et dégrèvement quelconque.Salutations el LOGO

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Hors-série Le Moniteur - Annuel Immobilier 2019

Hors-série Le Moniteur - Annuel Immobilier 2019

Presse - Vente au n°

Prix : 35.00 €

Voir

Batiprix Bordereau 2019 - 36 ème édition

Batiprix Bordereau 2019 - 36 ème édition

Livre

Prix : 98.00 €

Auteur : Groupe Moniteur

Voir

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Hors-série AMC : 50 ans d'architecture

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur