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Capitale régionale déchue, Amiens se rêve en centre du monde

Nicolas Guillon |  le 20/11/2015  |  France entièreNordSommeParisPyrénées-Orientales

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Il y a deux façons de poser le regard sur Amiens (1). La plus courante actuellement décrit une ville en déclin - entre décrochage économique et ZAC à l’arrêt -, à laquelle la réforme territoriale pourrait bien porter le coup de grâce. Et puis il y a la vision de Jean-Christian Cornette, arrivé, il y a huit mois, à la direction générale de la Sem Amiens Aménagement : « Oui, Amiens a raté une marche mais ça n’est pas un drame. Certes, la grande région Nord-Picardie interpelle cette ville qui se cherche. Mais tous les éléments sont réunis pour constituer une grande agglomération, qui rayonne de la plate-forme aérienne d’Albert à la baie de Somme. »

Après avoir connu un redressement spectaculaire sous la gouvernance de Gilles de Robien (1989-2002), Amiens perdit le fil de son projet urbain au milieu des années 2000. Si la conjoncture explique en partie la panne de plusieurs opérations, Jean-Christian Cornette avance également une raison technique à cette situation : « Amiens a laissé tomber son outil d’aménagement en ratant l’occasion de sa transformation en société publique locale [SPL]. » Un des premiers actes forts du binôme arrivé aux affaires en 2014 - Brigitte Fouré (UD-UDI) à la mairie, Alain Gest (LR) à l’agglomération - a précisément été la création, l’été dernier, de la SPL Amiens Développement, dont l’objectif est de mettre en adéquation les programmations des ZAC et les exigences des investisseurs.

La meilleure façon de marcher.

Jean-Christian Cornette annonce donc « un paysage à nouveau en mouvement en 2016 et le retour des grues sur Gare La Vallée, appelé à devenir un véritable quartier ». A l’instar de Salvador Dalí qui voyait dans la gare de Perpignan le centre du monde, l’aménageur est convaincu que le fil doit être redéroulé à partir de ce point névralgique qui place Amiens à 1 h 10 de Paris, 1 h 20 de Lille et moins de 40 minutes du littoral. Le parc urbain, dont le dessin a été confié à Paul Chemetov, apparaît dès lors comme une pièce maîtresse du puzzle. Cette coulée s’étendant de la gare aux hortillonnages et à la Somme est, en effet, censée permettre à Amiens de reconquérir les rives de son fleuve et ses innombrables espaces verts, richesse qui ne demande qu’à devenir vitrine à l’heure où la nécessité environnementale fait loi.

« Nous travaillons à la mise en place d’une nouvelle lecture de la ville, au rythme de la marche, poursuit Jean-Christian Cornette. En 2017-2018, vous verrez apparaître de nouvelles infrastructures. Le futur réseau de bus à haut niveau de service, dont les travaux seront alors sur le point de démarrer, doit être l’opportunité de tout repenser. » Et de recoudre tout un tissu urbain, de la Citadelle réécrite par Renzo Piano, qui tangente des quartiers nord à la mauvaise réputation, au nouveau CHU, au sud de la cité.

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PHOTO - 875971.BR.jpg - © ph.guignard / air-images

(1) 132 000 habitants dans la ville, 179 000 dans l’agglomération.

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