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CAPE : Contrat d’appui au projet d’entreprise pour la création ou la reprise d’une activité économique

Le Directeur, Pierre RICORDEAU Le Directeur de la Sécurité Sociale Dominique LIBAULTLe Délégué Général à l’Emploi et à la Formation Professionnelle Jean GAEREMYNCK |  le 04/09/2008

CIRCULAIRE ACOSS N° 2008-066 du 28 juillet 2008 Direction de la réglementation du recouvrement et du service DIRRES

Présentation

Le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE), instauré par la loi pour l’initiative économique n° 2003-721 du 1er août 2003, est un dispositif qui permet à une entreprise accompagnatrice d’aider une personne souhaitant créer ou reprendre une activité indépendante.

Le décret n° 2008-121 du 7 février 2008 relatif à la protection contre les accidents du travail des bénéficiaires du CAPE, modifiant le décret 2005-966 du 9 août 2005, prévoit, en l’absence de rémunération, une assiette forfaitaire au calcul de la cotisation accidents du travail fixée par arrêté.

Le Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise (CAPE), instauré par la loi pour l’initiative économique n° 2003-721 du 1er août 2003, est un dispositif qui permet à une entreprise accompagnatrice d’aider une personne souhaitant créer ou reprendre une activité indépendante.

Il vise à permettre à un porteur de projet de création ou de reprise d’entreprise ou d’activité économique de tester et de développer son projet en situation concrète. Ainsi, pendant cette période, il peut, sous le contrôle d’une structure d’appui, démarcher ses clients et commencer à produire et à commercialiser sa production de biens ou de prestations de services dans les conditions réelles du marché.

Ce dispositif contraint l’entreprise accompagnatrice à fournir au bénéficiaire du CAPE une aide particulière et continue, notamment en moyens matériels et financiers, et le bénéficiaire à suivre le programme de préparation à la création ou à la reprise et à la gestion d’une activité économique.

Le contrat d’appui est un contrat de droit privé, conclu par écrit et signé pour une période maximale de 12 mois, renouvelable deux fois.

1 - Les parties du contrat

Le contrat d’appui est conclu entre une personne morale et une personne physique :

– La structure responsable de l’appui ou « couveuse » peut aussi bien être une personne morale de droit privé qu’une personne morale de droit public. Aucune forme sociale n’est exclue par le code du commerce ;

– le bénéficiaire du contrat d’appui ou « couvé » : sont concernés les salariés à temps partiel (qu’ils travaillent pour la couveuse ou pour une autre entreprise), les demandeurs d’emplois, les bénéficiaires de minima sociaux et le dirigeant associé unique d’une personne morale (EURL et SASU).

2 - Le contenu du contrat

Le contrat d’appui au projet d’entreprise comprend notamment :

– les modalités de calcul ou le montant forfaitaire de la rétribution de la personne morale responsable de l’appui ainsi que leur évolution éventuelle au cours de l’exécution du contrat

– après le début d’une activité économique, les modalités et la périodicité selon lesquelles l’entreprise accompagnatrice est informée des données comptables du bénéficiaire ;

– les conditions dans lesquelles le bénéficiaire du contrat s’acquitte auprès de la personne morale responsable de l’appui du règlement des sommes correspondant au montant des cotisations et contributions sociales versées par celle-ci pour son compte en application du deuxième alinéa de l’article L. 783-1 du code du travail.

Le contrat peut également prévoir, avant le début d’une activité économique, une rémunération du bénéficiaire du contrat ainsi que, le cas échéant, ses modalités de calcul et de versement ainsi que son montant.

3 - Les obligations des parties au contrat

Le décret n° 2005-505 du 19 mai 2005 précise qu’il convient de distinguer deux périodes :

Avant immatriculation

La société ou l’association accompagnatrice du porteur de projet garantit l’activité du bénéficiaire auprès des tiers. Elle s’acquitte auprès des organismes sociaux, Urssaf et Assédic, des obligations d’affiliation, de déclaration et de versement des cotisations.

La déclaration du bénéficiaire du contrat d’appui ne s’effectue pas par le biais de la Déclaration Unique à l’Embauche mais par un formulaire spécifique, disponible sur le site « urssaf.fr » (annexe 2), auquel la structure d’appui doit joindre une copie du contrat d’appui signé par les deux parties.

En effet, la couveuse est tenue d’informer les services de l’Urssaf de la conclusion d’un contrat d’appui, de son terme prévu, de toutes éventuelles modifications apportées au contrat, de son renouvellement et enfin de sa rupture anticipée, le cas échéant.

S’agissant du bénéficiaire, avant toute immatriculation à tout autre registre de publicité légale, et même lorsque l’activité ne requiert pas d’immatriculation, le bénéficiaire indique sur l’ensemble de ses papiers d’affaires qu’il bénéficie d’un contrat d’appui. Il doit également mentionner la dénomination sociale, le lieu du siège social et le numéro d’identification de l’entreprise accompagnatrice, ainsi que le terme du contrat.

Après immatriculation et jusqu’au terme du contrat d’appui

Le bénéficiaire doit s’immatriculer auprès du centre de formalités des entreprises (CFE) compétent, dès lors que son activité économique débute, et déposer une copie du contrat d’appui qui sera transmise par le CFE aux organismes auxquels il sera tenu de s’affilier à l’issue de son contrat.

La fin du contrat permet de déterminer la date à laquelle le bénéficiaire relève du régime social des indépendants.

La structure d’appui informe les organismes concernés, le cas échéant, des renouvellements ou de la rupture anticipée du contrat d’appui. Après l’immatriculation, la société ou l’association et le porteur de projet sont solidairement responsables des engagements pris par le bénéficiaire, conformément aux dispositions du contrat jusqu’à son terme.

4 - Situation du bénéficiaire du contrat

Sans créer un statut social spécifique, le contrat d’appui permet l’affiliation du bénéficiaire au régime général de Sécurité sociale. Ainsi, pendant toute la durée du contrat, le bénéficiaire du contrat d’appui est affilié au régime général de Sécurité sociale, et il est assuré au titre des risques maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse, accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP). Il est assujetti dans les mêmes conditions au régime d’assurance chômage.

5 - Cotisations dues par la structure d’appui hors AT/MP

Pendant toute la durée du contrat, la structure d’appui est tenue de verser les cotisations et contributions sociales pour le compte du bénéficiaire du contrat.

Les cotisations sont calculées sur la rémunération définie à l’article R5142-3 du code du travail

– avant le début de l’activité économique du couvé : il s’agit de la rémunération éventuelle prévue au contrat, déduction faite des frais liés à l’exercice de l’activité

– après l’immatriculation du porteur de projet au CFE : il s’agit des recettes hors taxes dégagées par l’activité du bénéficiaire, minorées des frais relatifs à la mise à disposition des moyens nécessaires à la préparation, la création ou la reprise de l’activité économique, et des frais liés à l’exercice de l’activité professionnelle.

Les taux de droit commun sont applicables aux cotisations dues sur les rémunérations ou recettes du bénéficiaire du contrat.

Par ailleurs, les contrats d’appui ne bénéficient pas de l’allégement Fillon mais sont comptabilisés à l’effectif pour déterminer l’assujettissement au versement transport et au Fnal supplémentaire.

La structure d’appui doit faire figurer sur sa déclaration annuelle des données sociales (DADS) les rémunérations ou recettes ayant servi de base au calcul des cotisations du couvé. Au niveau de la DADS, le « couvé » est rattaché à la structure d’appui en effectif et en salaires.

6 - Cotisation AT/MP due par la structure d’appui

S’agissant du taux de la cotisation AT/MP, le décret n° 2005-966 du 9 août 2005 fixait un taux AT forfaitaire égal au taux net moyen. Or, si aucune rémunération n’est versée, la cotisation AT/MP ainsi que les autres cotisations ne sont pas dues.

Bien que la circulaire ministérielle DGEFP n° 2006-28 du 5 septembre 2006 retienne comme base servant au calcul de la cotisation le salaire annuel minimal des rentes mentionné à l’article L.434-16, les précisions apportées par cette circulaire ne peuvent se substituer aux dispositions du texte réglementaire.

Le décret n° 2008-121 du 7 février 2008 relatif à la protection contre les accidents du travail des bénéficiaires du CAPE, modifiant le décret du 9 août 2005, a supprimé la référence au taux forfaitaire entérinant la pratique qui consistait à retenir le taux accident du travail applicable à l’entreprise, conformément à la décision prise par les différents acteurs impliqués dans l’expérimentation du dispositif.

Le texte prévoit un assujettissement systématique au versement de la cotisation accident du travail. En effet, en l’absence de rémunération au sens de l’article R5142-3 du code du travail, il instaure une assiette forfaitaire, au calcul de la cotisation accidents du travail, fixée par arrêté.

Cet arrêté du 18 février 2008 paru au journal officiel du 27 février 2008 étend aux bénéficiaires du CAPE, qui ne perçoivent pas de rémunération, l’assiette forfaitaire horaire applicable aux stagiaires de la formation professionnelle continue. L’arrêté précise que les personnes bénéficiaires sont réputées accomplir la durée mensuelle légale du travail et que tout mois commencé est considéré comme entièrement accompli.

Au janvier 2008, la base horaire forfaitaire retenue pour les stagiaires est de 1,42 € soit une assiette mensuelle pour les bénéficiaires du CAPE de 215 € (soit 1,42 € x 151,67 heures).

Cette disposition est applicable à compter du 1er février 2008.

En conséquence,

• Avant le 1er février2008 :

– si le bénéficiaire du contrat d’appui était rémunéré (entendue la rémunération éventuelle avant immatriculation ou les recettes déclarées après immatriculation auprès au CFE), l’entreprise était redevable de toutes les cotisations de droit commun,

– et s’il était non rémunéré, aucune cotisation n’était due.

• A compter du 1er février 2008 :

– soit le bénéficiaire du contrat d’appui est rémunéré et l’entreprise est redevable de toutes les cotisations de droit commun

– soit il est non rémunéré et seule la cotisation AT/MP, calculée sur une assiette forfaitaire, est due.

7 - La périodicité des cotisations

Par dérogation avec l’article R 243-6 du code de la Sécurité sociale, les cotisations et les contributions de Sécurité sociale dues à raison des rémunérations payées au cours d’un trimestre civil sont versées dans les quinze premiers jours du trimestre civil suivant à l’organisme chargé du recouvrement dans la circonscription de laquelle se trouve la personne morale responsable de l’appui, des rémunérations éventuelles payées avant le début d’activité ou des recettes perçues par le couvé.

La périodicité des cotisations est trimestrielle quelle que soit la périodicité applicable à la structure d’appui.

8 - Articulation du CAPE et des aides à l’emploi

Lors de son immatriculation au CFE, le bénéficiaire du contrat d’appui peut être éligible à l’exonération ACCRE s’il répond aux conditions d’octroi à la date de la signature du contrat.

En cas de bénéfice de l’ACCRE, l’exonération des charges sociales s’applique également sur les cotisations versées par la structure d’appui, pour la période du contrat couvert par la mesure d’exonération.

S’agissant de l’application de l’exonération ACCRE aux cotisations dues par le bénéficiaire du contrat en sa qualité de travailleur indépendant :

– soit la durée d’exonération ACCRE se termine avant la fin du contrat d’appui : à compter de la fin du contrat, le bénéficiaire est redevable des cotisations et contributions sociales en sa qualité de travailleur indépendant

– soit l’exonération ACCRE se poursuit au terme du contrat d’appui. A la fin du contrat, l’exonération doit être appliquée jusqu’à son terme à son compte travailleur indépendant.

Par ailleurs, l’exonération pour le salarié créateur ou repreneur d’entreprise n’est pas juridiquement possible avec la conclusion d’un contrat d’appui.

9 - Codes types de personnel

Les codes types de personnel à utiliser par les structures d’appui pour déclarer les personnes bénéficiaires du contrat d’appui au projet d’entreprise sont

– 404 : Contrat CAPE avec rémunération ;

– 405 : Contrat CAPE avec rémunération Alsace - Moselle ;

– 239 : CAPE sans rémunération cotisation AT,

CAPE : contrat d’appui au projet d’entreprise

Décret 2005-505 du 19 mai 2005 ; décret 2008-121 du 7 février 2008 et arrêté du 18 février 2008.

Circulaire DGEFP 2006-28 du 5 septembre 2006 modifié par la circulaire DSS/DGEFP/2008/07 du 24 avril 2008 (publiée page 19)

Champ d’application

La structure responsable de l’appui ou « couveuse » est une personne morale soit de droit privé, soit de droit public.

Le bénéficiaire du contrat d’appui ou « couvé » est une personne physique. Sont concernés

– les salariés à temps partiel (qu’ils travaillent pour la couveuse ou pour une autre entreprise),

– les demandeurs d’emplois,

– les bénéficiaires de minima sociaux,

– et le dirigeant associé unique d’une personne morale (EURL et SASU).

Formalités

La conclusion d’un CAPE s’effectue par un formulaire spécifique (disponible sur le site « urssaf.fr »), auquel la structure d’appui doit joindre une copie du contrat.

Ce formulaire, qui remplace la DUE (déclaration unique à l’embauche), est à envoyer à l’Urssaf, également, en cas de renouvellement ou de rupture.

Régime d’affiliation du bénéficiaire

Pendant toute la durée du contrat, le bénéficiaire du CAPE est affilié au régime général de Sécurité sociale et est couvert aux titres des risques maladie, maternité, invalidité, décès, vieillesse et accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP).

Le « couvé » est également assujetti au régime d’assurance chômage.

Le terme du contrat permet de déterminer la date à laquelle le bénéficiaire relève du régime social des indépendants.

Durée du contrat

Le CAPE est un contrat obligatoirement écrit de droit privé d’une durée de maximale de 12 mois renouvelable deux fois.

La rémunération du bénéfi- ciaire du CAPE servant de base au calcul des charges sociales (art. R.783-2 du code du travail)

Il faut distinguer :

– Avant immatriculation : durant cette période le bénéficiaire du CAPE peut ou non être rémunéré. L’assiette des cotisations et contributions sociales est constituée par cette rémunération éventuelle déduction faite des frais liés à l’exercice de l’activité,

– Après immatriculation auprès du centre de formalités des entreprises compétent (CFE), lorsque le bénéficiaire du CAPE a réellement débuté son activité : les cotisations et contributions sociales sont dues sur les recettes hors taxes déduction faite des frais liés à l’exercice de l’activité.

Les cotisations et contributions sociales dues par la structure d’appui.

Deux situations :

1) Le bénéficiaire du CAPE est rémunéré au sens de l’article R.783-2 du code du travail.

Les cotisations et contributions sociales sont dues aux taux de droit commun.

Le taux accidents du travail applicable est celui de l’entreprise.

La structure d’appui est redevable des contributions FNAL et de la Contribution solidarité autonomie (CSA), et éventuellement du versement transport et du FNAL supplémentaire au titre du bénéficiaire du CAPE.

2) Le bénéficiaire du CAPE ne perçoit pas de rémunération au sens de l’article R783-2 du code du travail.

Avant le 1er février 2008, aucune cotisation n’était due.

A compter de cette date, lorsque le « couvé » ne perçoit aucune rémunération ou qu’il ne déclare aucune recette au titre d’un trimestre auprès de la structure d’appui, celle-ci est redevable d’une cotisation accidents du travail (AT) dont l’assiette est fixée par arrêté.

Il s’agit de l’assiette forfaitaire horaire applicable aux stagiaires de la formation professionnelle continue (1,42 € au 01/01/08).

L’arrêté précise que les personnes bénéficiaires sont réputées accomplir la durée mensuelle légale du travail et que tout mois commencé est dû, soit une assiette mensuelle de 215 € (1,42 € x 151,67 heures).

Les codes types de personnel à utiliser par la structure d’appui

1) Avant immatriculation du bénéficiaire auprès du CFE

1.1) Si le « couvé » est rémunéré :

CTP 404 : « Contrat CAPE avec rémunération » (ou CTP 405 pour l’Alsace-Moselle) et CTP 260 « CSG/CRDS ».

1.2) Si le « couvé » n’est pas rémunéré : Depuis le 1er février 2008, la cotisation accidents du travail est due :

CTP 239 : « CAPE sans rémunération cotisation AT ».

2) Après immatriculation du bénéficiaire auprès du CFE

2.1) Si le « couvé » bénéficie de l’exonération ACCRE

CTP 964 « Exo ACCRE RMI » ou 968 « Exo ACCRE chômeur » ou 984 « Exo ACCRE autres bénéficiaires ».

2.2) Si le « couvé » ne bénéficie pas de l’exonération ACCRE

CTP 404 : « Contrat CAPE avec rémunération » (ou CTP 405 pour l’Alsace-Moselle) et CTP 260 « CSG/CRDS », ou

CTP 239 : « CAPE sans rémunération cotisation AT ». Depuis le 1er février 2008, si aucune recette n’est déclarée par le bénéficiaire du CAPE auprès de la structure d’appui pour un trimestre donné, la cotisation AT est due pour chaque mois.

La réduction Fillon n’est pas applicable aux rémunérations ou recettes perçues par le bénéficiaire du CAPE.

Périodicité des cotisations

La périodicité des cotisations est trimestrielle quelle que soit la périodicité applicable à la structure d’appui. Elles sont dues en avril, juillet, octobre et janvier.

Déclaration du CAPE sur la DADS

La structure d’appui doit faire figurer sur sa déclaration annuelle les rémunérations ou recettes ayant servi de base au calcul des cotisations du couvé.

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