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Canalisations en acier inoxydable pour la Fondation Louis-Vuitton
Le musée de la Fondation Louis-Vuitton pour la création, en construction. - © © P.P.

Canalisations en acier inoxydable pour la Fondation Louis-Vuitton

PASCAL POGGI |  le 15/05/2013  |  ParisAcierTechniqueProduits et matériels

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Afin de minimiser les consommations d’eau et d’éviter tout risque de fuites dans les salles abritant les collections, les évacuations d’eau pluviales de la Fondation Louis-Vuitton sont réalisées à partir d’éléments en acier inoxydable soudés entre eux.

Le nouveau bâtiment du musée de la Fondation Louis-Vuitton pour la Création est conçu par Frank Gehry. Il est construit à Paris dans le bois de Boulogne, adossé au Jardin d’acclimatation. Les travaux ont débuté en?2008, le bâtiment sera livré en août 2013.

L’entreprise Balas, titulaire des lots plomberie et colonnes humides a commencé ses études dès juin?2009. Pour Balas, la complexité de la géométrie du bâtiment a imposé plus d’études que pour un bâtiment tertiaire classique. Sur un montant initial de marché de 2,2?millions d’euros, les études des lots plomberie et colonnes humides représentent environ 15?%, contre?3 à?4?% pour un bâtiment tertiaire classique.
Pour une surface de 10?000?m², ce bâtiment offre une importante surface de collecte des eaux pluviales?: la surface de verrières extérieures atteint 13?500?m², les façades «?Iceberg?» représentent 9?000?m², complétées par 6?000?m² de surfaces vitrées.

Dans le but d’assurer une absolue sécurité pour les collections, les réseaux d’évacuation sont conçus pour faire face à un orage centennal, avec des vents extrêmes et tourbillonnants. Traduit par Balas en ouvrages techniques, cela signifie un dimensionnement des ouvrages pour un débit de pointe de?468?l/seconde en évacuation des eaux pluviales. De plus, l’architecture du bâtiment impose des solutions particulières. La présence de douze?verrières et «?d’icebergs?», composés de panneaux de?150 x?40?cm, séparés par des joints de?7 et de?10?mm, introduit un risque important de résurgence d’eau sale.
La grande surface de collecte des eaux pluviales (EP) et la géométrie du bâtiment ont imposé des réseaux EP de?500?mm de diamètre en sortie.

Pour améliorer la tenue mécanique en cas d’incendie et leur performance acoustique, ces collecteurs EP en fonte ont été calorifugés. Les canalisations sont calorifugées à l’aide de manchons de laine de roche.

Canalisation
Canalisation - © © DR


Recherche de sécurité et durabilité à très long terme


Toujours dans un souci d’extrême sécurité, il fallait éviter les fuites. Le maître d’ouvrage voulait une solution fiable à très long terme, sans fuite. Il a donc écarté le PVC, dont le raccordement par collage est considéré comme moins fiable que les soudures. Résultat, les évacuations EP des façades et verrières sont en acier inoxydable avec raccords soudés. L’emploi de tubes acier a cependant introduit un nouveau problème. Les chéneaux et pénétrations EP en arrière des façades à structure aluminium sont également en aluminium et fournis par le lot façade. On ne sait pas souder de l’acier inoxydable et de l’aluminium. Pour conserver la technologie du raccordement par soudure, Balas a recherché et trouvé des tubes en alu, issus des techniques pétrolières, les a soudés les uns aux autres, jusqu’à atteindre un point hors des salles d’exposition, où il devenait possible de réaliser un raccordement mécanique alu/inox par brides, sans qu’une fuite éventuelle ne soit susceptible d’endommager les collections. Le réseau de distribution eau froide, quant à lui, est réalisé en PEHD (Polyéthylène haute densité) avec raccords soudés, tandis que la colonne humide anti-incendie est en acier galvanisé et permet un débit de?120?m3/heure.
Le but des concepteurs était de minimiser la consommation d’eau de ville. Ils ont donc prévu trois sources d’approvisionnement différentes en eau froide?: récupération des EP, puisage sur nappe et raccordement au réseau d’eau de ville.


Eau froide?: 3 sources et 5?usages différents

Tous les systèmes donnent priorité à l’emploi des EP, puis du puisage, et enfin de l’eau de ville. À l’exception des lavabos des blocs sanitaires (premier usage) alimentés exclusivement par l’eau de ville. Il n’y a pas de distribution d’eau chaude sanitaire. Elle est produite dans chaque bloc sanitaire par un minichauffe-eau électrique.
Les EP sont d’abord collectées dans un bassin EP de?500?m3. S’il déborde, les EP se déversent dans une bâche orage de?1?000?m3, puis sont réinfiltrées dans le sol. Si, en cas de très gros orage, cela ne suffit pas, une motopompe puise l’eau dans le bassin orage qu’elle déverse directement dans les bassins du bois de Boulogne, tout proches, avec un débit de?250?m3/heure.
Deuxième source d’approvisionnement en eau froide, les eaux de nappe sont puisées, puis réinjectées, dans deux nappes différentes par un total de?10?forages de puisage et de réinjection, avec un débit de?25?m3/heure.

Côté usages, les eaux de nappe alimentent les pompes à chaleur eau/eau chargées du refroidissement (deuxième usage).

La fontainerie (troisième usage), pour sa part est alimentée par la récupération des EP et non par les eaux de nappes qui demanderaient un adoucissement pour cet emploi. Les EP alimentant la fontainerie sont filtrées et légèrement chlorées. La fontainerie fonctionne en circuit fermé, avec des injections pour compenser l’évaporation et une opération de remplissage après vidange pour
nettoyage les bassins.

Quatrième usage, les réservoirs de chasses d’eau sont alimentés en priorité par les EP, à travers un réservoir de?1?m3 et un surpresseur. Si cela ne suffit pas, les chasses d’eau sont alimentées par le puisage en nappe, et enfin par l’eau de ville si le puisage fait défaut. Le même circuit fournit également l’eau pour l’arrosage. Le seul traitement est une filtration.
Le cinquième et dernier usage est le nettoyage des verrières. C’est aussi celui qui requiert le traitement d’eau le plus complet. Il est alimenté par les EP, puis par les puisages en nappe. Le but du traitement est d’éviter tout dépôt de calcaire et toute croissance biologique sur les verrières lors du nettoyage. Ces eaux traversent un filtre à sable, une première chloration, un osmoseur, un filtre à charbon, une seconde chloration car le filtre à charbon piège le chlore. Les eaux traitées sont stockées dans un réservoir de?2?m3. Selon les zones, le nettoyage des verrières est prévu deux à trois fois par an. Il sera effectué par une brosse mécanisée, manipulée par un opérateur monté sur une nacelle télescopique.
Plusieurs points de branchement sont prévus autour du bâtiment et en terrasse et raccordés au réservoir de?2?m3.

Retrouvez l'intégralité de l'article dans le numéro de mai des Cahiers Techniques du Bâtiment.

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