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Canal Seine-Nord Europe :  Nicolas Sarkozy lance officiellement le dialogue compétitif
Nicolas Sarkozy donne le départ au dialogue compétitif pour la construction du canal Seine-Nord - © © DR

Canal Seine-Nord Europe : Nicolas Sarkozy lance officiellement le dialogue compétitif

Adrien Pouthier et Maxime Bitter |  le 05/04/2011  |  ArchitectureAménagementMobilitéOiseSomme

Nicolas Sarkozy a officiellement lancé mardi 5 avril le dialogue compétitif pour la réalisation du Canal Seine-Nord Europe. Les deux candidats Bouygues TP et le consortium Vinci/Eiffage auront plusieurs mois pour remettre leur offre pour la réalisation de ces 106 km de voies navigables entre Noyon et le canal de Dunkerque-Escaut.

"Le dialogue compétitif, on le lance aujourd'hui, c'est clair", a affirmé le président de la république ce mardi 5 avril à Nesle dans la Somme, en réponse à une question d'Alain Gest, président de VNF sur le canal Seine-Nord.
Nicolas Sarkozy débloque ainsi le projet d'infrastructure fluvial, remis en cause à Matignon. "Chacun a une bonne raison de dire non à ce projet, et surtout il y a la crise", rappelle-t-il avant d'affirmer que, justement, "la meilleure réponse du pays à la crise, c'est l'investissement".
"Cela fait un demi siècle que l'on n'a pas construit de canal alors que tout le monde dit que c'est formidable, a rappelé le Président. Et l'enjeux, ici, c'est 500 000 camions en moins".
A la demande de Daniel Percheron, président de la région Nord-Pas-de-Calais et représentant des collectivités locales lors de cette table ronde, Nicolas Sarkozy a annoncé la constitution d'un groupe de travail sur les retombées locales et le lien entre les projets du Grand Paris, la réforme portuaire et le canal.
Le déplacement picard du Président marque donc le démarrage d'une procédure qui durera jusqu'à 18 mois avec les deux candidats Bouygues et le consortium Vinci/Eiffage. Cela permettrait un démarrage des travaux fin 2012 et une livraison en 2016-2017.

Pour ce contrat de partenariat public-privé il est prévu de demander à chacun des candidats une définition détaillée du projet, des engagements sur le développement des plates-formes portuaires ou d'autres équipements qui apparaissent utiles en lien avec la réalisation du canal (équipements de loisir, construction immobilière, production d'énergie...). Une proposition qui doit être assortie d'une offre financière.
Il existe cependant déjà un cahier des charges relativement précis établi depuis des années pour ce chantier gigantesque.

Un chantier gigantesque

Ainsi, le canal de 106 kilomètres de long fera 54 mètres de large pour le plan d'eau en section courante ; l'emprise globale de l'ouvrage, avec digues, berges et chemins de service, s'établira en moyenne entre 100 et 150 mètres. D'une profondeur de 4,5 mètres, il permettra un enfoncement des bateaux de 3 mètres.
Au total, la superficie globale du projet (y compris les plates-formes multimodales, les réservoirs d'eau et les zones de dépôts de matériaux excédentaires) sera de 2 450 ha.
7 écluses
seront construites dont 1 dans la vallée de l'Oise (6,41 m de chute) et 6 entre Noyon et le canal Dunkerque-Escaut d'une hauteur de chute variant de 15 à 30 m.
3 ponts-canaux
(dont un ouvrage exceptionnel de 1 330 mètres de long pour franchir la Somme), 57 ponts routiers et 2 ponts ferroviaires enjamberont le canal ( voir notre vidéo "infrastructures du canal" ).

Développement économique

La création du canal entraînera le développement de 4 plates-formes d'activités (Cambrai-Marquion, Péronne-Haute Picardie, Nesle, Noyonnais soit environ 360 ha) qui offriront des services portuaires pour les entreprises régionales vers les 6 ports maritimes du Havre à Rotterdam et vers d'autres ports intérieurs ; 5 quais céréaliers (Graincourt-les-Havrincourt, Moislains, Cléry-sur-Somme, Languevoisin et Noyon); 2 quais de transbordement (Thourotte et Ribécourt) mais aussi de 5 équipements pour la plaisance (Hermies, Allaines, Biaches/pont-canal, Saint-Christ-Briost, Ercheu) pour l'accueil des bateaux de plaisance individuels ou collectifs (péniches-hôtel, paquebots fluviaux), qui seront des pôles d'animation locale.
Enfin 2 bassins réservoirs d'eau - Allaines-Bouchavesnes-Bergen (Louette) et Etricourt-Manancourt-Equancourt (Tarteron) - d'un volume de stockage de 16 millions de m3 environ, assureront l'alimentation du canal en période d'étiage de l'Oise.

Cinq ans de travaux

Des travaux prévus pour durer quatre à cinq ans après la fin des campagnes de sondage des sols et les prospections archéologiques et l'acquisition des terrains. L'ouvrage dont la durée de construction est la plus importante est le pont-canal de franchissement de la Somme : la construction de cet ouvrage exceptionnel est envisagée sur une durée de quatre ans. Les chantiers de terrassement seront réalisés en trois ans et les écluses en trois ans et demi. La mise en service du canal sera précédée d'une série d'essais sur le fonctionnement du système, qui durera environ trois mois.
Dans son calendrier initial, VNF avait prévu une mise en service en 2016. On est encore dans les temps. Les candidats devront juste remettre très rapidement leur offre et le financement des 4,2 milliards d'euros nécessaires être bouclé...

La carte du canal Seine-Nord Europe et ses infrastructures majeures
La carte du canal Seine-Nord Europe et ses infrastructures majeures
Que faire de la terre excavée ? Le chantier du canal représentera 55 millions de m3 de terre déplacés dont 30 millions de m3 d'excédents à déposer sur des terrains à proximité du canal faisant partie du périmètre du projet et qui seront in fine remis en culture, boisés ou réaménagés à d'autres fins. Détail des opérations.

Déblais

Le volume des déblais sera d'environ 55 millions de m3. La topographie implique des passages en grands déblais. Ces grands déblais (supérieurs à 20 m) représentent un linéaire de 7 860 m et seront situés au niveau des communes suivantes :
- Sermaize sur un linéaire de 140 m ;
- Ercheu et Frétoy-le-Château sur un linéaire de 380 m ;
- Biaches, sur un linéaire de 580 m ;
- Moislains, sur un linéaire de 780 m ;
- Moislains et Etricourt-Manancourt, sur un linéaire de 1 000 m ;
- Etricourt-Manancourt et Ytres, sur un linéaire de 340 m ;
- Ytres, Neuville-Bourjonval et Ruyaulcourt, sur un linéaire de 3 240 m ;
- Hermies, sur un linéaire de 660 m ;
- Oisy-le-Verger, sur un linéaire de 740 m.

Remblais

Le volume des remblais sera d'environ 25 millions de m3. On rencontrera des zones de remblais supérieurs à 20 m totalisant un linéaire d'environ 2 640 m au niveau des communes suivantes :
- Saint-Christ-Briost et Villers-Carbonnel, sur un linéaire de 180 m ;
- Eterpigny et Barleux, sur un linéaire de 640 m ;
- Moislains, sur un linéaire de 300 m ;
- Havrincourt, sur des linéaires de 460 et 200 m ;
- Bourlon, sur 20 m ;
- Bourlon et Marquion, sur un linéaire de 660 m.

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