Entreprises de BTP

BTP : les Scop à la Une

A l’occasion du XXe Congrès de la Fédération Nationale des Scop BTP en Avignon les 24 et 25 octobre, coup de projecteur sur ces sociétés coopératives qui pourraient représenter une alternative au modèle d’entreprise bousculé par la crise économique.

Dans un monde de fonds de pensions, de spéculation et d’actionnaires avides, toutes les entreprises françaises voient leur système de fonctionnement critiqué, malmené et menacé par la crise. Toutes ? Non. Près de 1.826 sociétés en France résistent encore et toujours aux maux du capitalisme moderne, ce sont les Sociétés Coopératives de Production, les Scop. Près de 39.000 personnes travaillent pour ces entreprises de forme SA ou SARL dont les salariés sont associés majoritaires. Ils détiennent au moins 51% du capital et décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise en désignant notamment leurs dirigeants (gérant, conseil d’administration, etc.), sur le principe de « Un homme, une voix ». Ils décident également du partage des bénéfices qui ont une double vocation : privilégier ceux qui travaillent dans l’entreprise, sous forme de participation, d’intéressement, voire de dividendes, et penser aux générations futures en constituant des réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l’entreprise. Ainsi 25 % des bénéfices de la société reviennent d’abord aux salariés. 16 % au minimum des bénéfices sont versés à l’entreprise pour consolider les fonds propres. Derniers avantages, fiscaux, ceux-ci : les Scop sont exonérées de taxe professionnelle et grâce à la participation, réduisent leur taux d’impôt sur les sociétés.

Le BTP aime les Scop
Un bien beau concept, qui ne date pas d’hier : si leur statut a été fixé en 1947, les Scop sont un héritage des idéaux sociaux de la fin du 19e siècle. Jean Jaurès contribua ainsi à la création de la première Société Coopérative « Ouvrière de Production » à l’époque, la Verrerie d’Albi. Et dès 1884, les Chambre Consultatives des associations ouvrières rassemblent les premières « Scop ». Aujourd’hui, quand on entend coopérative, ne pas penser immédiatement « agriculture ». Non, dans ce secteur c’est le BTP qui est en tête : 11.964 personnes travaillent dans des Scop. Le secteur est d’ailleurs composé d’unités relativement importantes puisque ces emplois étaient concentrés dans 481 coopératives fin 2007, alors que dans les services intellectuels et culturels, on compte bien plus de coopératives (577), mais seulement 8.313 emplois. La taille moyenne de la Scop de BTP était donc fin 2007 de 25 personnes alors qu’elle n’est que de 14 personnes dans les services intellectuels et culturels*.

Fédération, banque, syndicat coopératifs
Depuis 1946, les Scop du BTP français peuvent adhérer à une Fédération nationale des Scop du Bâtiment et des Travaux Publics qui regroupe près de 500 Scop des secteurs du Bâtiment (gros-oeuvre et second-oeuvre), des Travaux publics ainsi que des activités connexes (architectes, bureaux d’études techniques, géomètres-topographes…). Elles représentent 2 % du chiffre d’affaires du marché national. La Fédération assure les missions classiques d’un syndicat professionnel. Reconnue comme l’une des quatre organisations d’employeurs du secteur, elle participe à l’ensemble des institutions de la branche et représente les Scop vis-à-vis des partenaires professionnels comme des Pouvoirs publics. Les Scop ont même leur banque, le Crédit coopératif qui possède d’ailleurs une filiale BTP Banque créée en 1919 (sous l’appellation de Banque Corporative du Bâtiment et des Travaux Publics ou B.C.B.T.P.) et leur « Medef », la Confédération générale des Scop (CG Scop).
Il ne vous reste donc plus qu’à créer votre Scop. Sachez que pour ça, il vous faudra, pour une Scop à forme SARL : au moins deux associés et un capital de 30 euros; et pour une SA, au moins sept associés et un capital de 18.500 euros.

Adrien Pouthier

* Les services matériels (nettoyage, taxi, restauration, etc.) forment le troisième grand secteur d’activité des Scop avec 6 821 salariés fin 2007, soit 18% du total. Ce sont là encore des entreprises relativement importantes avec une taille moyenne de 27 personnes. C’est le secteur de la fonderie et du travail des métaux qui rassemble les unités les plus importantes puisque fin 2007, 159 coopératives rassemblaient pas moins de 5 498 salariés, soit une taille moyenne de 35 personnes. Source CG Scop.

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