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BTP Avec Bolloré, Bouygues bétonne son capital

MICHEL OCTERNAUD |  le 19/12/1997  |  EntreprisesRéglementationInternationalRéglementation des marchés publics

-Une société en participation créée conjointement par Vincent Bolloré et la famille Bouygues détiendra 24 % des actions du groupe et 30 % des droits de vote. -Le groupe estime se mettre ainsi à l'abri d'une OPA.

A la faveur d'un ramassage progressif d'actions ces derniers mois, Vincent Bolloré, président du groupe Bolloré Technologies, annonçait le 9 décembre qu'il s'était offert 8,7 % du capital (6,8 % des droits de vote) du numéro un européen du BTP, Bouygues. Une opération « amicale » (1,2 milliard de francs de liquidités provenant de différentes cessions), réalisée en « plein accord » avec Martin Bouygues, mais qui a tout de même créé un effet de surprise !

Forte présence à l'international

Le 15 décembre, nouveau coup de théâtre : les deux groupes ont annoncé que Vincent Bolloré était monté jusqu'à 9,2 % du capital (et 7,2 % des droits de vote) de Bouygues, dont la SCDM (société holding détenue par Martin Bouygues et son frère Olivier Bouygues) possède 14,8 % (et 22,8 % des droits de vote). La SCDM et le groupe Vincent Bolloré sont convenus de constituer une société en participation à laquelle sera transférée la jouissance des actions qu'ils détiennent (voir encadré). Cette société détiendra au total 24 % des actions de Bouygues et 30 % des droits de vote. Il est prévu qu'elle ne dépasse pas les 33 % du capital, seuil au-delà duquel Bolloré et Bouygues devraient nécessairement lancer une OPA sur le reste du capital.

Les deux alliés, à première vue, mettent fin aux rumeurs d'une intention de Vincent Bolloré, aidé par un partenaire extérieur, pour entreprendre à terme une OPA sur Bouygues.

Au contraire, les partenaires confirment que « cet accord est un investissement financier à long terme décidé en raison de la confiance du groupe Vincent Bolloré dans le management de Bouygues et dans le fort potentiel de développement de ses activités ».

Un investissement qui ne reposerait sur aucune logique industrielle, souligne-t-on chez Bolloré Technologies : le groupe est en effet présent à 67 % de son chiffre d'affaires (22,27 milliards) dans les transports et la logistique (Delmas Vieljeux notamment), à 21 % dans la distribution d'énergie, à 6 % dans les films plastiques d'emballage et les papiers spéciaux, et à 6 % dans le tabac. Comme Bouygues, Bolloré est par ailleurs très présent à l'international, en particulier en Asie, en Afrique...

Droit de préemption réciproque

Cependant, l'opération qui ressemble à un pacte d'actionnaires monté sous la forme d'une société en participation, si elle fixe un noyau dur d'actionnaires (il faut y inclure les actions de Mme Bouygues et celles des salariés de Bouygues) mettant ainsi le groupe de BTP à l'abri des prédateurs, n'empêcherait pas à moyen terme Vincent Bolloré d'aller plus avant : la clause d'un droit de préemption réciproque, à l'expiration de la durée de la société, s'inscrit en effet, semble-t-il, dans un processus évolutif très soigneusement réfléchi. Avec quelles intentions cette fois ?

PHOTOS :

Martin Bouygues (à gauche) et Vincent Bolloré :

passé l'effet de «surprise», l'alliance se serait scellée en quelques jours, laisse-t-on entendre au siège du groupe de BTP.

Une convention d'actionnaires

La durée de cette société en participation a été fixée à cinq ans. Elle pourra être reconduite par périodes de cinq ans. Les actions transférées en jouissance à la société en participation sont inaliénables pendant la durée de celle-ci.

A l'expiration de la durée de la société, un droit de préemption réciproque s'appliquera pendant trois ans aux actions détenues par chacun des associés. Il sera proposé au prochain conseil d'administration de Bouygues, en janvier 1998, de coopter deux administrateurs présentés par le groupe Bolloré.

Un troisième administrateur, désigné par ce groupe, sera proposé aux actionnaires de Bouygues au plus tard lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire.

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