Paysage

Bretagne-Normandie : le Couesnon stimule l’intention d’aménager

Mots clés : Aménagement paysager - Architecture - Réglementation

L’entrée en Normandie ne se conçoit pas en un seul jour. Pour prendre le temps de passer de la réflexion au projet, la paysagiste Laure Planchais et la commune de Pontorson s’appuient sur les « intentions d’aménager », une procédure mise en place par la Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement de la Manche.

« Travailler sur les abords du Couesnon à Pontorson, cela invite à réfléchir aux frontières ». Retenue à Noël par la commune de Pontorson (Manche), Laure Planchais, titulaire du grand prix national du paysage en 2012, résume en une phrase la prise de recul qui aboutira cet été à la finalisation de la commande municipale. Les six mois de dialogue auront permis d’approfondir un diagnostic établi en 2016, à travers deux actes : l’écriture d’une « lettre programme », par le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de la Manche, puis la présélection de trois équipes de maîtrise d’œuvre, rémunérées dans le cadre de la procédure dite « d’intention d’aménager ».

 

Echelles élargies

 

Alors que l’étude initiale se concentrait sur les abords du fleuve côtier et sur l’opportunité foncière offerte par la perspective de cession d’une partie des terrains de l’hôpital psychiatrique adjacent, la paysagiste retenue a pris la liberté d’élargir le périmètre de réflexion : elle y intègre l’accès au pont du Couesnon depuis la Bretagne, ce qui l’amène à étudier les mouvements frontaliers entre les deux régions. Quitte à étaler les phases opérationnelles, Laure Planchais souhaite ne pas manquer l’occasion de transformer « l’immense enclos agricole » de l’ancien hôpital en un jardin qui assumerait une double fonction thérapeutique et touristique.

 

Projet tiroir

 

Séduite par cette vision, la commune de 4000 habitants sait qu’une seule procédure ne viendra pas à bout des défis paysagers posés par l’articulation entre les deux régions. La réflexion sur la priorisation des interventions en fonction des capacités budgétaires pourrait aboutir à un projet à tiroirs : un marché classique de maîtrise d’œuvre et une étude préalable pour d’autres projets à venir. « L’appel à projets initial a permis de mettre les élus dans une démarche très positive », se réjouit Laure Planchais.

 

Outil rodé

 

La mise en appétit paysager du maître d’ouvrage s’appuie sur un outil de la mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MICQP) : « Lorsqu’il dirigeait cette mission, Jacques Cabanieu avait créé les intentions d’architecture, pour donner aux maîtres d’ouvrage un cadre approprié à la maturation d’un programme, avant la finalisation d’un contrat de maîtrise d’œuvre. Dans la Manche, nous avons utilisé cet outil, souvent décrié par les architectes qui préfèrent les concours classiques, et nous l’avons adapté sous la forme de l’intention d’aménager », explique Emmanuel Fauchet, directeur du CAUE.

L’exemple du fleuve côtier, qui doit sa célébrité à son embouchure au pied du Mont Saint-Michel, éclaire une démarche nationale : au prochain salon des maires qui marquera un temps fort de leur 40ème anniversaire, les CAUE défendront la cause de la qualité de la commande publique, en partenariat avec la MICQP et l’ordre des architectes.

 

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