Tout comprendre du rachat d'Equans par Bouygues

A l'issue d'un conseil d'administration tenu vendredi 6 novembre au soir, Engie a préféré l'offre de Bouygues - "la mieux-disante" - à celles d'Eiffage et de l'attelage Bain Capital-Fimalac pour la cession de sa filiale spécialisée dans les services techniques dans l'énergie.

 

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Tout comprendre du rachat d'Equans par Bouygues
L'acquisition d'Equans par Bouygues doit être finalisée au second semestre 2022.

Bouygues a finalement été choisi par Engie pour lui céder Equans, son entité de services techniques dans l'énergie (climatisation, chauffage et ventilation, électricité, numérique, mécanique, services généraux, etc.). Une opération d'un montant de 7,1 milliards d'euros qui devient la plus importante de l'histoire du groupe de BTP.

Après que Spie ait jeté l'éponge, deux autres compétiteurs restaient en lice : l'entreprise de BTP Eiffage et le fonds américain Bain Capital allié au financier Marc Ladreit de Lacharrière via sa holding Fimalac. "L'offre de Bouygues était la mieux-disante au regard de l'ensemble des critères retenus par Engie, y compris sur le plan financier", a annoncé le géant français de l'énergie dans un communiqué publié dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 novembre, à l'issue d'un conseil d'administration.

La proposition de Bouygues "valorise 100% d'Equans à 7,1 milliards d'euros en valeur d'entreprise et réduira de 7 milliards d'euros la dette nette économique d'Engie", a-t-il ajouté.

Equans génère un chiffre d'affaires annuel de plus de 12 milliards d'euros et emploie 74 000 personnes dans le monde, dont 27 000 en France.

L'activité qui rassemblera Equans et le pôle Energies & Services de Bouygues représentera un chiffre d'affaires combiné d'environ 16 milliards d'euros et 96000 salariés. Ce sera "le premier métier de Bouygues en termes de chiffre d'affaires et de nombre de collaborateurs", a de son côté indiqué le groupe de BTP dans un communiqué diffusé samedi.

Cette acquisition, qui doit être finalisée au second semestre 2022, est "la plus importante jamais réalisée" dans l'histoire de Bouygues, a précisé Olivier Roussat, son directeur général, cité dans le communiqué. Elle sera financée "par les ressources dont dispose actuellement le Groupe et par un emprunt bancaire totalement sécurisé auprès de banques partenaires, et fera, à terme, l’objet d’un refinancement obligataire. Cet emprunt ne comporte ni covenants financiers ni clause de rating", a précisé Bouygues

Le nouveau pôle, formé d’Equans et de Bouygues Energies & Services, sera dirigé par Jérôme Stubler, actuel directeur général d’Equans, qui sera directement rattaché à Olivier Roussat, directeur général du Groupe Bouygues.

"Il appartiendra à Jérôme Stubler de déterminer, avec son équipe et avec Pierre Vanstoflegatte, directeur général du Pôle Energies et Services du groupe Bouygues, l’organisation du nouvel ensemble", a expliqué Bouygues.

10 000 créations d'emplois

Détenu à 23,64% par l'Etat français, Engie avait lancé début septembre le processus de vente de sa filiale, sous l'oeil vigilant du gouvernement à l'approche de la présidentielle.

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La direction d'Engie avait expliqué que, pour faire son choix, elle allait prendre en compte "la solidité du projet industriel et la qualité du projet social contenues dans ces offres", ainsi que "la valorisation proposée".

"Nous sommes vigilants sur l'emploi, les enjeux de souveraineté et l'identité des futurs repreneurs", avait indiqué de son côté l'entourage du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Bercy se dit par ailleurs d'accord sur le fond avec la stratégie d'Engie visant à se concentrer sur les énergies renouvelables et les réseaux.

Les syndicats d'Engie s'étaient, eux, inquiétés de licenciements à venir, un rachat par Bouygues pouvant entrainer "des doublons sur une centaines d'agences et sur environ 1800 salariés", selon la CGT.

"Quid des garanties sociales? Nous espérons qu'elles seront contraignantes", a commenté auprès de l'AFP Yohan Thiébaux, de la CGT Engie. "La vente d'Equans entraîne de fait le démantèlement du groupe Engie", a-t-il déploré.

La CFDT d'Engie, de son côté, a "pris acte" du choix de Bouygues. "On n'a pas de raison de douter" des engagements du repreneur, a observé José Belo, délégué CFDT, mais "l'enjeu désormais va être d'arrimer socialement les deux entités".

"Ce n'est pas si simple d'absorber 70 000 salariés d'une entreprise dans une autre, avec une culture d'entreprise différente", a-t-il averti.

Quant à Gildas Gouvazé, de FO, il a estimé que le choix de Bouygues était "le moins pire", tout en soulignant que son organisation était opposée au principe même de la vente d'Equans.

Dans son communiqué, Engie souligne que Bouygues "s'est engagé à ne mettre en oeuvre aucun plan de départs contraints en France et en Europe" pendant cinq ans, et à "la création nette de 10 000 emplois" sur la même période.

Bouygues ajoute prévoir d'aligner progressivement les avantages sociaux des employés d'Equans "sur ceux actuellement proposés par le groupe Bouygues".

Pour la directrice générale d'Engie, Catherine MacGregor, "il s'agit d'une étape majeure dans la mise en oeuvre de notre stratégie visant à simplifier notre groupe et à accélérer nos investissements dans nos métiers clés, notamment dans les énergies renouvelables".

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