Energie

« Bouygues Travaux Publics souhaite devenir un acteur majeur de l’éolien marin », Philippe Amequin, directeur général de Bouygues TP

Mots clés : Energie renouvelable - Entreprise du BTP - Travaux publics

Bouygues Travaux Publics s’intéresse depuis 2011 à l’éolien en mer. Il participe actuellement au prototype d’éolienne flottante Floatgen. Le groupe est déjà attributaire de plusieurs autres projets, à Fécamp et dans l’Aude. L’entreprise estime que ce nouveau marché est porteur, mais son directeur général, Philippe Amequin, s’inquiète des dernières positions gouvernementales, qui pourraient mettre à mal les projets en cours.

Bouygues Travaux Publics s’est lancé sur le marché de l’éolien en mer il y a sept ans. Pourquoi ?

Philippe Amequin. La France a pris des engagements pour rééquilibrer son mix énergétique, et la sortie progressive du nucléaire oblige à trouver des énergies de substitution. L’Hexagone a de la chance, car il dispose d’un littoral très étendu qui lui permet d’envisager des solutions de production d’énergie marine. L’éolien en mer est source d’avenir.

Nous pensons qu’un marché potentiellement important existe et qu’il pourrait nous assurer une activité pérenne. Nous souhaitons devenir un acteur majeur de la construction d’embase d’éoliennes posées, lorsque le terrain le permet, ou flottantes en béton. Si la volonté politique était maintenue dans la durée, le marché pourrait représenter pour nous une centaine de millions d’euros par an, sur dix ans.

 

A propos de volonté politique, la renégociation envisagée des tarifs d’achat de l’électricité produite sur les projets attribués en 2011 et 2013 remet-elle en cause la réalisation de ces parcs ?

Ph.A. Le risque d’un arrêt total et définitif des projets n’est pas exclu. Pour preuve, une proposition d’amendement évoquait la possibilité de renégocier les tarifs ou, en cas d’échec, d’annuler les résultats des appels d’offres de 2011 et 2013. Cette hypothèse du gouvernement met à mal les business plans établis, en plus d’être un mauvais signal envoyé aux futurs investisseurs potentiels. Nous devons aller au bout de ces projets, pour conforter les investisseurs dans l’intérêt qu’ils portent aux projets d’infrastructures en France, et ce malgré les dernières déconvenues en la matière. Une vision économique court-termiste ne plaidera pas en faveur d’une accélération des programmes.

 

Quelles pourraient être les conséquences d’un arrêt des projets ?

Ph.A. Ce serait dramatique pour la filière, notamment d’un point de vue financier. Des industriels comme General Electric ont investi dans des installations pérennes : il a ouvert une usine neuve pour la construction de nacelles à Saint-Nazaire et une autre le sera prochainement à Cherbourg pour concevoir les pales d’éoliennes. Les porteurs de projets comme EDF Energies Nouvelles ont également beaucoup investi afin d’élaborer le montage financier des projets et développer les études, sans parler des frais de justice, pour faire en sorte que les projets survivent aux recours.

 

Quel est le risque pour une entreprise comme Bouygues Travaux Publics ?

 

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X